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Communiqué de presse

L’UNICEF lance l’Initiative pour l’éducation des filles en Afrique de l’Ouest et centrale.

La Directrice de l’UNICEF demande aux dirigeants de considérer l’éducation des filles comme « une affaire de la plus haute urgence »

Ouagadougou / New York, le 23 juin 2003 - Un certain nombre de pays d’Afrique de l’Ouest et centrale peinant à atteindre leurs objectifs de développement, l’UNICEF exhorte les donateurs ainsi que les gouvernements de la région à privilégier le rôle de l’éducation et à investir bien davantage dans l’éducation des filles.

« Les espoirs que nous entretenions d’améliorer l’éducation dans cette partie de l’Afrique ont été réduits à néant par un ensemble dévastateur de problèmes économiques et sociaux, aggravés par des conflits internes dans plusieurs pays, a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Mme Carol Bellamy. Il en va de même, par conséquent, pour les espoirs que nous avions pour le développement durable. En axant nos efforts sur l’éducation des filles, on peut ranimer ces espoirs. ».

Mme Bellamy se rendra au Burkina Faso le 24 juin pour lancer une initiative visant à donner aux filles un plus large accès à une éducation de qualité en Afrique de l’Ouest et centrale. Les efforts déployés pour scolariser les filles de la région de façon durable sont handicapés dans plusieurs pays par l’extrême pauvreté, les conflits en cours et la pandémie de VIH/SIDA.

Ce lancement régional s’inscrit dans le cadre de « 25 d’ici à 2005 », l’initiative mondiale de l’UNICEF visant à accélérer la scolarisation de beaucoup plus de filles dans 25 pays, avant 2005. L’UNICEF travaille en étroite collaboration avec ces nations pour les aider à atteindre la parité entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, l’un des Objectifs de développement pour le Millénaire.

L’UNICEF est convaincu qu’en rendant l’éducation plus accessible aux filles, les nations avanceront de façon décisive dans la réalisation du droit qu’ont tous les enfants, filles et garçons, de recevoir une éducation de base de qualité.

Huit pays d’Afrique de l’Ouest et centrale sont inclus dans l’Initiative « 25 d’ici à 2005 »: Bénin, Burkina Faso,République centrafricaine, Tchad, République démocratique du Congo,Guinée, Mali, Nigéria. 

« Les gouvernements africains devront procéder à des ajustements significatifs pour financer une éducation de base de qualité pour les filles et les garçons sur un pied d’égalité. Et la communauté des donateurs devra fournir des fonds importants pour les aider. Mais les gains pour la région seront énormes si ces pays veillent tout particulièrement à scolariser les filles », a affirmé Mme Bellamy.

Elle a ajouté qu’il était nécessaire d’encourager les familles et communautés de la région à accepter pleinement l’éducation, et en particulier celle des filles, en la leur présentant comme un investissement significatif et de grande valeur. Pour Mme Bellamy, c’est aux gouvernements de montrer l’exemple.

Mme Bellamy insistera sur ce message lors de l’inauguration du séminaire régional « Options en matière d’investissements en éducation : s’attaquer à toutes les disparités, y compris celles entre sexes » organisé par l’UNICEF en partenariat avec la Banque mondiale. Ce séminaire se tiendra également au Burkina Faso du 25 au 27 juin. Il présentera aux ministres de l’éducation des 24 pays de la région une analyse des tendances régionales en matière d’investissement et montrera, exemples concrets à l’appui, que pour scolariser un plus grand nombre de filles, les Etats doivent modifier leurs priorités en matière d’investissements et prendre des mesures spécifiques.

Tout en continuant à soutenir tous ses programmes d’éducation, l’UNICEF collabore avec les gouvernements ainsi qu’avec ses partenaires afin d’accroître rapidement ses investissements dans les 25 pays stratégiques où une aide d’urgence est nécessaire pour faire de réels progrès d’ici 2005.

« L’éducation des filles est une affaire de la plus haute urgence dans toute la région, a déclaré Mme Bellamy. Nous ne pouvons attendre passivement alors que des jeunes filles sont privées de leurs droits, de la possibilité de devenir des femmes en bonne santé, des citoyennes plus productives et des mères mieux informées. C’est cela qu’offre l’éducation et nous ne pouvons, en notre âme et conscience, le leur refuser. »

Pourquoi les filles ?

Les filles forment la majorité des quelque 120 millions d’enfants non scolarisés. Une majorité encore plus grande de ceux qui entrent à l’école ne terminent pas leur cinquième année. Les filles, bien plus que les garçons, se voient constamment refuser l’accès à l’école pour toute une série de raisons, la discrimination entre les sexes par exemple, ou le VIH/SIDA ou encore les corvées domestiques dont elles sont chargées, les pratiques traditionnelles, les questions de sécurité ou encore l’absence, dans certaines écoles, d’un environnement physique ou pédagogique adapté.

Les avantages substantiels que procure l’éducation des filles se vérifient de plusieurs manières : les femmes éduquées ont de meilleures chances de se protéger contre le VIH/SIDA et autres maladies, elles ont des grossesses plus faciles, leurs enfants sont en meilleure santé et elles enverront à leur tour leurs enfants à l’école. En donnant une éducation aux filles, on leur enseigne des compétences d’importance vitale, pour elles et leurs futurs enfants. On contribue ainsi à fonder une société plus productive et plus démocratique et des nations dont l’économie progressera de manière plus équitable.

L’UNICEF demande que les nations investissent dans l’éducation des filles car ce secteur représente, pour tous les enfants, l’instrument qui leur permettra de réaliser leur droit à une éducation de base de qualité. En insistant sur la scolarisation des filles, on arrivera à supprimer les obstacles qui empêchent tous les enfants d’aller à l’école.

Pourquoi ces 25 pays ?

La campagne de l’UNICEF « 25 d’ici à 2005 » est une importante initiative visant à éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire de 25 pays d’ici à 2005. La campagne, qui touche 13 pays d’Afrique et six pays d’Asie du Sud, concerne essentiellement des pays où l’éducation des filles est en situation critique et où une aide d’urgence est nécessaire pour atteindre l’Objectif de développement pour le Millénaire visant à la parité entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005.

L’UNICEF travaillera en étroite collaboration avec les gouvernements et avec ses partenaires pour identifier les fillettes non scolarisées. Dans chaque pays, l’UNICEF collaborera avec le gouvernement pour mobiliser de nouvelles ressources, établir un large consensus national sur la nécessité de scolariser les filles, et aider à la rénovation des bâtiments scolaires afin qu’ils soient plus adaptés aux filles.

L’UNICEF a choisi un nombre « gérable » de pays, sélectionnés parce qu’ils répondaient à au moins un des critères suivants : un faible taux de scolarisation des filles, une disparité de plus de 10 % entre les sexes dans les inscriptions à l’école primaire, plus d’un million de filles non scolarisées, le fait que le pays soit inclus dans l’Initiative de la Banque mondiale pour l'accélération de l'éducation pour tous ou qu’il soit touché par une série de crises qui font obstacle à la scolarisation des filles, comme le VIH/SIDA ou la guerre.

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Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :

Margherita Amodeo
Bureau régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et centrale
+221 869 5842, mamodeo@unicef.org

Moumouni Sanogo
UNICEF Burkina Faso
+226 301 465, msanogo@unicef.org

Allison Hickling
UNICEF New York
212 326 7224, ahickling@unicef.org


 

 

 

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