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Communiqué de presse

Campagne de vaccination de masse en Afrique est menacée par le conflit en Côte d’Ivoire

A l’occasion des campagnes de vaccination, le deuxième passage dans les quartiers donne la priorité aux enfants n’ayant pu être touchés auparavant, mais les difficultés financières et les troubles civils en menacent le résultat final

DAKAR/HARARE, 18 novembre 2004 – Faisant suite à une série de vaccinations de masse transfrontières contre la polio, le deuxième passage va démarrer cette semaine dans 24 pays africains, à une étape charnière dans les efforts d’éradication de la polio. Ces campagnes de proximité sont le prolongement d’un premier passage réussi le mois dernier.

Les vaccinateurs prévoient de vacciner tous les enfants de moins de cinq ans (bien plus que les 80 millions d’enfants vaccinés lors du premier passage) et de mettre l’accent sur les enfants des communautés reculées, difficiles d’accès ou minoritaires. Dans la première partie de la campagne (18 au 20 octobre), les vaccinateurs ont pu toucher environ 90 pour cent d’enfants de moins de cinq ans dans beaucoup de pays participant à la campagne. La vitamine A censée réduire la mortalité infantile de plus de 20 pour cent et lutter contre la cécité, sera également administrée dans plusieurs pays en association avec le vaccin.

La campagne régionale coordonnée est confrontée à une menace immédiate avec les conflits qui sévissent en Afrique Centrale et en Afrique de l’Ouest, ainsi qu’à des difficultés financières importantes pour des activités essentielles dès le début de l’année prochaine.

Les enfants de Côte d’Ivoire constituent une grande source d’inquiétude, avec le conflit qui force au report de la campagne de vaccination. La polio a récemment fait sa réapparition dans le pays, suite à l’importation en janvier 2004 d’un virus du Nigeria. Depuis lors, le virus sauvage de la polio a été confirmé comme étant responsable de la paralysie de 15 enfants ivoiriens. Avec le système sanitaire mis à mal par l’instabilité politique et la vaccination de routine avoisinant seulement 45 pour cent, ils seront plusieurs milliers à être exposés au risque. 

Le regain de violence dans le pays et l’intensification des mouvements transfrontières vers des cieux plus cléments qui en a découlé pourraient être à l’origine de l’introduction du virus dans les pays limitrophes de la Côte d’Ivoire.

Les pays frontaliers des Etats touchés par un conflit sont conviés à renforcer leur surveillance de la polio et à concevoir des programmes spéciaux pour vacciner les enfants vivant dans les zones difficiles d’accès, le long des frontières ou tout autre endroit où le mouvement de  population est intense. Entre temps les organisations humanitaires et les communautés locales en Côte d’Ivoire font de leur mieux pour protéger les stocks de vaccins en attendant que les campagnes puissent reprendre leur cours normal. Lorsqu’à la suite des récentes violences certaines parties du pays ont été privées d’électricité, les collectivités ont conjugué leurs efforts pour assurer le fonctionnement des groupes électrogènes et ont acheminé des réservoirs de carburant dans les villages reculés pour éviter une rupture de la chaîne de froid, empêchant ainsi la perte de plusieurs milliers de doses de vaccins. 

Quand bien même il est prématuré d’évaluer l’impact des passages du mois d’octobre, il y a des signes positifs parmi lesquels une baisse du nombre de cas recensés par semaine. Même si ce n’est pas le moment le plus favorable à l’infection du virus de la polio, aucun cas n’a été signalé au Burkina Faso depuis le mois d’avril, ni au Bénin depuis le mois de juin. Des augmentations ont été notées en République centrafricaine, au Soudan, en Côte d’Ivoire et au Tchad.

La couverture en hausse des campagnes de vaccination est en voie d’être freinée par un gap de financement évalué à 200 millions de dollars US pour l’année à venir, dont 35 millions sont attendus d’urgence pour les campagnes de basse saison au premier trimestre de 2005.

Malgré la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire, les autorités gouvernementales africaines sont confiantes que ces campagnes de vaccination (jamais une activité de cette envergure n’a été coordonnée au niveau international en temps de paix) aideront à prendre le dessus sur la polio dans la région. Etant donné que 86 pour cent des cas de polio dans le monde sont aujourd’hui recensés en Afrique, vaincre la polio ici reste primordial pour les efforts d’éradication. Les leaders communautaires et traditionnels ont été mis à contribution pour la réussite de la lutte contre la flambée récente.

Les efforts de vaccination sont appuyés par l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio : l’Organisation Mondiale de la Santé, Rotary International, le CDC (U.S. Center For Disease Control & Prevention) et l’UNICEF. 

Pour plus d’informations veuillez contacter :
Elies Miller, UNICEF Région Afrique de l’Ouest & du Centre : +221-869-5876
Grace Kagondu OMS, Afrique : +47-241-38146
Vivian Fiore, Rotary International: +1 847 866 3234
Steven Stewart, US CDC: +1 404 639 8327
Sona Bari, OMS Genève: +41 22 791 1476
Claire Hajaj, UNICEF New York: +1-212-326-7566


Pour d’autres informations sur l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio, voir site web  http://www.polioeradication.org/


 

 

 

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