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Communiqué de presse

Assez de promesses non tenues sur l’éducation des filles

Présentation d’une nouvelle stratégie visant à accélérer l’éducation pour tous dans tous les pays où les progrès sont trop lents

Brasilia, le 8 novembre 2004 – Reconnaissant que le VIH/SIDA, les conflits et une pauvreté croissante ont érodé la scolarisation des filles dans beaucoup de pays, Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF a exhorté les nations à tenir leurs promesses et à garantir que garçons et filles bénéficient des mêmes opportunités en matière d’éducation. Mme Bellamy propose une stratégie visant à obtenir « des progrès spectaculaires » dans ces pays.

« L’expérience nous a appris que le modèle classique de planification et d’investissement ne suffit pas, a expliqué Mme Bellamy lors de la réunion de haut niveau sur l’Education pour tous que l’UNESCO organise chaque année. Nous ne pouvons accepter que l’éducation pour tous devienne, elle aussi, une promesse non-tenue. Nous proposons un plan d’action qui permettra des progrès spectaculaires dans les pays où les efforts sont insuffisants et que nous devons mettre en œuvre le plus rapidement possible. »

Selon l’UNICEF, éliminer les disparités entre filles et garçons dans les écoles primaires et secondaires d’ici à 2005 est une étape essentielle pour que l’éducation pour tous les enfants devienne une réalité. Ce sera le premier des Objectifs du Millénaire pour le développement - sur lesquels tous les Etats membres des Nations Unies sont tombés d’accord en 2000 - qui sera confronté à la réalité des faits. Cent vingt et un millions d’enfants en âge d’école primaire dans le monde ne peuvent aller à l’école. Plus de la moitié d’entre eux sont des filles.

« Tous les enfants ont droit à l’instruction et aux opportunités qui en découlent, fait valoir Mme Bellamy. On ne peut plus la refuser aux enfants simplement parce que ce sont des filles ou qu’ils vivent dans des communautés rurales, qu’ils viennent de familles pauvres ou appartiennent à un groupe minoritaire. »

Selon Mme Bellamy, l’investissement et l’aide à l’éducation n’ont pas suffi pour conserver les gains des années 1990 en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Et de nouveaux défis, comme le VIH/SIDA, les conflits civils et les catastrophes naturelles, de même qu’une pauvreté croissante, ont émergé, pour éroder ces gains. L’objectif d’une parité des sexes en 2005 est désormais hors de portée pour certains des pays qui s’en sortaient bien.

Mme Bellamy a détaillé un plan d’action précis en cinq points :

  • Envoyer fournitures et services dans les pays dont le taux de scolarisation reste stagnant depuis des décennies
  • Exhorter les Etats à abolir les droits d’inscription et autres coûts dans les régions où une pauvreté accrue et l’augmentation de la population d’enfants que le VIH/SIDA a rendu orphelins ou vulnérables s’additionnent
  • Etablir des normes pour des expériences et une instruction de qualité qui feront partie intégrante des nouveaux systèmes scolaires, pour que nous n’ayons plus à rénover des écoles qui n’ont ni eau ni toilettes, qui ne procurent pas aux enseignants et aux élèves les ressources dont ils ont besoin ou qui n’arrivent pas à créer un climat accueillant pour un apprentissage de qualité
  • Dans les pays qui sont en train de basculer, qui sont déjà en état de crise ou qui sont en transition entre crise humanitaire et développement, anticiper et prévenir les crises, s’occuper des urgences humanitaires ainsi que des situations d’après conflit
  • Identifier les pays qui ont l’air de bien s’en tirer mais dont les moyennes nationales masquent d’importantes poches de discrimination et permettent ainsi d’ignorer une discrimination fondée sur le sexe qui est largement répandue au sein de la société. Ces pays-là méritent plus d’attention en termes d’éducation de qualité et d’autonomisation des femmes et des filles.

La stratégie de l’UNICEF est de pousser les filles à se scolariser en plus grand nombre, parce que lorsqu’on abaisse les barrières pour elles, il devient plus facile pour tous les enfants de commencer leur scolarisation.

L’éducation des filles est le moyen le plus sûr de faire en sorte qu’elles aient une vie et une santé meilleures et que leur pays se développe. C’est l’outil le plus efficace pour s’attaquer à des problèmes comme la mortalité maternelle et infantile, le VIH/SIDA, la traite des enfants et l’exploitation.

Mme Bellamy participait à la réunion internationale rassemblant des ministres de l’Education, des représentants de la coopération internationale, des directeurs d’agences de développement et des représentants de la société civile.

Depuis 2002, l’UNICEF a décrété que la parité garçons/filles dans l’éducation primaire et secondaire figurait en tête de ses priorités. Dans 25 pays, l’agence a lancé une campagne d’accélération intensive pour trouver de nouvelles ressources, obtenir un large consensus national sur la nécessité de scolariser les filles et aider à améliorer les bâtiments scolaires afin de les rendre plus accueillants pour les garçons comme pour les filles. Ces pays-là abritent 64 % des enfants non-scolarisés.

L’UNICEF est l’agence des Nations Unies qui sert de maître d’œuvre pour l’Initiative en faveur de l’éducation des filles, lancée par Kofi Annan, Secrétaire Général des Nations Unies, en avril 2000. L’objectif de cette initiative est de réduire les différences entre garçons et filles d’ici 2005 et de garantir que d’ici 2015, tous les enfants seront en mesure de terminer leur éducation primaire et que filles et garçons auront également accès à l’éducation à tous les niveaux. Le partenariat de l’Initiative en faveur de l’éducation des filles comprend le système onusien, les Etats, les pays donateurs, les organisations non gouvernementales, le secteur privé, les communautés et les familles.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter

Kate Donovan, UNICEF Média, Tel:  + 212 326 7452    


 

 

 

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