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Communiqué de presse

Dans la lutte mondiale contre le SIDA les jeunes veulent être entendus et disposer d’un meilleur accès aux services

« Nous sommes la solution, et non pas le problème », affirment les jeunes délégués à la Conférence de Bangkok sur le SIDA.

Bangkok, 13 juillet 2004 – Les jeunes délégués à la XVe Conférence internationale sur le SIDA, qui a lieu ici cette semaine, ont déclaré aux dirigeants de la communauté internationale que l’épidémie de VIH/SIDA est en train d’échapper à tout contrôle parce que l’intervention au niveau mondial a négligé les droits et les préoccupations des jeunes.

En exigeant d’être reconnus et mobilisés à titre de partenaires véritables, près de 40 jeunes délégués ont présenté à la Directrice générale de l’UNICEF Carol Bellamy une brève liste de conditions qui, disent-ils, doivent être remplies pour les aider à faire les choix qui leur permettront d’éviter de contracter le VIH.

Les jeunes gens ont souligné qu’il fallait mettre en place un environnement sûr et favorable, assurer l’accès aux services, aux traitements, aux tests de dépistage, et aux informations, connaissances et techniques dont ils ont besoin pour éviter de contracter le virus et rester en bonne santé. C’est au cours d’une série de consultations de jeunes, organisées avant la conférence dans 14 pays de 6 régions, avec le soutien de l’UNICEF, que les jeunes ont présenté ces demandes.

« Au lieu de nous dire constamment ce qu’il faut faire et comment, les adultes devraient écouter les jeunes. C’est nous qu’ils devraient écouter en premier, pour savoir ce qu’il faut faire pour nous protéger contre l’infection, a affirmé Patcharin Khamjan, un délégué de Thaïlande. Nous sommes en train de perdre la lutte contre le VIH parce que les jeunes ont été laissé sur la touche. Nous négliger, c’est commettre une grave erreur ».

« Bien que les jeunes soient affectés par le VIH/SIDA de manière disproportionnée à leur nombre – et bien qu’ils soient plus enclins que les adultes à adopter et maintenir des comportements sûrs – on les écarte régulièrement de l’élaboration des stratégies sur le VIH/SIDA, de la prise des décisions et de l’allocation des ressources », a constaté Mme Bellamy de son côté.

Les jeunes se trouvent au coeur de l’épidémie. Plus de la moitié des 14 000 personnes qui sont infectées chaque année ont moins de 25 ans. Dans l’Afrique subsaharienne, la région la plus durement éprouvée par l’épidémie, les trois quarts des jeunes qui vivent avec le VIH sont des jeunes femmes et des filles. La plupart des infections se transmettent par voie sexuelle.

Toutefois, dans les pays où l’épidémie est nouvelle, ce sont les garçons et les jeunes hommes qui sont le plus affectés ; en Europe centrale et orientale et dans les Etats baltes, près de 80 pour cent des jeunes qui signalent vivre avec le VIH/SIDA, sont des garçons et des hommes jeunes. Le virus se transmet essentiellement par des seringues contaminées lors de l’injection de drogues.

La plupart des jeunes deviennent sexuellement actifs au cours de leur adolescence. Certes, la majorité des jeunes ont entendu parler du SIDA mais un grand nombre d’entre eux ne savent pas comment le virus se transmet, et ils continuent de nourrir beaucoup d’idées fausses. La plupart des jeunes ne pensent pas être eux-mêmes menacés et l’immense majorité des jeunes séropositifs ne savent pas qu’ils sont porteurs du virus.

La plupart des pays où les taux de prévalence VIH sont les plus élevés ont également une population jeune, et cette convergence périlleuse aggrave encore l’impact de l’épidémie. Dans l’Afrique subsaharienne par exemple, plus de la moitié de la population a moins de 18 ans, d’après les estimations.

« Les jeunes, que ce soit les filles ou les garçons, sont exposés à l’infection au VIH lorsqu’ils n’ont qu’un accès limité à l’information, aux connaissances, aux services et aux soins, a dit Mme Bellamy. Ceux qui sont obligés de vivre en marge de la société – les travailleurs de l’industrie du sexe, les toxicomanes par exemple – risquent fort de contracter le VIH. Et quand les jeunes qui vivaient déjà avec le VIH tombent malades, ils n’ont pas, la plupart du temps, accès aux soins et médicaments qui prolongent la vie ».

Les conclusions tirées par ces consultations de jeunes soutenues par l’UNICEF ont été compilées dans un rapport préliminaire que l’UNICEF publie aujourd’hui, intitulé Les jeunes prennent la parole – Réaliser nos droits à la prévention et aux soins en matière de VIH.

Ce rapport présente les grandes lignes de ce qu’il faut faire pour aider les jeunes à mener des vies saines. Le rapport indique clairement que les jeunes sont motivés et prêts à s’engager dans la lutte contre le SIDA et que, si on leur donne la parole, ils peuvent fournir des informations capitales pour l’élaboration de politiques et la prise de décision.

« L’intervention de la communauté internationale doit continuer de reposer sur la prévention de nouvelles infections, chez les jeunes en particulier, a rappelé Mme Bellamy. Ce n’est que lorsque tous ceux qui luttent contre la pandémie – gouvernements, ONG, organisations de la société civile, groupes confessionnels et autres – forgeront un véritable partenariat avec les jeunes que l’on commencera à inverser la trajectoire du VIH/SIDA. »

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Pour toute information supplémentaire :

Susan Curran, UNICEF, 01 906 0813
Liza Barrie, UNICEF, 07 902 9944; US tél. mobile 1-646 207-5178
Marixie Mercado, UNICEF, 07 906 5544; US tél. mobile 1-917 640-0184


 

 

 

Liens

Les jeunes veulent être entendus - Fiche de synthèse [Word]

Déclaration des jeunes - [Word]

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