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Communiqué de presse

Pour assurer le développement, chaque enfant doit avoir accès aux services de base

Les nations francophones doivent mettre la survie de l’enfant au coeur de leur vision commune

Ouagadougou/New York, le 24 novembre 2004 – Assurer à chaque enfant un accès aux biens et services essentiels à sa survie doit être la pierre angulaire d’une stratégie francophone commune du développement durable, affirme un rapport que l’UNICEF publie à la veille d’une importante réunion des pays francophones.

« La communauté francophone, qui inclut des nations aussi diverses que le Vietnam, le Cameroun, l’Egypte et la Suisse, peut et doit collaborer pour que la vision qu’ils épousent collectivement d’un développement équitable et pacifique devienne réalité », affirme Rima Salah, Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. Cela veut dire qu’il faut placer la survie, le développement et le bien-être de l’enfant au coeur de cette vision commune et s’occuper en particulier des jeunes les plus marginalisés et donc les plus vulnérables. »

Des représentants des 50 Etats membres ou membres observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie se retrouvent à Ouagadougou les 25 et 26 novembre pour travailler à une meilleure collaboration et une plus grande efficacité dans le domaine de la planification et du financement du développement. Le groupe comprend certains des pays les plus riches et les plus pauvres de la planète.

Le rapport de l’UNICEF, Vers un monde digne des enfants, a été publié à l’occasion de la réunion des pays francophones afin d’évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs concernant la santé, l’éducation et la protection des enfants, objectifs sur lesquels 189 Etats se sont mis d’accord lors de la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants en 2002.

Les pays en développement francophones ont pris du retard par rapport au reste du monde en ce qui concerne l’indicateur le plus révélateur du bien-être de l’enfant : le taux de décès des moins de cinq ans. Les pays en développement francophones ont réduit leur taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans deux fois moins vite que tous les autres pays en développement, constate le rapport.

Beaucoup de pays ont considérablement progressé dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la protection de l’enfance, et nombre de ces améliorations sont le résultat de politiques sociales qui en ont amélioré l’accès plutôt que d’une augmentation des revenus nationaux. L’Egypte, par exemple, qui a un revenu médian inférieur à la moyenne des pays en développement, a réduit son taux de mortalité infantile, qui est passé de 104 décès pour 1000 en 1990 à 39 pour 1000 en 2003, essentiellement en améliorant la couverture vaccinale et l’accès à l’eau potable.

Mais beaucoup de pays francophones, et c’est particulièrement vrai pour l’Afrique subsaharienne, sont freinés sur la voie du développement par une série d’obstacles : pauvreté, conflits armés et VIH/SIDA, mais aussi une gestion des affaires publiques médiocre, des institutions fragiles et des capacités insuffisantes. Au sein du groupe francophone les dix pays ayant les taux les plus élevés de mortalité infantile et les neuf pays où plus de 1 000 mères sur 100 000 meurent en couches se trouvent en Afrique subsaharienne.

Financement du développement

Mme Salah a dit que les Etats doivent allouer différemment les ressources existantes afin de pouvoir offrir à chaque enfant un ensemble vital de services de base de qualité. Même si les pays en développement francophones ont consacré en moyenne quatre pour cent de leur budget à la santé en 2003, des pays comme le Burundi, la République démocratique du Congo ou le Cameroun ont assigné respectivement 23, 18 et 10 pour cent de leur budget national aux dépenses militaires.

« Un programme de développement durable commun à tous les pays francophones doit être axé sur ce dont les enfants ont le plus besoin, a dit Mme Salah, à commencer par les décisions en matière de dépenses. »

D’autres pays, accablés par un service de la dette exorbitant, la pandémie de VIH/SIDA ou des conflits armés ne peuvent tout simplement plus s’en sortir seuls, affirme le rapport. Les donateurs doivent remplir leurs engagements en matière de financement et accélérer les programmes d’annulation de la dette. Ils doivent également s’assurer qu’ils touchent ceux qui en ont le plus besoin car les services publics favorisent trop souvent la classe moyenne ou les nantis.

Développement pour les enfants

Le plus important, pour transformer la planification et le financement du développement de manière à améliorer notablement la vie des enfants, c’est l’engagement de l’Etat au plus haut niveau, selon le rapport. Seule la volonté politique à ce niveau-là peut susciter les réformes coordonnées et multisectorielles requises pour améliorer les choses au maximum  -- et faire baisser les coûts.

« Cette réunion des nations francophones décidées à travailler ensemble en vue d’un objectif commun doit puiser dans son immense réservoir de ressources, de connaissances, de savoir-faire et de vision pour remplir les promesses faites il y a longtemps aux enfants, a dit Mme Salah. Une coordination et une coopération plus efficaces donneront de meilleurs résultats pour les enfants. »

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Points essentiels concernant la francophonie :

Plans nationaux  en faveur des enfants :

  • Quatre pays (l’Albanie, le Canada, la Tunisie et le Viet Nam) ont formulé des plans nationaux en faveur des enfants en se fondant sur les engagements pris lors de la Session extraordinaire de l’ONU consacrée aux enfants.
  • Dans quinze autres pays, ces plans sont en cours d’élaboration ou d’adoption.

APD et annulation de la dette :

  • Le Luxembourg est le seul pays à allouer 0,7 pour cent de son PIB à l’aide au développement. Il s’agit pourtant de la norme établie par la communauté internationale.
  • La France, le Canada et la Belgique sont les pays qui ont annulé le plus gros de la dette bilatérale.
  • Le financement du développement en Afrique seulement va coûter annuellement 20,5 milliards de dollars de plus.

Faits concernant les enfants :

  • De 1990 à 2003, le taux de mortalité des enfants a baissé d’au moins un tiers dans 22 pays francophones. Il s’agit là du pourcentage requis pour réaliser les objectifs internationaux du développement. Neuf de ces pays ont vu le nombre de décès d’enfants diminuer de moitié ou plus. Douze d’entre eux n’ont pratiquement pas fait de progrès. Dans quatre pays (le Cambodge, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Rwanda), le taux de mortalité des enfants a même augmenté.
  • Quelque 21 800 000 enfants ne sont pas scolarisés. Dans 24 pays, le taux de scolarisation dans le primaire est inférieur à la moyenne mondiale de 80 pour cent. Près de deux tiers des pays ont amélioré la scolarisation des filles de façon significative.  Dans 16 pays, il y a une différence d’au moins 5 pour cent dans le taux de scolarisation des filles par rapport à celui des garçons.
  • De 1990 à 2002, huit pays ont amélioré de 25 % l’accès à l’eau salubre, et huit d’entre eux ont amélioré l’accès à des installations d’assainissement convenables de moitié au moins. Dans 25 pays de l’OIF, moins de la moitié de la population a accès à un assainissement adéquat.
  • Tous les pays qui ont un taux de prévalence du VIH/SIDA de plus de trois pour cent chez les adultes se trouvent en Afrique subsaharienne, à l’exception d’Haïti. Plus de 2,5 millions d’enfants rendus orphelins par le SIDA vivent aujourd’hui dans des pays francophones d’Afrique subsaharienne. Plus de la moitié d’entre eux se retrouvent dans trois pays : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo.

 

 

 

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