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Communiqué de presse commun

L’Afrique lance sa plus grande campagne de vaccination de l’histoire

Les Africains unissent leurs efforts par delà les frontières pour lutter contre l'épidémie et remettre l'éradication de la poliomyélite dans les temps

© UNICEF/WCARO/Page
Il faut US $200 millions supplémentaires pour mettre en ouvre les campagnes de vaccination transfrontalières le 18 novembre et pendant toute l'année 2005

Dakar/Genève/New York, 8 Octobre 2004 --  - Plus d'un million d'agents de vaccination dans 23 pays africains se sont lancés aujourd'hui dans une grande campagne de vaccination : ils ont pour but de vacciner en quatre jours seulement 80 millions d'enfants dans les pays d'Afrique subsaharienne. Cet effort massif est une riposte directe à l'épidémie de polio qui sévit dans la région et qui risque de paralyser des enfants à vie.

Des dizaines de milliers de chefs religieux et traditionnels, des enseignants, des parents et des membres du Rotary International se joindront aux infirmiers et à un grand nombre de bénévoles et d'agents de santé pour aller systématiquement de porte à porte et de village en village et vacciner chaque enfant de moins de cinq ans. Pour réussir, ces personnes, parmi lesquelles de nombreux bénévoles, doivent couvrir la moitié du continent africain, soit une région plus vaste que l'Europe occidentale, à pied, à cheval, en vélo, en bateau, en voiture ou par tout moyen de transport à leur disposition.

Pour vacciner chacun des 80 millions d'enfants, les agents de vaccination devront surmonter des difficultés considérables. Nombre d'entre eux devront affronter 12 heures par jour une humidité suffocante, la poussière, des températures pouvant dépasser les 40 °C et, dans certains endroits, les averses torrentielles qui vont de pair avec la fin de la saison des pluies. Chaque équipe transportera des récipients réfrigérés pour garder le vaccin jusqu'à l'administration aux enfants. Au total, plus de 100 millions de doses seront transportés dans ces conteneurs réfrigérés par plus de 3 millions de packs de glace.

Les troubles civils dans un certain nombre des pays participants rendent l'accès aux enfants plus difficile, notamment dans certaines régions de la Côte d'Ivoire, du Libéria et du Soudan. La propagation récente de la poliomyélite dans le Darfour et son extension à Khartoum souligne la vitesse à laquelle le virus peut se réimplanter dans les communautés, notamment lorsqu'elles sont déplacées ou isolées par les conflits. Dans certaines régions, comme au Libéria, le vaccin antipoliomyélitique doit être transporté par voie aérienne dans des zones où l'on ne peut accéder que par ce moyen, ce qui grève encore davantage des ressources financières, humaines et techniques déjà à peine suffisantes.

Dans toute l'Afrique, les difficultés de communication le disputent aux problèmes de logistique. Une fois les ménages atteints, de nombreux agents de vaccination doivent encore dissiper les inquiétudes des parents quant à l'innocuité du vaccin. Depuis le deuxième semestre de 2003, des rumeurs infondées sur la sécurité du vaccin se sont largement répandues à partir du nord du Nigéria et ont entraîné une grande confusion dans toute la région, notamment dans les communautés les plus démunies ayant un accès limité aux soins de santé. Pour les aider à rassurer les populations, les agents de vaccination ont reçu une formation insistant sur l'importance de garantir aux familles l'innocuité du vaccin et de leur rappeler que c'est le seul moyen de protéger les enfants contre les incapacités définitives provoquées par le poliovirus.

Cet effort d'éradication a rassemblé tous les segments de la société civile africaine pour agir collectivement. Les chefs traditionnels ou religieux, ainsi que les dirigeants des communautés dans toute la région ont promis leur appui. De l'Emir de Kano au Sultan de Sokoto au Nigéria, en passant par les chefs traditionnels du Burkina Faso et des pays voisins, tous ont exprimés leur intention d'engager toutes les populations qu'ils encadrent à se mobiliser pour débarrasser l'Afrique de la poliomyélite.

© UNICEF/WCAR/Page
La campagne a pour but de vacciner 80 millions d'enfants dans les pays d'Afrique subsaharienne.

Des actions à moins grande échelle, organisées en 2000 et 2001, étaient parvenues à faire disparaître la poliomyélite dans tous les pays de la région, à l'exception du Nigéria et du Niger. Dans ces deux pays, il faudra améliorer la vaccination si l'on veut pouvoir arrêter cette maladie d'ici à la fin de 2005.

