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Communiqué de presse

L’Ambassadrice de l’UNICEF Jessica Lange choquée et profondément émue par les viols systématiques de femmes et d’enfants commis dans l’Est de la République démocratique du Congo

LONDRES/NEW YORK/GENÈVE/KINSHASA, 11 août 2003 – Choquée et profondément émue par les viols, quelquefois systématiques, de femmes et d’enfants dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), Mme Jessica Lange, Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, a déclaré aujourd’hui que la communauté internationale ne pouvait plus rester indifférente à ces atrocités quotidiennes dont sont victimes les enfants et les femmes de ce pays.

« Les femmes et les enfants qui survivent à cette brutalité stupéfiante en subiront les séquelles physiques et psychologiques tout le reste de leur vie. La communauté internationale doit mettre fin à ces crimes horribles et aider les survivants. Quant aux responsables, il faut les traduire en justice », a dit la nouvelle Ambassadrice itinérante de l’UNICEF à son retour de la RDC.

Des combattants de toutes les factions armées de la RDC ont commis des viols ou autres crimes sexuels. Ces violences sont courantes et systématiques dans l’Est du Congo. Les femmes et les filles sont souvent violées au cours des opérations militaires sous le prétexte qu’elles auraient « soutenu l’ennemi » et pour humilier et terroriser la communauté. Les maris, les pères et les frères et sœurs sont souvent obligés d’être témoins de ces atrocités. De nombreuses victimes ont été enlevées et l’on est sans nouvelles d’elles.

Ces femmes et ces jeunes filles sont souvent attaquées alors qu’elles vaquent à leurs activités quotidiennes, dans les champs, lors du ramassage du bois ou lorsqu’elles se rendent au marché. Les garçons ne sont pas à l’abri de ces exactions et de fait il semble que le nombre d’actes de violence sexuelle à l’encontre de garçons et de personnes âgées augmente.

« L’extraordinaire dignité dont ils font preuve devant cette indicible brutalité, le courage et la force avec lesquels ils affrontent l’avenir sont bouleversants » a dit Mme Lange.

« Le viol est un affront aux droits fondamentaux, à la décence et à la dignité humaine », a déclaré de son côté la Directrice générale de l’UNICEF Carol Bellamy. « Le monde ne peut se taire lorsque le viol sert d’instrument de guerre dans l’Est de la RDC. Des enfants de 5 ans, des femmes de 80 ans sont même victimes de cette brutalité indicible. Mais que les responsables de ces violences n’oublient pas qu’ils devront répondre de leurs crimes. »

Ces viols ont de graves incidences sur la pandémie de VIH/SIDA. Parce que les soldats auteurs des viols sont souvent séropositifs, les filles et les femmes violées se retrouvent en danger de mort. Des données recueillies à l’hôpital de Panzi à Bukavu indiquent qu’environ 27 pour cent des victimes de viols étaient séropositives. On estime que 15 pour cent de la population est infectée dans l’Est de la RDC.

La propagation du VIH s’explique entre autres par la violence sexuelle, les mouvements de nombreuses personnes déplacées, l’effondrement des structures de protection normales, la présence d’un grand nombre de soldats (en particulier ceux qui viennent de pays où les taux de prévalence du VIH/SIDA sont relativement élevés, comme le Burundi, l’Ouganda, le Rwanda et le Zimbabwe), et l’absence de soins de santé.

Le viol des femmes et des enfants a des conséquences catastrophiques sur des communautés entières. Les enfants ont perdu tout ce qui constituait leur environnement protecteur – de nombreuses écoles sont fermées, il n’y a pas de centre de santé, des membres de leurs familles ont été tués sous leurs yeux, leurs frères ou sœurs ont été enrôlés de force dans les rangs des combattants, des familles entières ont été déplacées et les communautés ont été disloquées. Beaucoup d’enfants ont perdu des années de scolarité, ils sont élevés dans des camps pour personnes déplacées, vivent dans la rue ou ont été recrutés dans les factions armées.

Le conflit en RDC a brisé la vie d’innombrables enfants et familles. Des dizaines de milliers d’enfants du pays ont été enrôlés et obligés de combattre par toutes les parties au conflit. Certains sont utilisés comme esclaves sexuels, porteurs ou cuisiniers. Parfois, les enfants représentaient quelque 35 pour cent des troupes envoyées au front. Le conflit a également ruiné l’économie du pays, plongeant les familles dans la misère. Environ 70 pour cent des habitants, par exemple, n’ont pas accès à des soins de santé, soit parce qu’ils sont trop pauvres pour se les payer soit parce qu’ils ne sont pas en mesure d’accéder aux installations.

L’idée de se servir du viol comme d’un instrument de guerre n’a pas germé dans l’Est de la RDC. On estime qu’entre 250 000 et 500 000 femmes ont été violées au cours du génocide des tribus de Hutus et Tutsis au Rwanda en 1994. Au cours de la guerre des Balkans, au moins 20 000 filles et femmes ont été violées, les adolescentes étant particulièrement visées. Ces exemples sont loin d’être uniques. Des rapports récents émanant du Burundi indiquent que les viols de filles et de femmes par des soldats se produisent de plus en plus fréquemment. On cite même le cas d’une classe entière de jeunes adolescentes violées par la soldatesque.

“ Le viol et la violence sexuelle ne sont pas des dégâts subsidiaires et ils ne sont pas inévitables en temps de guerre. Il s’agit de crimes de guerre et leurs auteurs doivent répondre de leurs actes, devant leurs communautés, devant le Gouvernement de transition et devant la communauté internationale par le biais de la Cour pénale internationale », a dit Mme Bellamy.


Informations diverses sur la RDC :

  • Le conflit en RDC est l’une des pires crises humanitaires que le monde ait connues et la guerre la plus meurtrière jamais documentée en Afrique. On estime à 3,3 millions le nombre de morts depuis 1998 – pour la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées.
  • Ce conflit a tué plus de personnes que la plupart des autres conflits depuis la Seconde Guerre mondiale.
  • Les enfants représentent 55 pour cent de la population totale.
  • Plus de 12 pour cent des enfants meurent avant d’avoir 1 an.
  • Un foyer sur 8 dans l’Est de la RDC a connu la mort violente d’un de ses membres depuis le début de la guerre en 1998.
  • Chez les enfants survivants, nombreux sont ceux qui restent traumatisés par les souvenirs des actes horribles perpétrés contre leur propre famille et leurs amis.
  • Les femmes enceintes semblent courir entre deux et trois fois plus de risques de subir une mort violente que les autres. Le manque de transports et de médicaments ainsi que la mauvaise qualité des services de santé contribuent au problème.
  • La RDC est le pays où l’acheminement de l’aide coûte plus cher que partout ailleurs dans le monde, à cause des problèmes de sécurité, d’un mauvais système de transport et de la taille immense du pays.

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :

Jehane Sedky-Lavandero
UNICEF Médias, New York, 212 326-7269

Joyce Brandful
UNICEF Médias, Kinshasa, 243 81 88 46 746

Damien Personnaz
UNICEF Médias, Genève, 41 22 909 5517

Sarah Epstein
UNICEF Médias, R.U., 44 207 430 0162

Des photos sont également disponibles pour les organismes de presse accrédités.
E-mail : photo@unicef.org


 

 

 

B-Roll broadcast

UNICEF© video of Jessica Lange's trip will be fed on Reuters World News Service on Monday, August 11 at 1135-1145 GMT . The VNR will be available: ACCESS ALL.  The signal will also transmit at London BT tower on outgoing local ends: ACAI/D 1 A + B OR ACAI/D 3 (DSIS).

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