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Communiqué de presse

Dix ans après le génocide, les enfants rwandais supportent encore ses conséquences à long terme

Le Rwanda est l’un des pays dans le monde où le taux de ménages dirigés par un enfant est le plus élevé

GENÈVE/NEW YORK, 6 avril 2004 - Dix ans après le génocide au Rwanda, qui a coûté la vie à 800.000 personnes, les enfants rwandais continuent à se débattre contre les effets prolongés des atrocités, a dit aujourd’hui l’UNICEF.

“Dix ans après, les enfants rwandais supportent encore les conséquences d’un conflit causé exclusivement par les adultes,” a déclaré Mme Carol Bellamy, directrice générale de l’UNICEF. “Pour eux, le génocide n’est pas un simple évènement historique, mais un élément de leur vie quotidienne d’aujourd’hui et de demain auquel on ne peut échapper.”

Lorsque le génocide a pris fin, en 1994, il avait rendu 95.000 enfants orphelins.

“Les enfants du Rwanda ont été les témoins de violences innommables,” a dit Mme Bellamy. “Des dizaines de milliers d’entre eux ont perdu leurs parents. Des milliers ont été l’objet de terribles sévices et de viols. Un bon nombre ont été obligés de commettre des atrocités. On ne saurait assez insister sur l’incidence de cette tragédie.”

Aujourd’hui, les enfants rwandais sont confrontés à des défis énormes :

  • Le Rwanda est l’un des pays dans le monde où le taux de ménages dirigés par un enfant est le plus élevé et on estime que 101.000 enfants vivent dans environ 42.000 ménages. Ces enfants sont livrés à eux-mêmes parce que leurs parents ont été tués au cours du génocide, ou parce qu’ils sont morts du SIDA, ou encore parce qu’ils se trouvent emprisonnés pour des crimes liés au génocide.
  • 2000 femmes, dont un bon nombre, ayant survécu à un viol, ont subi un test de dépistage du VIH au cours des cinq années qui ont suivi le génocide de 1994. Le test s’est révélé positif pour 80 pour cent d’entre elles. Une bonne partie de ces femmes n’avaient pas d’activité sexuelle avant le génocide.
  • En 2001, on estimait que 264.000 enfants avaient perdu leurs deux parents ou l’un d’entre eux en raison du SIDA, soit 43 pour cent du nombre total d’orphelins. On prévoit que ce nombre devrait dépasser 350.000 d’ici 2010.
  • Plus de 400.000 enfants ne vont pas en classe.
  • Le Rwanda a l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés du monde et un enfant rwandais sur cinq meurt avant d’atteindre son cinquième anniversaire.

Mme Bellamy a déclaré qu’il fallait marquer cet anniversaire en se préoccupant encore davantage de ceux qui souffrent toujours du génocide.

“Nous sommes tous encore tenus d’aider à la réconciliation et à la cicatrisation des plaies, et à veiller à ce que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais,” a dit Mme Bellamy. “‘Plus jamais’ signifie considérer comme responsables les auteurs et rendre leur dignité aux victimes en rappelant ou en soulageant leurs souffrances.”

Ce qui est encore plus important, a déclaré Mme Bellamy, c’est, à l’occasion de cet anniversaire, de renforcer l’engagement de veiller à ce que le monde ne permette plus jamais qu’une telle catastrophe intervienne sans qu’on s’y oppose.

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Pour davantage d’informations, veuillez entrer en contact avec :

Jehane Sedky-Lavandero, UNICEF Médias, New York, 212 326-7259,
Damien Personnaz, UNICEF Médias, Genève, 41-22 909-5716


 

 

 

Voir vidéo : Les enfants rwandais, 10 ans après

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