Si, dans le cadre de ces campagnes, on arrive à vacciner suffisamment d'enfants dans les points chauds de la région, la transmission de la poliomyélite devrait significativement ralentir d'ici à la fin de l'année. Dans certains des pays où le virus ne s'est pas solidement implanté, la transmission pourrait être interrompue complètement au début de 2005 selon les prévisions des épidémiologistes. Les partenaires à la tête de l'initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux Etats-Unis et l'UNICEF, insistent sur le fait que les avancées permises par ces campagnes doivent s'appuyer sur de forts services de vaccination systématique et sur la priorité donnée aux soins de santé dans les communautés les plus démunies, afin d'instaurer la défense la plus efficace possible contre la poliomyélite.

Le lancement officiel de la campagne par un Président d'Etat le 2 octobre a donné au mouvement un appui politique important. Son Excellence M. Olusegun Obasanjo, Président de la République fédérale du Nigéria et Président de l'Union Africaine, le professeur Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l'Union africaine et M. Jonathan Majiyabe, ancien Président du Rotary International et habitant de Kano depuis longtemps, ont participé au lancement officiel de la campagne à Kano (Nigéria). Dans le cours de la manifestation, le Président Obasanjo a vacciné lui-même la fille du gouverneur de Kano.

Beaucoup dépend du succès de ces campagnes et plus de US $3 milliards, dont plus de US $500 millions donnés par le Rotary International, ont été investis à l'échelle mondiale depuis 1988 pour parvenir à l'éradication. Il faut US $200 millions supplémentaires pour mettre en œuvre les campagnes de vaccination transfrontalières le 18 novembre et pendant toute l'année 2005. Si l'Afrique parvient à relever ce défi, elle aura davantage confiance dans d'autres initiatives de santé publique et de développement.

Note aux rédactions

La flambée actuelle de poliomyélite est partie du nord du Nigéria et elle est due à l'association de plusieurs facteurs : l'interruption des campagnes de vaccination à Kano au second semestre 2003 (en raison d'inquiétudes non fondées sur l'innocuité du vaccin antipoliomyélitique buccal) et la faible couverture de la vaccination systématique dans les pays voisins du Nigéria. Les campagnes de vaccination ont repris à Kano le 31 juillet 2004.
Les 23 pays participant à la campagne sont les suivants : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d'Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Tchad et Togo. Les dates de lancement des campagnes varient pour chacun des pays et sont prévues en octobre dans 19 des 23 pays.

L'initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite est dirigée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux Etats-Unis et l'UNICEF. Le poliovirus n'est plus endémique que dans six pays, contre 125 lorsque l'initiative a été lancée, en 1988.

Ces six derniers pays d'endémie sont les suivants : Nigéria, Inde, Pakistan, Niger, Afghanistan et Egypte. Au 6 octobre 2004, on avait recensé 786 cas dans le monde pour l'année 2004 avec, pour les pays d'endémie, 597 cas au Nigéria, 62 en Inde, 31 au Pakistan, 20 au Niger, 3 en Afghanistan, 1 en Egypte et, pour les pays d'importation, 6 cas au Bénin, 1 au Botswana, 6 au Burkina Faso, 2 au Cameroun, 12 en République centrafricaine, 16 au Tchad, 15 en Côte d'Ivoire, 1 en Guinée, 2 au Mali et 11 au Soudan.

La coalition pour l'éradication de la poliomyélite regroupe les gouvernements des pays affectés, des fondations du secteur privé (par ex. la Fondation des Nations Unies, la Fondation Bill et Melinda Gates), des banques de développement (par ex. la Banque mondiale), des gouvernements donateurs (par ex. l'Allemagne, l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l'Espagne, les Etats-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Japon, le Luxembourg, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni), la Commission Européenne, des organisations humanitaires et non gouvernementales (par ex. la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge), des entreprises (par ex. Aventis, Pasteur, De Beers, Wyeth). Les bénévoles des pays en développement jouent un rôle crucial ; 20 millions ont participé aux campagnes de masse.

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Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec:

Claire Hajaj, UNICEF/New York, +1 212 326 7566
Oliver Rosenbauer, OMS/Genève, tel. +41 22 791 3832
Melissa Corkum at OMS Nigeria, tel. +41 79 500 6554 or +234 803 628 5305
Vivian Fiore, Rotary Int’l/Chicago, tel. +1 847 866 3234
Steve Stewart, CDC/Atlanta, tel. +1 404 639 8327


 

 

 

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1 octobre: messages d'intérêt public – l’Afrique lance sa plus grande campagne de vaccination de l’histoire

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