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Communiqué de presse commun

Jimmy Carter appelle à lutter d'urgence pour l'éradication du ver de Guinée en Afrique de l'Ouest

Le Ghana relève le défi

© The Carter Center
Former US President Jimmy Carter; Deputy Executive Director of UNICEF Kul C. Gautum; and Director-General of WHO Dr. Lee Jong-wook examine a Guinea worm patient.

Tamale (GHANA), 4 février 2004 – L 'ancien Président des Etats-Unis, Jimmy Carter, et les principaux responsables du Carter Center, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), et l'UNICEF ont effectué aujourd'hui une visite sans précédent au village de Dashie où la draconculose (le ver de Guinée) sévit de manière endémique, afin d'exhorter le Ghana à éradiquer cette maladie.

Le Directeur général de l'OMS, le Dr LEE Jong-wook, et le Directeur général adjoint de l'UNICEF, M. Kul C. Gautam, se sont joints au Président Carter pour effectuer ce déplacement à Tamale, à 650 kilomètres au nord de la capitale du Ghana, organisé par le Ministre ghanéen de la Santé, le Dr. Kweku Afriyie.

« Rien ne saurait excuser les souffrances causées par le ver de Guinée », a dit M. Jimmy Carter, président du Carter Center et lauréat du prix Nobel de la paix 2002, à la conférence de presse organisée suite à la visite. « Au Ghana, il existe les ressources, le soutien, les connaissances et les aptitudes qui permettraient d'éliminer la draconculose. C'est au Ghana de s'engager à relever le défi en agissant vite et immédiatement."

A la mi-janvier, grâce à la campagne mondiale d'éradication du ver de Guinée, on lutte contre les derniers cas de cette maladie, qui ne représentent plus qu'un pour cent des chiffres de 1986, au début de la campagne. Le Ghana représentait environ 27 pour cent des 35 000 cas enregistrés en 2003 (chiffres provisoires 2003).

Au nom du Président et du peuple ghanéen, le Dr Afriyie a accepté de relever le défi, en disant : « Le Ghana doit sensibiliser le public et comprendre à tous les niveaux qu'il est urgent d'inverser la tendance et d'abandonner le titre de pays d'Afrique de l'Ouest le plus touché par une draconculose endémique. Le Ghana va affronter ce défi en faisant de la lutte contre le ver de Guinée une priorité, en assurant une meilleure alimentation en eau aux communautés atteintes par cette maladie endémique, et en développant l'éducation sanitaire. »

Au début du programme, en 1989, le Ghana avait réussi à réduire rapidement le nombre de cas de cette maladie. Toutefois, en raison de fortes poussées, survenant au milieu et à la fin des années 90, le Ghana se trouvait en 2003 au deuxième rang mondial des pays où l'endémie est la plus forte, devancé seulement par le Soudan, ravagé depuis plus de vingt ans par une guerre civile. Fin 2003, on a enregistré 8 283 cas, ce qui correspond à une augmentation de 48 pour cent par rapport à l'année précédente. Selon un rapport de l'UNICEF sur le ver de Guinée au Ghana, datant de 2003, on estimait que 40 pour cent des malades étaient des écoliers.

« L'éradication du ver de Guinée représentera une victoire majeure en matière de santé publique, avec une incidence significative sur les enfants, qui représentent plus d'un tiers des cas dans le monde," a déclaré M. Kul Gautam, de l'UNICEF.

Dans la région ghanéenne où l'endémie est la plus grave, l'équipe a rencontré la communauté des malades souffrant de draconculose, visité une source d'eau et un centre de soins contre le ver de Guinée, et participé à des séances d'éducation sanitaire. Au cours d'une réunion d'une heure, la délégation a également débattu, avec des dirigeants locaux, régionaux, et nationaux, des obstacles rencontrés actuellement par le Ghana et des moyens permettant d'encourager les efforts d'éradication.

La draconculose devrait être la première maladie parasitaire éradiquée, et la première maladie éradiquée sans vaccin ni traitement. On la contracte en consommant de l'eau stagnante, contaminée par des puces d'eau microscopiques, porteuses de larves infectieuses. Celles-ci, dans le ventre de l'homme, deviennent adultes et grandissent, certaines d'entre elles pouvant atteindre un mètre de long. Au bout d'un an, le ver émerge lentement à travers une ampoule douloureuse, au niveau de la peau, généralement sur les membres inférieurs.

