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Communiqué de presse

Journée de l’enfant africain - Les « urgences chroniques » de l’Afrique ont du mal à capter l’attention de la communauté internationale

Alors que se prépare la réunion du G8, l'UNICEF exhorte les pays riches à financer plus généreusement l'aide contre les « urgences silencieuses »

© UNICEF/HQ04-0946/Noorani
Un garçon dans le camp Krindig pour les personnes déplacés au Darfour occidental.

New York, 14 juin 2005 – A la mi-2005, les efforts visant à résoudre certaines des crises les plus complexes de l’Afrique restent entravés par un grave manque de fonds. Sur dix pays fréquemment affectés par des situations d’urgence, deux seulement sont bien partis pour atteindre les cibles de financement de l’UNICEF et la plupart des autres arriveront péniblement à la moitié de leur objectif.

Les pays d’Afrique les moins bien lotis à cet égard sont l’Angola (qui n’a recueilli que 14 pour cent du financement souhaité), le Libéria (18 pour cent), le Burundi (19 pour cent), la Guinée (20 pour cent) et l’Erythrée (24 pour cent).

« Le manque de fonds le plus criant affecte les pays plongés dans un conflit civil ou qui en émergent à peine, a fait valoir M. Dan Toole, Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF. Aucun de ces pays ne fait la une des journaux mais leur situation est très grave et exige l’attention immédiate de la communauté internationale. Dans chacun de ces pays, les enfants et les femmes sont les premiers à souffrir et ce sont eux qui souffrent le plus longtemps. »

Après une guerre civile de 15 ans, qui a pris fin en 2003, le Libéria a bien du mal à retrouver un certain équilibre. Une analyse des objectifs de financement de l’UNICEF au cours des cinq dernières années a conclu que le Libéria n’avait jamais réussi à dépasser la marque des 50 pour cent. Plus de 11 800 enfants soldats ont été désarmés ces deux dernières années dans le pays mais le manque de fonds compromet leur réinsertion dans la société. C’est dans le domaine de la scolarisation que l’on a le plus besoin d’argent. Plus d’un demi million d’enfants ont manqué des années d’école à cause du conflit. Pour eux, des programmes d’apprentissage accéléré sont la meilleure occasion de s’en sortir.

En dépit des tentatives de pourparlers de paix, des combats sporadiques se poursuivent au Burundi. Le conflit est vieux de 8 ans et le recrutement d’enfants soldats continue. Plus de la moitié des enfants souffrent de malnutrition. A peine la moitié sont inscrits à l’école.

La Guinée est déstabilisée par les conflits dans les pays voisins. Les guerres en Côte d’Ivoire, au Libéria et en Sierra Léone ont débordé les frontières et de nombreuses personnes ont dû fuir leurs foyers et se réfugier dans camps très sommaires pour personnes déplacées.

 « Les efforts contre les catastrophes naturelles sont généralement mieux financés que ceux qui sont déployés contre des troubles civils, mais l’Erythrée fait exception à cette règle », a constaté M. Toole.
 
Cinq années de sécheresse et de mauvaises récoltes ont ravagé l’Erythrée. A présent, 2,3 millions de personnes, dont 300 000 femmes enceintes et enfants, ont besoin d’une aide alimentaire. L’Ethiopie, pays voisin, est pareillement affecté : plus de 150 000 enfants y souffrent de malnutrition grave et près d’un demi million d’une forme ou autre de malnutrition. Pourtant, on n’a atteint jusqu’à présent que 32 pour cent seulement des objectifs de financement fixés cette année pour l’Ethiopie.
 
L’Angola a beau être riche en ressources naturelles, il continue de souffrir des conséquences de sa guerre civile de 27 ans. Le bilan est lourd : l’Angola a le troisième  pire taux de mortalité infantile du monde ; près du tiers des enfants du pays souffrent de malnutrition ; la moitié de la population n’a pas accès à de l’eau potable. La récente flambée du virus de Marburg n’a fait qu’aggraver les difficultés du pays. Des investissements à long terme sont nécessaires pour extirper le pays de son extrême pauvreté.

Le financement des efforts menés au Darfour, où la crise est plutôt récente et est davantage suivie par les médias, n’offre pas un tableau plus réjouissant. Près de deux millions de personnes ont maintenant fui leurs villages pour des camps de réfugiés qui ne leur offrent pourtant qu’une protection minimale contre de nouvelles attaques. Les maladies et la malnutrition continuent d’affaiblir les populations déplacées, qui ont maintenant manqué deux saisons de semailles de suite. Certes, les médias du monde entier suivent la situation, mais le Darfour n’a atteint que 30 pour cent de ses objectifs d’aide d’urgence pour cette année.

Parmi les autres pays africains qui n’ont pas atteint les 50 pour cent du financement de l’aide d’urgence cette année, on peut citer : République du Congo (7 pour cent), Côte d’Ivoire (18 pour cent), Malawi (0 pour cent), Ouganda (48 pour cent),  République centrafricaine (17 pour cent), Tanzanie (16 pour cent).
 
L’UNICEF se félicite de la décision du G8 d’annuler la dette de 14 nations africaines, tout en observant que, sur la liste des pays fréquemment affectés par des situations d’urgence, seuls l’Ethiopie et l’Ouganda bénéficieront de l’annulation de la dette. L’UNICEF exhorte les dirigeants du G8 à envisager d’augmenter l’aide aux nations africaines, en particulier celles qui n’émergent d’une crise que pour sombrer dans une autre.

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Pour toute information supplémentaire :

Oliver Phillips, UNICEF, Medias New York: (1 212) 326 7583,
ophillips@unicef.org
Gaelle Bausson, UNICEF, Médias New York: (1 212) 326 7269,
gbausson@unicef.org


 

 

 

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Vidéo (en anglais)

15 juin 2005 :
Sabine Dolan rend compte sur la Journée de l'enfant africain

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