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Communiqué de presse

Mme Bellamy aux délégués de l’Union africaine :La première priorité de l’Afrique doit être d’investir dans l’enfance

Maputo/Genève, le 8 juillet 2003 – La veille de son arrivée au Mozambique pour un sommet de dirigeants africains, Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF, a déclaré que pour favoriser un développement et des progrès durables chez eux, les dirigeants des nations africaines doivent absolument investir dans l’enfance. Et le faire « très vite et souvent ».

Alors que des douzaines de dirigeants nationaux arrivaient pour le sommet annuel de l’Union africaine, Mme Bellamy a estimé que « pour que l’espoir reste vivace, l’Afrique doit commencer par garder ses enfants en vie. »

« De l’Ethiopie au Libéria, de la RD du Congo à l’Afrique du Sud, les enfants sont l’espoir de ce continent, même en période de crise, a fait valoir Mme Bellamy. Mais il faut que leurs dirigeants tiennent leurs promesses en consacrant bien plus de ressources aux services sociaux de base. Investir dans l’enfance est le seul moyen de surmonter les énormes défis qui se posent à l’Afrique. C’est le seul moyen de faire reculer la pauvreté, d’endiguer le sida et d’empêcher les guerres. »

Arguant du fait qu’aucune mesure du développement ne permet à elle seule de prévoir l’avenir de façon aussi fiable que le bien-être des enfants, Mme Bellamy a également suggéré que les nations africaines se servent d’une série de critères axés sur l’enfant comme jauge principale de progrès.

« Le bien-être de vos enfants devrait devenir le principal critère permettant de mesurer vos réalisations en tant que dirigeants, a averti Mme Bellamy qui avait en tête les chefs d’Etat africains en prononçant ces paroles. Je vous demande instamment de faire de l’investissement dans l’enfance la première de vos priorités, avec en deuxième lieu une franche évaluation des résultats. N’attendez pas une semaine ou un an de plus. Leur survie, et la vôtre, en dépend. »

Au sommet économique africain du mois dernier, Mme Bellamy a présenté pour la première fois la proposition de l’UNICEF définissant un système de mesure du développement national axé sur l’enfant. Cette proposition se présente sous la forme d’un livre blanc d’une cinquantaine de pages intitulé « Les jeunes et le NEPAD » – une référence au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, initiative lancée l’an dernier par des dirigeants africains cherchant à rendre leur continent responsable de sa propre destinée.

Mme Bellamy a soutenu la proposition du NEPAD d’un système annuel « d’examen par les pairs ». Elle a rappelé que l’UNICEF et d’autres institutions des Nations Unies se tenaient prêts à apporter leur aide pour de tels examens en fournissant les données statistiques uniformes nécessaires à la mesure des progrès accomplis dans chaque pays.
L’UNICEF a fait remarquer que des pays africains qui se situent dans la même tranche de revenus par habitant (entre 260 et 300 dollars EU) enregistrent néanmoins des résultats très variables en ce qui concerne le bien-être des enfants, y compris le taux de mortalité infantile (qui va de 75 à 202 décès pour 1 000 naissances vivantes), la proportion d’écoliers qui ont au moins cinq années de scolarisation (entre 24 et 84%) et le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans sous-alimentés (de 16 à 33%).

Mme Bellamy a fait remarquer que dans les pays se situant dans cette tranche de revenus, les résultats sont parfois meilleurs pour l’un des indicateurs axés sur l’enfant que pour un autre.

« Or les progrès réels ne dépendent pas seulement d’un ou deux indicateurs axés sur l’enfance, mais de la constance des progrès réalisés en matière de bien-être de l’enfant, a-t-elle ajouté. Tel est l’objectif que les pays africains doivent se fixer ; c’est la seule voie vers le développement économique. »

La directrice de l’UNICEF a cité trois domaines clés dans lesquels il est nécessaire d’investir : les services de santé de base pour femmes et enfants, l’éducation pour tous en mettant l’accent sur les filles, et la prévention du VIH parmi les jeunes. Selon elle, une attention soutenue à ces trois types de services débouchera sur des progrès durables à moyen et long terme.

Elle a également fait valoir qu’il était essentiel que l’Afrique progresse si l’on voulait atteindre les objectifs auxquels avaient souscrit les nations du monde lors du Sommet du Millénaire de l’ONU en 2000, baptisés Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Bien qu’elle n’abrite que 12 pour cent de la population mondiale, l’Afrique intervient pour 43 pour cent dans la mortalité infantile mondiale, 50 pour cent dans la mortalité maternelle, 70 pour cent dans le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA, et elle atteint la proportion effarante de 90 pour cent d’enfants que le sida a rendus orphelins.

« Nul continent présentant des indicateurs aussi défavorables ne peut espérer parvenir à un développement ou à une stabilité durables sans accroître de façon fondamentale son niveau d’investissements dans l’enfance, a déclaré Mme Bellamy. Ce n’est qu’en améliorant immédiatement les chances des enfants que l’Afrique pourra échapper à la pauvreté et progresser véritablement. »

Mme Bellamy a affirmé qu’à son avis, les dirigeants de l’Afrique commençaient à faire ce lien crucial et elle a exhorté le Mozambique, qui assume la présidence de l’UA, à faire avancer les choses.

« Nous connaissons l’engagement du gouvernement mozambicain envers ses enfants, a conclu Mme Bellamy. Nous comptons sur le Mozambique pour qu’il profite de sa présence à la tête de l’UA pour que l’investissement dans l’enfance figure au coeur de son agenda. »

Pour de plus amples informations, veuillez contacter

Michael Klaus, UNICEF Média, Maputo : (+2588) 231-2182, mklaus@unicef.org
Gabriel Pinho Pereira, UNICEF Maputo : (+2588) 231-6539, gpereira@unicef.org

Pour en savoir plus sur l’UNICEF en Afrique: www.unicef.org


 

 

 

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