Depuis le début de la campagne d'éradication du ver de Guinée, en 1986, la maladie a reculé de 99 pour cent, passant de 3,5 millions de cas à environ 35 000 (chiffres provisoires 2003). Sur les 20 pays souffrant d'une endémie, 13 ont été débarrassés totalement ou presque du ver de Guinée, la maladie ne se maintenant que dans certaines régions d'Ethiopie et d'Ouganda, d'Afrique de l'Ouest, et du Soudan. L'éradication du ver de Guinée est donc en vue .

« Les stratégies d'éradication appliquées dans tous les pays frappés par une draconculose endémique s'articulent autour de trois mesures principales : rendre l'eau salubre, soigner efficacement les cas de draconculose en évitant la propagation, et assurer une éducation sanitaire, » a dit le Dr LEE.

« On peut ainsi arrêter totalement la transmission de la maladie ici, au Ghana, et dans tous les pays encore touchés, » a-t-il ajouté.

Le Carter Center, l'OMS et l'UNICEF ont coopéré, en collaboration avec les programmes nationaux, pour effectuer ce dernier effort en vue d'éliminer la maladie du ver de Guinée. On trouve d'autres partenaires importants, notamment la Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation pour les Nations Unies, les Centers for Disease Control and Prevention, le Peace Corps des Etats-Unis, ainsi que les Gouvernements du Japon, des Etats-Unis, du Canada, de la Norvège, des Pays-Bas, du Danemark, du Koweït et du Royaume-Uni.

Chacun peut encore accompagner « virtuellement » le Président Carter en visitant le site  www.cartercenter.org. En effet, le Président Carter tient un « blog » et publie régulièrement des données en provenance du terrain. A partir du 2 février, sur le site Internet du Carter Center, le rapport sur le voyage en Afrique de l'Ouest exposera les réflexions et sentiments du Président Carter à ce sujet.

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Le Carter Center a été fondé en 1982 par l'ancien Président des Etats-Unis Jimmy Carter, et par sa femme, Rosalynn, en partenariat avec Emory University, afin de faire progresser la paix et la santé dans le monde. Organisation non gouvernementale à but non lucratif, le Centre contribue à l'amélioration de la vie des gens dans plus de 65 pays, en œuvrant à la résolution des conflits; au progrès de la démocratie et des droits de l'homme, au développement des possibilités économiques; à la prévention des maladies; à l'amélioration des soins psychiatriques ; et à la formation des agriculteurs, pour qu'ils accroissent leur production. Pour en savoir davantage sur The Carter Center et le ver de Guinée, veuillez visiter le site: www.cartercenter.org

L'Organisation mondiale de la Santé, l'agence des Nations Unies chargée de la santé, a été créée le 7 avril 1948. L'objectif de l'OMS, tel qu'il est exposé dans sa Constitution, est d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé. La Constitution de l'OMS définit la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et social et pas seulement comme une absence de maladie ou d'infirmité. www.who.int.

L'UNICEF travaille dans 158 pays afin de permettre à tous les enfants de survivre et de se développer jusqu'à l'adolescence. Dans ses efforts sur le terrain, l'UNICEF insiste plus particulièrement sur la vaccination et les oligo-éléments ; un bon départ dans la vie, en particulier la salubrité de l'eau et de l'assainissement, une santé et une nutrition de base, un entourage affectueux et une éducation pour tous les enfants ; la lutte contre le VIH/SIDA et les soins apportés aux enfants rendus orphelins par la maladie ; ainsi qu'un environnement qui protège les enfants contre les abus sexuels, l'exploitation et toutes les formes de violence. L'UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires des gouvernements, fondations, entreprises et particuliers.  www.unicef.org

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :
Emily Howard, The Carter Center.
Téléphone portable au Ghana, jusqu'au 5 février : (233) 24 528931
E-mail en déplacement : emilyrhoward@yahoo.com
Après le 9 février : 1-404-420-5126. Fax: 1-404-420-5145.
E-mail : ehowa01@emory.edu

Kate Donovan, UNICEF Médias, New York.
Tel. 212 – 326 – 7452
E-mail : kdonovan@unicef.org

Christine McNab, OMS Genève.
Tel: 41 22 791 4688
E-mail : mcnabc@who.int


 

 

 

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