Aptitudes à la vie quotidienne

Le rôle du secteur de l’éducation

Quel est le rôle du secteur de l’éducation dans la bataille contre le VIH/SIDA ?

Le cadre d’action FRESH offre un modèle pour rattacher des interventions spécifiques de lutte contre le VIH/SIDA à des programmes plus généraux de promotion de la santé à l’école. Voir "A FRESH Start to HIV/AIDS Prevention."

Le privilège d’une éducation de base de bonne qualité et d’une éducation sur le SIDA basée sur l’acquisition de connaissances essentielles doit être offert aux garçons comme aux filles.

L’Équipe de travail interinstitutions sur le VIH/SIDA et l’éducation de l’ONUSIDA a ébauché un cadre stratégique pour élaborer un programme élargi de lutte contre le VIH/SIDA dans le secteur de l’éducation.

Lutter contre le VIH/SIDA à travers l’éducation : les stratégies du Brésil, de la Namibie, de la Gambie et des partenaires de l’ONU

Discussion de table ronde à la Session extraordinaire de l’ONU consacrée aux enfants, mai 2002
Modérateur : Riz Khan, CNN International
Participants : Paolo Roberto Teixeira, Coordinateur national responsable des maladies sexuellement transmissibles et du SIDA, Ministère de la Santé, Brésil
Stanley Simataa, Secrétaire permanent adjoint à l’Éducation, Namibie
Anne Therese Ndong-Jatta, Secrétaire d’État à l’éducation, Gambie
Donald Bundy, Premier spécialiste, Santé scolaire et nutrition, Banque mondiale

Le lien entre le SIDA et l’éducation n’a été reconnu que récemment, mais la pandémie de SIDA a été un « élément destructeur pour les systèmes d’éducation », a déclaré M. Donald Bundy du Réseau de développement humain de la Banque mondiale (représentant l’Équipe de travail interinstitutions sur l’Éducation de l’ONUSIDA). La communauté internationale s’est engagée à soutenir l’éducation de base pour tous les garçons et toutes les filles d’ici à 2015, dans le cadre de l’Initiative de l’éducation pour tous (Cadre d’action de Dakar, 2000), mais « le SIDA rend cet effort difficile, si ce n’est impossible. » En revanche, l’éducation nous donne un moyen de faire quelque chose contre le SIDA, a ajouté M. Bundy. La plupart des enfants d’âge scolaire ne sont pas infectés, et l’éducation a un rôle à jouer pour s’assurer qu’ils le restent.

Si un nombre accru de gouvernements adoptent des approches multisectorielles pour lutter contre le VIH/SIDA, certains prennent position sur la question du SIDA dans l’éducation. Riz Khan a invité les représentants du Brésil, de la Gambie et de la Namibie à mettre en commun leurs stratégies et les leçons apprises à ce jour.

Mme Ndong-Jatta de Gambia a avalisé une approche conventionnelle et structurée dans laquelle des informations exactes sont fournies aux jeunes au sein d’un programme exhaustif. Cette initiative est offerte aux élèves gambiens à partir de la 6e année d’école primaire, mais une certaine inhibition de la part des enseignants et des élèves a conduit le gouvernement compléter le programme officiel par un effort plus interactif d’éducation sanitaire pour les pairs. Mme Ndong-Jatta a souligné que l’éducation pour les pairs est la composante la plus importante de la stratégie de la Gambie.

Le Dr Teixeira du Brésil a mis en avant l’importance d’une « politique claire et d’une stratégie cohérente » en matière de lutte contre le VIH/SIDA, assumées au plus haut niveau. La politique du Brésil consiste en partie à fournir gratuitement des traitements antirétroviraux à tous les Brésiliens séropositifs. Le Dr Teixeira a expliqué que la possibilité d’être soigné a redonné l’espoir aux malades et a contribué à réduire la stigmatisation et la peur associées au VIH et au SIDA. Cette stigmatisation pousse les jeunes séropositifs à quitter l’école dans de nombreux pays. Le Dr Teixeira a recommandé que les enseignants et les élèves séropositifs soient traités en priorité pour soutenir le système d’éducation. En matière de prévention, il a signalé que le Brésil promeut des messages sans ambiguïté dans le contexte d’un développement sexuel positif et sain.

M. Simataa de Namibie a reconnu que les écoles sont une arme précieuse dans la lutte contre le VIH/SIDA, mais qu’elles ne fonctionnent pas de manière isolée. Elles existent dans le contexte d’une communauté plus vaste, qui doit être suffisamment ouverte pour encourager les enfants à être informés sur le VIH/SIDA. Les écoles doivent avoir le soutien des institutions religieuses et culturelles de leur communauté. De même, les écoles ne peuvent pas aider les enfants qui courent le plus de risques, y compris les enfants des rues, les jeunes travailleurs sexuels et les orphelins. Le secteur de l’éducation a besoin du soutien d’organisations non gouvernementales pour atteindre ces enfants.

Un membre du public a demandé comment les pays pouvaient maintenir la qualité de leurs systèmes d’éducation malgré l’impact dévastateur du VIH/SIDA sur ces systèmes. Une des conséquences tragiques de la maladie a été la montée de l’absentéisme et la mort des enseignants. La Namibie autorise actuellement les enseignants à nommer des suppléants, mais cela nécessite des ressources supplémentaires. La Banque mondiale estime à un demi milliard de dollars par an le coût associé au recrutement de suppléants et à la distribution d’une aide minimum pour aider les orphelins à rester à l’école. Ce coût s’ajouterait aux investissements réalisés à ce jour.
Le groupe a reconnu que les systèmes d’éducation sont confrontés à deux difficultés complexes et interdépendantes : prévenir le VIH/SIDA et remédier en même temps à ses effets dévastateurs sur les structures d’éducation. Une riche discussion s’est engagée et a conclu à la nécessité de soutenir une approche concertée, qui comprend ce qui suit :

  • Conserver l’élan pour parvenir à l’Éducation pour tous. S’assurer du soutien des écoles et des enseignants, et que tous les garçons et toutes les filles vont à l’école. En particulier, s’assurer que les groupes de plus en plus marginalisés, y compris les enfants orphelins et affectés par le VIH/SIDA, ont accès à l’éducation ;
  • Utiliser le système d’éducation pour dispenser un enseignement préventif sur le VIH/SIDA, dans le cadre de programmes conventionnels et informels adaptés et efficaces ; et
  • Travailler avec l’ensemble de la communauté (chefs religieux, ONG, associations informelles) pour donner aux enfants des valeurs qui les protègeront dès leur plus jeune âge.

De nombreuses difficultés complexes demeurent, notamment la question de la transmission des enseignants aux élèves. Toutefois, M. Bundy a conclu la discussion sur une note optimiste : l’éducation peut jouer un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH/SIDA. « Si nous nous dotons de systèmes d’éducation efficaces, nous pourrons garantir que les enfants non infectés d’aujourd’hui deviennent des adultes non infectés. »

Documents

"Education and HIV/AIDS: A Window of Hope," Banque mondiale, 2002.
[PDF]

‘Child-friendly’ Community Schools approach for Promoting Health, Psychosocial Development, and Resilience in Children and Youth Affected by AIDS
[Word]



 

 

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