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VIH/SIDA en Europe et en Asie Centrale : la solution est à trouver chez les jeunes

Dublin, 22 février 2004 – « Le VIH/SIDA frappe surtout les jeunes, c’est pourquoi il est essentiel de les placer au cœur d’une nouvelle stratégie de prévention dans toute l’Europe », a déclaré Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF, à la veille d’une Conférence sur le VIH/SIDA organisée par la présidence irlandaise de l’Union européenne et intitulée Faire tomber les barrières : Partenariat pour lutter contre le VIH/SIDA en Europe et en Asie centrale.

« Le VIH/SIDA tire parti des barrières que nous avons érigées entre pays et entre individus, des barrières qu’il est facile d’abattre si nous nous y engageons avec détermination. Ces barrières permettent de dire que le VIH/SIDA, « ce n’est pas notre problème», ce qui nous amène à la situation actuelle », a-t-elle ajouté.

Les infections VIH sont à nouveau en hausse en Europe de l’Ouest après une décennie de progrès et elles continuent leur spirale ascensionnelle en Europe de l’Est et en Asie centrale. Le chiffre total reste relativement peu élevé mais croît de façon exponentielle dans toute la région. Ce sont les jeunes qui courent le plus grand risque de contamination.

« Nous avons la preuve que lorsque des activités de prévention à destination des jeunes sont entreprises de façon sérieuse et durable, le taux de prévalence du VIH diminue, comme on a pu le constater chez les jeunes du Cambodge, d’Ouganda et du Brésil, a fait valoir Mme Bellamy. Les jeunes sont la solution et non le problème et nous sommes heureux de voir qu’ils sont invités à la conférence de Dublin. »

En Europe de l’Est et en Asie centrale, près de tous les nouveaux cas déclarés de séropositivité se recensent parmi les jeunes, et en particulier les hommes jeunes, qui constituent la majorité des usagers de drogue par injection. Plus de 80% de ceux qui vivent avec le VIH/SIDA ont moins de trente ans.

En Europe de l’Ouest, la résurgence d’autres maladies sexuellement transmissibles indiquent un retour des comportements sexuels à haut risque, en particulier parmi les jeunes.

L’Europe est confrontée à une dure réalité : 

  • Augmentation du nombre d’infections VIH dans certains pays d’Europe de l’Ouest, car les programmes de prévention perdent leur caractère prioritaire et n’atteignent plus les jeunes.
  • Les infections augmentent rapidement Europe de l’Est et en Asie centrale. En 2003, on a officiellement enregistré 230 000 nouveaux cas de séropositivité dans la région, ce qui amène le total de personnes vivant avec le VIH/SIDA à 1,5 million environ. Ce chiffre est probablement nettement inférieur à la réalité. Les pays les plus gravement touchés sont la Fédération de Russie, l’Ukraine et les Etats baltes, mais le VIH continue de se propager au Bélarus, en République de Moldova et en Ouzbékistan. 
  • En Europe de l’Est, plus de 80 % des personnes séropositives n’ont même pas trente ans. 
  • Ce sont ces jeunes qui ont le moins facilement accès aux informations et aux services dont ils ont besoin de façon si urgente. Ils sont confrontés également à la pauvreté, à un taux de chômage trois fois plus élevé que dans la population plus âgée, au trafic de drogue ou d’êtres humains et à bien d’autres problèmes qui accélèrent la propagation du VIH/SIDA.
  • On relève un nombre croissant de nourrissons séropositifs ou d’enfants abandonnés par des mères séropositives en Europe de l’Est et en Asie centrale.

Selon Mme Bellamy, il est possible de modifier ce tableau en renforçant les droits de l’homme : le droit à l’information, à des services de santé de base et à la participation. L’Europe peut tirer les leçons d’une décennie de souffrances dans d’autres régions du monde, elle devrait tirer parti de leur expérience et le faire rapidement.

« J’espère que les gouvernements réunis ici à Dublin saisiront l’occasion d’établir un partenariat solide et durable qui inclura la société civile et les médias, ainsi que des jeunes, pour vaincre le VIH/SIDA », a plaidé Mme Bellamy.

