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Communiqué de presse

La polio en Afrique de l’Ouest : la cote d’alerte est atteinte, déclare Mme Bellamy

La Directrice générale de l’UNICEF demande aux dirigeants de l’Afrique de l’Ouest de contenir la propagation du virus en 2004 et de trouver une solution aux graves problèmes régionaux qui menacent les enfants

ACCRA (Ghana), le 19 décembre 2003 – La propagation inquiétante de la polio en Afrique de l’Ouest représente le plus grand obstacle actuel à l’éradication complète de cette maladie à l’échelon mondial, a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF Carol Bellamy aux dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

C’est dans deux pays ouest-africains, le Nigéria et le Niger, qu’on compte près de la moitié des cas de polio au monde, selon l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio, une alliance qui regroupe l’UNICEF, l’OMS, Rotary International et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

« Cette année, les Africains de l’Ouest ont déposé les armes au Libéria et en Côte d’Ivoire, ce qui a permis à des millions d’enfants d’échapper à la guerre, a dit Mme Bellamy dans son allocution au Sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO à Accra. Maintenant, les enfants ont besoin que leurs dirigeants fassent très rapidement preuve de la même vision et du même esprit de décision pour arrêter la polio, avant que la maladie n’échappe à tout contrôle dans toute la région. »

Le Nigéria est à l’origine de la récente flambée de polio en Afrique de l’Ouest. Ce pays compte plus de cas que n’importe quelle autre nation et il est à l’origine des cas de polio survenus récemment au Ghana (8), au Burkina Faso (7), au Tchad (3) et au Togo (1). Le dispositif qu’il a donc fallu mettre en place dans la région pour contenir la propagation du virus a coûté plus de 20 millions de dollars à la communauté internationale en 2003.

La plupart de ces dépenses auraient pu être évitées si l’on avait amélioré dans chaque pays les services de vaccination de routine contre la polio et toute une série d’autres maladies de l’enfance, a fait valoir Mme Bellamy.

« Il y a beaucoup trop d’enfants en Afrique de l’Ouest qui se trouvent absolument sans défense contre les maladies infantiles évitables, ce qui crée les conditions idéales pour une épidémie, a-t-elle déclaré. Comme la polio se propage au Nigéria et que les cas s’y multiplient, les nations d’Afrique de l’Ouest doivent faire de la vaccination de routine le fer de lance de leur stratégie nationale contre la polio. Il n’y a qu’à comparer le coût des investissements dans la santé de l’enfant aux sommes à engager pour empêcher les importations de polio. »

Mme Bellamy a présenté un « plan en quatre points » pour mettre fin à la transmission de la polio en Afrique de l’Ouest d’ici à la fin 2004 : éliminer le virus dans ses derniers réservoirs au Nigéria et au Niger, vacciner tous les enfants d’Afrique de l’Ouest pendant les campagnes de vaccination anti-polio de 2004, renforcer les vaccinations de routine au niveau national et développer des plans d’intervention pour réagir rapidement aux importations du virus.

Dans le cadre de la lutte contre la polio et d’autres problèmes régionaux, Mme Bellamy a accueilli « avec beaucoup d’optimisme » l’adoption officielle du Mécanisme d’évaluation de la CEDEAO sur la situation des enfants, une initiative sans précédent qui permettra aux dirigeants de l’Afrique de l’Ouest d’évaluer la façon dont chaque nation répond aux besoins de ses jeunes citoyens.

Cette initiative revêt une importance capitale, a-t-elle souligné, car ce n’est qu’en accordant aux problèmes du bien-être de l’enfant une dimension régionale que l’Afrique de l’Ouest fera de réels progrès dans la lutte contre la polio, la traite des enfants ou le VIH/SIDA, des problèmes qui se jouent des frontières. Elle a encouragé les chefs d’Etat à voir dans ce mécanisme d’évaluation l’occasion d’encourager les jeunes à participer à l’amélioration de leur situation.

« Les enfants nous diront si nous tenons nos promesses et améliorons réellement leur situation, a-t-elle assuré. Si on les écoute, ils peuvent devenir de réels agents du changement. »

Pour beaucoup d’enfants d’Afrique de l’Ouest, a déclaré Mme Bellamy, la situation reste « désespérée ». En 2003, environ 46 % des filles ouest-africaines n’étaient pas scolarisées, des dizaines de milliers d’entre elles étaient victimes de trafics internationaux et vendues pour être exploitées sexuellement ou mises au travail et la pandémie de VIH/SIDA a fait plus de 2,2 millions d’orphelins.

« Quand les crises atteignent de telles proportions, a constaté Mme Bellamy, un pays ne peut les résoudre seul. La région entière doit se mobiliser. »

Le financement de l’UNICEF provient exclusivement de dons de particuliers, de fondations, d’entreprises ou de gouvernements. Les contributions destinées à appuyer la participation de l’UNICEF à l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio peuvent être versées sur le site http://www.supportunicef.org/

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :

Alfred Ironside, UNICEF Média, New York
(212) 326 7261 aironside@unicef.org

Claire Hajaj, UNICEF Média, New York
(212) 326-7566 chajaj@unicef.org

Damien Personnaz, UNICEF Média
Genève : (+41 (0)22) 909 5515 dpersonnaz@unicef.org


 

 

 

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