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Communiqué de presse

Le monde est-il en train de renoncer à l’éducation universelle ?

L’UNICEF déclare que les nations doivent faire un effort « plus convaincant » pour atteindre en 2005 l’objectif de la parité entre garçons et filles à l’école

Genève/New York, 6 novembre 2003 – Suite à la publication d’un rapport qui indique que la plupart des nations ne sont pas sur la voie qui leur permettrait d’atteindre l’objectif de parité entre les sexes dans l’éducation avant 2005, l’UNICEF a déclaré aujourd’hui que le temps pressait et que les gouvernements devaient déployer des « efforts plus convaincants » pour scolariser davantage de filles.

« On est obligé de se demander maintenant si la communauté internationale n’est pas en train de s’éloigner des filles, de renoncer aux objectifs qu’elle s’était fixés, a fait valoir la Directrice générale de l’UNICEF Carol Bellamy. A en croire ce rapport, le premier de nos objectifs en matière d’éducation semble ne pas être pris en considération. »

Publié aujourd’hui, le rapport de suivi sur l’Education pour tous indique que quelque 70 nations ne seront pas en mesure d’atteindre l’objectif de la parité entre les sexes avant 2005. Par conséquent, il leur sera difficile de réaliser l’objectif de l’éducation pour tous en 2015.

« Ce n’est pas le moment d’admettre simplement notre échec et de relâcher nos efforts, a déclaré Mme Bellamy. Tout comme un élève obligé de redoubler une année, les pays en retard doivent travailler davantage. C’est une question d’efforts et pour l’instant, nous n’en voyons pas suffisamment, loin de là. »

Une « crise positive »

Mme Bellamy exhorte ces nations à réagir dans un esprit de « crise positive », c'est-à-dire qu’elles doivent lancer immédiatement des initiatives audacieuses et bien ciblées sur les besoins les plus urgents, pour accélérer les progrès.

« 2005 est une date cible, non une date limite boutoir, a-t-elle dit. Le plus important, c’est de se rapprocher de la cible et de le faire avec détermination. Les écoles doivent devenir plus accueillantes pour les garçons comme pour les filles. »

Un enfant qui ne va pas à l’école souffrira énormément toute sa vie de cette absence d’instruction mais les conséquences sont particulièrement graves pour les filles. Les filles non scolarisées risquent d’être victimes de la violence, de l’exploitation, de la traite des êtres humains et de la pauvreté. Elles courent un risque plus grand de mourir en couches ou d’être contaminées par un virus, en particulier le VIH que les filles qui sont allées à l’école. Une fois qu’une fille sort de la filière de l’éducation, il y a fort peu de chance qu’elle y revienne.

Pourquoi les filles, pourquoi maintenant ?

L’UNICEF a fait le choix stratégique de scolariser toutes les filles et de s’assurer qu’elles recevront toutes un enseignement de base de qualité. Ce choix est né de la conviction que si l’on supprime les obstacles à la scolarisation des filles (traditions profondément enracinées, violence, installations sanitaires inadéquates, entre autres), les écoles deviendront plus accueillantes pour tous les enfants et aideront à améliorer la qualité de vie des collectivités locales. C’est essentiel pour atteindre l’objectif de l’Education pour tous en 2015.

L’UNICEF a mis sa propre réputation en jeu en poussant différents pays à prendre au sérieux l’objectif de la parité entre les sexes avant 2005. Il a créé un partenariat avec 25 gouvernements pour les aider à poursuivre cet objectif. Ces 25 pays ont été choisis parce qu’ils doivent tous surmonter des obstacles considérables pour s’assurer qu’autant de filles que de garçons reçoivent, comme ils en ont chacun le droit, une éducation de base de qualité. L’UNICEF a pris la tête de l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles qui unit plusieurs partenaires soucieux d’aider ces 25 pays et d’autres encore à faire en sorte que les filles réalisent leur droit à l’éducation.

Ces 25 pays ont été choisis parce que leur taux de scolarisation des filles était très faible (moins de 70 %), ou qu’ils comptaient un grand nombre d’enfants non scolarisés (plus d’un million) ou encore parce qu’on y constatait des différences significatives entre garçons et filles.

Un certain nombre de mesures pratiques ont démontré leur efficacité : abolir les frais d’inscription ou autres frais de scolarité, par exemple, ou créer des écoles plus proches du domicile des enfants, ou offrir des repas à l’école, ou recruter un plus grand nombre d’enseignantes, ou imposer un code de déontologie aux enseignants ou encore offrir de l’eau potable et des installations sanitaires séparées.

« Ce genre d’amélioration n’est possible que si les dirigeants nationaux s’engagent de manière convaincante et le prouvent en investissant dans un type d’école qui convient à tous les enfants, garçons et filles, et les incite à y rester, a dit Mme Bellamy. Nous savons que cela peut marcher. Il suffit de s’atteler au problème et d’accepter un peu d’aide de ses amis. »

Prochainement…

Le fleuron des publications de l’UNICEF, La situation des enfants dans le monde, sera lancé le 11 décembre à Genève et au Caire.

En s’inspirant des conclusions de la conférence sur l’Education pour tous, le rapport défendra l’idée que les initiatives en matière de développement humain doivent adopter une approche plus axée sur les individus, les femmes et les filles en particulier. Il analyse le processus par lequel la scolarisation d’un plus grand nombre de filles pourrait agir de catalyseur pour relancer le développement.

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Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à
Allison Hickling
UNICEF New York, +1 212 326 7224
ahickling@unicef.org

Alfred Ironside
UNICEF New York, + 212 326 7261
aironside@unicef.org


 

 

 

Coming soon

UNICEF’s annual flagship report, The State of the World’s Children, will be launched December 11 in Geneva and Cairo. 

Building upon the outcomes of the EFA conference, the report will present the case that human development efforts need a more people-focused approach, especially with regard to girls and women.  It analyzes how the process of getting more girls into school would act as a booster rocket for broader development success.

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