Note aux organismes de télévision

Les transmissions par satellite APTN sur l’épidémie en Ukraine, dimanche 22 février, sont offertes gracieusement par l’UNICEF : 01.45-01.55 GMT, 12.15-12.25 GMT, 18.30-18.40 GMT. Merci de mentionner l’UNICEF.

Faits

L’épidémie de VIH/SIDA connaît sa croissance la plus rapide en Europe de l’Est et en Asie centrale. Les pays les plus durement touchés sont la Fédération de Russie, l’Ukraine et les Etats baltes, mais les éruptions les plus récentes ont été décelées en Asie centrale. En 2003, on recensait 30 000 décès des suites du SIDA dans la région ainsi que 23 000 nouvelles infections. Un million et demi d’individus vit avec le VIH/SIDA.

Le nombre total est peu élevé mais croît de façon exponentielle dans la région. L’Asie centrale tout entière a enregistré 5 458 cas en 2002, contre 88 en 1995. L’Estonie a recensé 899 cas confirmés de séropositivité en 2002. Quatre ans plus tôt, elle en déclarait douze. Les cas déclarés en Lituanie ont quintuplé entre 2001 et 2002.

Les jeunes représentent l’épicentre de l’épidémie. Au moins quatre personnes sur cinq vivant avec le virus dans la région ont moins de trente ans, alors qu’en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis, les moins de 29 ans ne comptent que pour 30 % des cas de VIH. En Russie, on dénombre une part croissante de nouvelles infections chez les femmes. Une des conséquences en est une vive augmentation des nouvelles infections chez les nouveau-nés.

La plupart des cas recensés sont liés à la toxicomanie par injection chez les jeunes. Dans la Fédération de Russie,  les quatre-cinquièmes des cas de VIH dus à la consommation de drogue par injection touchent les moins de trente ans. Au Kirghizstan et au Kazakhstan, plus des deux tiers ont moins de trente ans et au Bélarus, 60% ont entre 15 et 24 ans. En tout, au moins un quart des usagers de drogue par injection ont moins de vingt ans.

Accès extrêmement limité. Moins de 5% des toxicomanes de la région ont accès à des programmes et services permettant de réduire le risque d’infection VIH. Il y aurait jusqu’à trois millions d’héroïnomanes rien que dans la Fédération de Russie, plus de 600 000 en Ukraine et jusqu’à 200 000 au Kazakhstan. L’usage des préservatifs est en général peu répandu.

Europe de l’Ouest

La mortalité liée au SIDA est en baisse constante, en grande partie parce que les traitements antirétroviraux sont largement disponibles. Dans les pays d’Europe de l’Ouest qui recensent les cas de séropositivité, les relations hétérosexuelles constituent sans doute le mode de transmission le plus répandu à l’heure actuelle, bien que les relations sexuelles entre hommes et l’injection de drogue restent d’importants facteurs d’infection dans certains pays.

La résurgence d’autres maladies sexuellement transmissibles indiquent un retour des comportements sexuels à haut risque, surtout parmi les jeunes. La France, l’Irlande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni rapportent des épidémies de syphilis parmi les hommes ayant des relations homosexuelles. En Angleterre et en Ecosse, les diagnostics de gonorrhée dans les cliniques pour MST ont plus que doublé entre 1995 et 2000, en particulier chez les adolescents de 16 à 25 ans. Les cas déclarés de gonorrhée sont également en hausse aux Pays-Bas, en Suède et en Suisse.

Mouvements de population. Une large part des nouvelles infections par le VIH en 2002 en Europe est attribuée à un nombre important de personnes infectées dans des pays à haute prévalence de VIH hors Europe. La plupart de ces cas se dénombrent au Royaume-Uni, qui a vu doubler les diagnostics de séropositivité entre 1998 et 2002.

Pour de plus amples informations

Lynn Geldof, UNICEF CEE/CIE et Etats baltes : 00 4179 431 1537;
Angela Hawke, UNICEF CEE/CIE et Etats baltes : 00 4179 601 9917;
Liza Barrie, UNICEF New York: 1 212 326-7593; 
Marixie Mercado, UNICEF New York: 1 212 326-7133


 

 

 

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