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Communiqué de presse

L’UNICEF demande la création d’un « observatoire du citoyen » pour l’aide à Haïti

Cet organisme indépendant protégera l’avenir des enfants haïtiens

Washington, Genève, New York, Port-au-Prince, 16 juillet 2004 L’UNICEF a déclaré aujourd’hui que la mise sur pied d’un « observatoire citoyen » était la meilleure façon de soutenir les efforts de reconstruction en Haïti dans un climat de transparence.

Cet organisme travaillerait avec le gouvernement intérimaire pour contrôler les budgets et dépenses, donnerait des conseils sur les questions de développement et encouragerait le gouvernement à rester concentré sur les objectifs de développement.

La proposition a reçu le soutien du Gouvernement et de la société civile haïtiens.

L’UNICEF reste persuadé que la meilleur façon de faire reculer la pauvreté, d’améliorer la productivité et de renforcer la stabilité nécessaire à toute démocratie, c’est d’investir davantage en faveur d’une éducation de qualité et de la santé, pour tous les enfants.

A la veille d’une conférence de donateurs organisée pour Haïti à Washington, le Directeur adjoint de l’UNICEF Kul Gautam a déclaré que cet observatoire serait le socle de la démocratie en Haïti. « La communauté internationale apporte depuis longtemps un soutien considérable à Haïti, a-t-il dit, mais on s’est longtemps contenté de solutions hâtives au lieu d’investir de manière responsable dans le secteur social. Cet observatoire du citoyen rapprochera le Gouvernement et le peuple haïtien. »

« Il répondra également aux donateurs qui tiennent à ce que leurs dollars servent à satisfaire véritablement les besoins fondamentaux des Haïtiens, ceux des enfants en particulier. »

Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. Bien que l’île se trouve à une heure de vol à peine des Etats-Unis, ses indicateurs de pauvreté et de santé sont comparables à ceux des pays les pauvres d’Afrique.

Alors que l’espérance de vie d’un enfant haïtien né en 1990 était inférieure de 13 ans à celle de ses pairs d’Amérique latine, un enfant né en Haïti cette année vivra 17 ans de moins que ses pairs d’Amérique latine. Plus de 200 000 enfants sont orphelins à cause du SIDA.

Symboles visibles de l’échec de l’aide internationale et de la gouvernance, les « boats people » haïtiens ont fui par milliers la misère et la répression au début des années 1990. Plus d’un million d’Haïtiens ont quitté le pays pendant cette période et, depuis, un million de personnes ont quitté leurs communautés rurales pour les villes.

Une famille pauvre habitant en milieu rural dépense en moyenne 13% de toutes ses ressources en frais scolaires. L’uniforme à lui seul coûte plus que ce que cette famille gagne en trois semaines. Et pourtant cet investissement lui rapportera très peu car les écoles, qu’elles soient privées ou publiques, sont souvent surpeuplées et mal équipées.

Après l’éducation, la santé constitue la plus grande charge financière pour les familles. Beaucoup d’enfants meurent encore de maladies facilement évitables comme la diarrhée et les infections respiratoires. Les deux tiers des enfants ne sont pas complètement immunisés et à peu près la moitié de tous les enfants de moins de cinq ans souffrent d’une forme ou d’une autre de malnutrition. Seul un quart des femmes peut compter sur du personnel qualifié pour l’accouchement. « Les gouvernements successifs de ces dernières décennies ont contribué au déclin du pays par la mauvaise gestion des ressources, en mettant l’accent sur des projets non rentables au lieu d’investir dans les secteurs prioritaires du développement et en évitant d’assumer la responsabilité de leurs actions », a affirmé M. Gautam.

« Les investissements en Haïti doivent être réalisés en accord avec les Haïtiens eux-mêmes, dans le souci de renforcer les capacités administratives et de parvenir à un consensus national sur la réduction de la pauvreté qui profite à tout le monde, en commençant par les enfants, » a-t-il dit. M. Gautam s’adressera à la conférence des donateurs la semaine prochaine à Washington.

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Pour toute information supplémentaire :

Gordon Weiss, UNICEF Media, New York, 212 326 7426, gweiss@unicef.org
Kate Donovan, UNICEF Media, New York 917 796 9845, kdonovan@unicef.org


 

 

 

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