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Communiqué de presse

Les enfants oubliés du Zimbabwe

Rares sont ceux qui se soucient des jeunes Zimbabwéens, qui vivent pourtant une des pires heures de leur histoire.

Harare/Johannesburg, le 17 mars 2005 – Alors que la communauté internationale se tourne vers les prochaines élections au Zimbabwe, l’UNICEF publie de surprenantes statistiques sur le pays. Ces nouvelles données devraient inciter les hommes politiques et les donateurs à défendre les enfants avec autant de vigueur qu’ils en mettent à défendre la démocratie.

Bien que leur pays soit la nation qui a connu la pire augmentation de mortalité des moins de 5 ans et que le taux de VIH/SIDA y soit le quatrième au monde, les Zimbabwéens ne reçoivent qu’une fraction des sommes que les donateurs allouent aux autres pays de la région.

« Le monde doit faire la différence entre la politique du gouvernement du Zimbabwe et sa population », a affirmé Mme Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF, qui se trouve à Johannesburg. « Chaque jour, des enfants de ce pays meurent du VIH/SIDA, chaque jour d’autres sont contaminés, se retrouvent orphelins ou sont obligés de quitter l’école pour soigner leurs parents malades. La générosité dont a fait preuve la planète envers les victimes du tsunami était impressionnante, mais elle n’a pas touché les enfants du Zimbabwe qui sont menacés tous les jours par une crise mortelle. »

Cette énorme disparité en termes d’assistance se constate en dépit du fait que

  • le taux de mortalité des moins de cinq ans y a augmenté de 50 % depuis 1990 (un décès pour huit naissances à l’heure actuelle)
  • chaque jour, une centaine de bébés deviennent séropositifs au Zimbabwe
  • un jeune Zimbabwéen sur cinq est à présent orphelin (un million à cause du VIH/SIDA)
  • le VIH/SIDA tue un enfant tous les quarts d’heure au Zimbabwe
  • 160 000 enfants verront mourir un de leurs parents en 2005

En 2004-2005, le Zimbabwe n’a reçu aucune aide financière ou presque des principales initiatives de donateurs en matière de VIH/SIDA

En Afrique australe, qui est la région du monde la plus dévastée par le VIH/SIDA, le montant annuel que les donateurs dépensent en moyenne par personne séropositive par le biais de ces trois initiatives est de 74 dollars des É.-U. Au Zimbabwe, il n’est que de quatre dollars.

En Zambie, où le taux de VIH est légèrement inférieur à celui du Zimbabwe, les donateurs donnent 187 dollars par personne séropositive, en Namibie, 101 dollars, en Ouganda, 319 dollars et en Erythrée, 802 dollars.

En règle générale, le soutien des donateurs est aussi largement inférieur au Zimbabwe, comparé à tous les autres pays de la région. La Banque mondiale estime que les Zimbabwéens reçoivent environ 14 dollars par habitant, tant de l’aide publique au développement (APD) que d’organismes officiels comme la Banque mondiale, le FMI et d’autres organisations internationales ou des nations donatrices. Cela représente moins d’un quart de ce que les Namibiens reçoivent (68 dollars) et environ douze pour cent de ce qu’obtiennent les habitants du Mozambique voisin (111 dollars).

Des progrès malgré tout

Malgré ce manque de financement, le Zimbabwe continue de lutter contre le VIH/SIDA et tente de freiner l’augmentation du taux de mortalité des moins de 5 ans. L’UNICEF, de concert avec les autres institutions des Nations Unies, offre  un appui aux communautés pour le soutien psychosocial de 100 000 orphelins et a aidé à obtenir une couverture vaccinale nationale de 95 % contre la rougeole.

De tels progrès ont été possible grâce à l’appui direct et crucial du Ministère du Développement international du Royaume-Uni, de la Commission européenne et des gouvernements norvégien, néerlandais, japonais et allemand.

Mais on pourrait en faire bien plus avec des fonds plus importants. En dépit du climat politique actuel, le Zimbabwe est l’un des rares pays dont le gouvernement a adopté un Plan national d’action pour orphelins et enfants vulnérables. Le coût de ce plan a été chiffré, et il comprend un volet contrôle et évaluation clair. L’UNICEF est chargé de la coordination des institutions de l’ONU en ce qui concerne les orphelins et enfants vulnérables, et il recommande la mise en œuvre du plan d’action du Zimbabwe. C’est le seul pays d’Afrique qui ait institué une taxe de trois pour cent pour mobiliser les ressources nationales dans sa lutte contre le VIH/SIDA.

« Quelque 110 Zimbabwéens de moins de cinq ans vont être contaminés aujourd’hui, a rappelé Mme Bellamy, 110 autres le seront demain, 110 après-demain. Malgré ces chiffres effrayants, les Zimbabwéens ont le courage et les connaissances nécessaires pour faire échec au VIH/SIDA et autres causes de mortalité des enfants. Mais pour cela, ils ont besoin de l’aide internationale. »

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Pour de plus amples informations : 

James Elder, UNICEF Zimbabwe, Tel: + (27) 828580856 (while in RSA 15-19March),+ (263) 91276120 (all other times, in Zimbabwe)
Sarah Crowe, UNICEF Africa News Desk, Tel: + (27) 83 402 9812
Gordon Weiss, UNICEF HQ, New York, Tel: +1 212 326 7426

Depuis près de 60 ans, l’UNICEF est le principal défenseur de la cause des enfants. En menant des programmes sur le terrain dans 158 pays, il aide les jeunes à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays pauvres, l’UNICEF travaille pour la santé et la nutrition des enfants, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le VIH/SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements. Et par le biais de nos Comités nationaux pour l’UNICEF, nous vendons des cartes de vœux et autres produits afin de faire avancer l’humanité.


 

 

 

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