Centre de presse

Communiqué de presse

L’approche intégrée de la survie de l’enfant donne d’excellents résultats, fait valoir l’UNICEF

Baisse d’environ 20% des taux de décès dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest

Genève, le 16 mai 2005 – L’approche intégrée de la survie des enfants, conçue de manière à fournir un ensemble de services sanitaires d’importance vitale aux enfants de communautés difficiles d’accès, a donné des résultats remarquables, a annoncé Mme Ann Veneman, Directrice générale de l'UNICEF devant l’Assemblée mondiale de la Santé.

Après trois années d’une augmentation de la couverture en matière d’interventions sanitaires de base, l’UNICEF estime que le nombre de décès d’enfants a diminué de 20 pour cent en moyenne dans seize districts où le programme a été mis en œuvre dans sa totalité et de 10 pour cent là où il l’a été partiellement.

« Les premiers résultats de cette initiative sont remarquables, a dit Mme Veneman au cours de la séance plénière de l’Assemblée mondiale de la Santé. Ils dépassent nos espérances et nous montrent ce que l’on peut obtenir en peu de temps avec une approche intégrée s’appuyant sur des données scientifiques solides. »

Le Programme accéléré pour la survie et le développement de l’enfant a été lancé en 2002 dans une centaine de districts répartis dans onze pays d’Afrique de l’Ouest.

Il adopte les interventions sanitaires ayant donné les meilleurs résultats chez l’enfant et les combine en un ensemble intégré ayant un bon rapport coût/efficacité.  Cet ensemble d’interventions comprend la vaccination des enfants et des femmes enceintes, l’administration de micronutriments essentiels, la fourniture de sels de réhydratation orale en cas de diarrhée et de moustiquaires pour protéger les femmes et les enfants contre le paludisme et la promotion de l’allaitement maternel. Ces interventions sont largement utilisées dans le monde entier. La nouvelle approche consiste à les administrer toutes ensemble et de façon plus efficace.

Financé par le Gouvernement canadien et lancé par l’UNICEF, ce nouveau modèle fait appel à l’expertise et au partenariat de nombreux acteurs de terrain, y compris les pouvoirs publics et les ministères de la santé, l’OMS, la Banque mondiale, de nombreuses organisations non gouvernementales, des dirigeants locaux et d’autres. Le modèle fonctionne grâce à la mobilisation de tous ceux qui ont un rôle à jouer dans le domaine de la santé de la femme et de l’enfant.

Fonctionnement

L’un des points essentiels du programme, c’est qu’il vise à élargir la couverture sanitaire aux communautés les moins bien desservies par le biais d’initiatives communautaires aptes à fournir ces services là où les gens vivent. Ces services communautaires se doublent de programmes visant à enseigner aux familles les soins à administrer à domicile à leurs enfants.

Selon l’UNICEF, un contrôle étroit et continuel de la pénétration réelle d’interventions servant d’indicateurs, comme l’utilisation de moustiquaires, a contribué de façon significative au succès du programme.

Prises continuellement, les mesures permettent aux gestionnaires de programme de repérer des goulots potentiels, comme un accès inadéquat, une demande faible ou le non-respect des directives, et d’y remédier.

Des « contrats de performance »  négociés au niveau local avec chaque partenaire participant au programme, qu’il s’agisse des ministères de la santé ou de petites ONG locales, ont permis d’assurer le suivi des opérations, les contrats détaillant de façon explicite ce qui était attendu de chaque partenaire.

L’UNICEF attribue également le succès de cette initiative au fait que plutôt que de créer de nouvelles structures, elle s’intègre aux initiatives déjà lancées par les pouvoirs publics pour améliorer leurs propres systèmes de santé publique et leur propres approches sanitaires.

Ce programme accéléré pour la survie et le développement de l’enfant a été mis en œuvre de la façon la plus complète dans seize districts du Sénégal, du Mali, du Ghana et du Bénin, où le taux de mortalité des moins de cinq ans est tombé à 25, 21, 17 et 16 pour cent respectivement.

Le programme visait particulièrement les districts les plus difficilement accessibles, lesquels ont souvent le taux de mortalité le plus élevé, et il a prouvé qu’il était possible de réaliser des progrès significatifs dans des conditions difficiles.

Au Ghana, par exemple, des projets entrant dans le cadre de ce programme ont été lancés dans les districts isolés du nord du pays. La distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide est passée de 5 à 75 pour cent dans cette zone. Les taux de mortalité et de morbidité ont commencé à baisser alors que dans le reste du pays, ils stagnaient ou s’aggravaient.

Le projet a vu le jour grâce à un don de 30 millions de dollars du Gouvernement canadien, qui a posé comme seule condition que l’UNICEF mette sur pied un projet innovant qui réduirait la mortalité infantile d’au moins 15 pour cent et coûterait moins de mille dollars par vie sauvée. Dans les régions où ce programme accéléré a été exécuté dans sa totalité, le taux de mortalité a baissé d’environ 20 pour cent pour un coût supplémentaire d’environ 500 dollars par vie sauvée. Les deux objectifs ont donc été non seulement atteints mais dépassés.

« Nous sommes reconnaissants au Gouvernement canadien de sa prise d’initiative et de son appui, ainsi qu’aux gouvernements d’Afrique de l’Ouest qui, en se mobilisant, ont permis d’obtenir aussi bons résultats », a dit Mme Veneman.

A plus grande échelle

Chaque année, onze millions d’enfants de moins de cinq ans meurent de maladies qu’on aurait pu éviter. Cinq millions de ces décès sont recensés en Afrique subsaharienne. Si l’on veut atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement qui vise une réduction de deux tiers de la mortalité des moins de 5 ans d’ici à 2015, il faudra empêcher trois millions de décès d’enfant par an dans cette région du monde.

Après avoir étudié les côtés positifs du programme pilote, l’UNICEF s’est fixé comme objectif d’élargir ce programme accéléré  afin de couvrir un bien plus grand nombre de jeunes Africains.

« Nous sommes persuadés que nous pouvons atteindre 60 pour cent des enfants en Afrique subsaharienne d’ici à 2009 en mettant à leur portée ces interventions communautaires intégrées, a affirmé Mme Veneman. Cela veut dire que l’on peut sauver un million d’enfants de plus chaque année rien que dans cette région. »

Note statistique : Les estimations de l’UNICEF concernant la réduction de la mortalité des enfants de moins de 5 ans s’appuient sur un modèle international agréé, soumis à une évaluation par des pairs, qui utilise des taux standards d’efficacité pour les interventions individuelles et des taux de couverture observés de ces interventions.

*  *  *
Pour en savoir plus, veuillez contacter

Oliver Phillips, UNICEF New York, (212) 326 7583

Wivina Belmonte, UNICEF Genève (+41 22) 909-5712


 

 

 

Recherche