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Communiqué de presse

Lancement d’un « Code d’éthique » pour l’industrie du tourisme afin de protéger les enfants contre le tourisme sexuel

© UNICEF/HQ04-0200/Markisz
Signature du code

NEW YORK, 21 avril 2004 – L’UNICEF a porté un coup à l’industrie du tourisme sexuel, qui a pris au piège des dizaines de milliers d’enfants, en rejoignant l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et le réseau international de soutien ECPAT (Eradication de la prostitution enfantine, de la pornographie enfantine et du trafic des enfants à des fins sexuelles) pour lancer un « Code d’éthique » destiné à l’industrie du tourisme nord-américain. Ce code est conçu pour protéger les enfants.

Selon un récent rapport d’ECPAT USA, environ 25 pour cent des touristes sexuels à l’extérieur des Etats-Unis sont américains. En 1995, le Business Week Magazine a signalé qu’au moins 25 tour-opérateurs sexuels étaient installés aux Etats-Unis.

« Le secteur des voyagistes est essentiel dans la lutte contre l’exploitation sexuelle à des fins commerciales, » a déclaré la directrice générale de l’UNICEF, Mme Carol Bellamy.  « Nous ne pouvons pas fermer les yeux plus longtemps, alors que, dans nos propres communautés,  certains se rendent coupables de maltraitances inimaginables à l’égard des enfants. Ils commettent les pires forfaits. Non seulement ils bafouent froidement la dignité humaine, mais ils le font dans la plus totale impunité. »

A l’échelle du monde, le nombre d’enfants victimes d’exploitation sexuelle dans un but commercial augmente régulièrement. On estime que le commerce sexuel, dont le volume se chiffre en milliards de dollars, concerne deux millions d’enfants – surtout des filles, mais le nombre de garçons n’est pas négligeable. Au Cambodge, les enfants représentent jusqu’à un tiers des prostitués. L’agence mexicaine de services sociaux signale que plus de 16.000 enfants sont livrés à la prostitution, dont la majeure partie dans des destinations touristiques.

Afin de résoudre ce problème, qui devient de plus en plus grave, un bon nombre de pays ont adopté des lois déclarant illégaux les voyages à l’étranger dans le but d’accomplir des actes sexuels sur un mineur. A Hawaï, l’organe législatif de l’Etat étudie des dispositions légales considérant comme un crime le tourisme sexuel. En février dernier, une agence de voyages installée à New York – Big Apple Oriental Tours – a été fermée, étant soupçonnée d’organiser des « vacances » dans des pays étrangers où des jeunes filles étaient possibles pour des rapports sexuels. Les propriétaires de l’agence ont été inculpés. C’est la première inculpation criminelle d’une agence de tourisme sexuel, installée aux Etats-Unis.

« Il relève de la responsabilité de chacun de protéger les enfants contre l’exploitation sexuelle à des fins commerciales, » a dit Carol Smolenski, directrice de ECPAT Etats-Unis. « Un code constitue un parfait exemple de la façon dont l’industrie du voyage peut jouer son rôle dans la création d’un environnement qui protège les enfants. »

Plus de cinquante tour-opérateurs ainsi que leurs associations, des hôtels et des agences de voyages appliquent déjà le code, atteignant environ 30 millions de touristes par une information sur l’exploitation sexuelle à des fins commerciales.  Cette information est transmise par des annonces officielles effectuées sur des vols, par des documents distribués dans les hôtels, des pochettes contenant les billets, sur les sites web et dans les brochures touristiques.

« Afin de lutter efficacement contre l’exploitation sexuelle des enfants, il faut des efforts coordonnés et cohérents à tous les niveaux, » a dit avec insistance Dawid de Villiers, le secrétaire général adjoint de l’OMT.

En signant ce code d’éthique, le secteur de l’hôtellerie et celui du voyage s’engagent à : 

  • Créer une éthique d’entreprise contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales
  • Effectuer une formation dans les pays où les enfants sont sexuellement exploités
  • Introduire des clauses dans les contrats passés avec les fournisseurs, précisant le refus par les parties d’exploiter sexuellement les enfants
  • Fournir aux voyageurs une information sur l’exploitation sexuelle des enfants
  • Fournir une information aux « personnes clés » des pays de destination
  • Effectuer un rapport annuel

« Cela sera la tâche de chacun d’entre nous, les professionnels du tourisme, les législateurs, tout comme celle de la communauté internationale, de rendre les destinations touristiques sures pour tous les enfants, a insisté Mme Bellamy. »  C’est une situation où tout le monde est gagnant. Un tour-opérateur qui s’oppose au tourisme sexuel va attirer les clients à la recherche d’entreprises qui respectent une éthique.

Lors de ce lancement, Sa Majesté la reine Silvia de Suède et John Miller, Conseiller principal auprès du Secrétaire d’Etat, chargé de la répression contre le trafic des êtres humains, étaient également présents.

NOTE DESTINÉE AUX CHAÎNES DE RADIO ET DE TÉLÉVISION : Une vidéo B-roll sur l’exploitation sexuelle à des fins commerciales est disponible.

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Pour davantage d’informations, veuillez contacter :
Jehane Sedky-Lavandero, UNICEF Médias,
Tel: 212 326-7269, email: jsedky@unicef.org

Documents relatifs (en anglais)

 

 

 

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Commercial sexual exploitation - a global challenge

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Commercial Sexual Exploitation of Children

Liens

L’UNICEF travaille à la protection de tous les enfants

Le voyage en 2003, en République démocratique du Congo, de l’ambassadrice itinérante Jessica Lange

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