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Communiqué de presse

L’UNICEF demande qu’on agisse contre la terreur au Congo

Le nombre de civils déplacés est en forte hausse alors que les combats s’intensifient

Genève/New York, le 15 février 2005 – Selon l’UNICEF, le nombre de civils déracinés par les combats qui ont repris au début de l’année en Ituri, dans l’est du Congo, a augmenté de façon spectaculaire la semaine dernière.

Alors que près de 40 000 civils avaient fui les attaques menées contre leurs villages dès la première semaine de février, on recensait 30 000 déplacés supplémentaires le 12 février.

De New York où elle se trouve, Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF, a averti que les combats représentent « une menace sérieuse pour le processus de paix et un recul mortel pour les jeunes Congolais. »

« L’impression d’urgence qui a guidé nos efforts lors du tsunami devrait nous guider également au Congo, a-t-elle plaidé. Voilà un pays qui avançait en direction d’un processus de paix, avec la promesse d’élections en juin de cette année. Les nouvelles attaques contre les civils menacent ce processus de transition et sont un réel désastre pour les enfants congolais. »

Le conflit qui déchire la République démocratique du Congo est un des plus sanglants que la planète a connu depuis la Deuxième Guerre mondiale. On estime à 3,8 millions le nombre de personnes qui ont été tuées en moins de six ans. Il s’agit essentiellement de civils, et parmi ceux-ci, il y avait plus que probablement une majorité d’enfants.

Beaucoup sont morts pendant les combats, mais un nombre plus grand encore a succombé à la maladie et à la famine. Suite à la destruction de leurs maisons, de leurs hôpitaux et de leurs écoles, les familles et communautés qui tentaient d’échapper aux combats se sont retrouvées sans nourriture, sans eau ni abri, et sans services de base. Environ 1,9 million d’enfants souffre de malnutrition aiguë.

Les régions les plus touchées par les derniers combats se trouvent dans le territoire de Djugu, juste au nord de Bunia. Des villages ont été saccagés et incendiés par des factions armées liées aux différents groupes ethniques. Des interviews avec des civils terrorisés confirment qu’il y a eu des assassinats, des viols et des pillages à grande échelle.

De retour d’une mission d’évaluation dans l’un des quatre nouveaux sites abritant des personnes déplacées, Katya Marino, chargée de l’éducation pour l’UNICEF à Bunia, a rapporté que 600 personnes arrivent chaque jour sur le site. « Dès qu’on quitte Bunia, il n’y a plus aucune sécurité au-delà des quelques sites protégés par les Casques bleus de l’ONU. Il y a des hommes armés, la terreur règne, et il est très difficile  de joindre ceux qui ont besoin de notre aide. »

L’UNICEF a entrepris une grande opération humanitaire pour aider les quelque 70 000 personnes qui ont réussi à rejoindre l’un des quatre sites gardés par des troupes de l’ONU.  Ses interventions couvrent la fourniture d’eau potable, l’accès à des installations sanitaires, la fourniture de matériaux pour abris et d’ustensiles de cuisine, ainsi que la distribution de biscuits protéinés pour les enfants vulnérables. Samedi, grâce à ses partenaires, l’UNICEF avait déjà distribué des objets d’utilité courante à plus de onze mille ménages et il a l’intention d’en fournir à cinq mille ménages supplémentaires dans les jours qui viennent.

Des préparations sont en cours pour vacciner les enfants contre la rougeole et commencer un programme scolaire.

L’UNICEF a besoin de 34,6 millions de dollars pour ses opérations humanitaires dans le pays en 2005.

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Pour de plus amples informations, veuillez contacter

Damien Personnaz, UNICEF, Genève, 41 22 909 5716,
Gordon Weiss, UNICEF New York, 1 212 326-7426


 

 

 

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