Zimbabwe

Près de 100 000 cas de choléra alors que la double catastrophe se poursuit au Zimbabwe

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© UNICEF/NYHQ2008-1306/Tanner
Une fillette porte un récipient rempli d’eau salubre à Budiriro, une banlieue de Harare, la capitale du Zimbabwe. C’est l’UNICEF qui a fourni l’eau.

HARARE, Zimbabwe, 3 juin 2009 - Les habitants du Zimbabwe continuent d'affronter la pire flambée de choléra que l'Afrique ait connue depuis 15 ans. D'après un nouveau rapport de la Croix-Rouge, on a signalé près de 100 000 cas de choléra partout dans le pays et plus de 4000 personnes en sont mortes.

La spécialiste de la communication de l’UNICEF au Zimbabwe, Tsitsi Singizi affirme que l’épidémie, qui dure depuis 10 mois, a pour cause l’effondrement de deux pans de l’infrastructure du pays : les services sociaux et les soins de santé.

« L’année dernière, nous avons assisté à l’effondrement quasi-total des services sociaux de base, » explique Mme Singizi, « les services municipaux ne dispensaient plus d’eau salubre et ils ne ramassaient plus les ordures. »

« Le système de soins de santé s’est aussi effondré, ce qui fait que si vous étiez atteint du choléra et que vous alliez dans une clinique, personne ne s’occupait de vous. »

La saison des pluies aggrave la situation.

Faute d’une réorganisation de fond en comble de l’infrastructure sanitaire et sociale du Zimbabwe, les crises comme la flambée actuelle de choléra se multiplieront.

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Des ouvriers réparent une pompe à main au Zimbabwe. L’UNICEF participe à l’installation et à la réparation de pompes à main et de trous de sonde pour enrayer la propagation du choléra.

Mme Singizi craint que la prochaine saison des pluies ne se traduise par une augmentation du nombre de cas.

« On aura peut-être une nouvelle augmentation du nombre de cas une fois que les premières pluies seront tombées, » dit-elle, « parce que le choléra est une maladie d’origine hydrique et que l’eau contaminée coulera vers des sources à ciel ouvert et que les gens boiront de l’eau de puits non protégés. »

« Donc, avant que ça se termine, ça va recommencer. »

Manquer l’école, une productivité en baisse

Même ceux qui réussissent à ne pas tomber malades sont affectés par la crise. Les enfants manquent l’école ou ne peuvent pas faire leurs devoirs parce qu’ils doivent aller chercher de l’eau salubre. 

Il n’est pas rare de voir des enfants transporter des seaux d’eau de 2  litres sur plusieurs kilomètres dans les zones urbaines ces jours-ci, constate Mme Singizi.  Les mères aussi sont affectées. 

« En ce qui concerne le temps passé à faire des choses productives, c’est très limité pour une mère qui s’occupe d’un foyer, » ajoute Mme Singizi. « Elles passent leur temps à chercher de l’eau salubre. »

Trous de sonde, éducation à l’hygiène

En ce moment, le nombre de cas est en train de baisser, ce qui permet à l’UNICEF de se concentrer sur la façon d’éviter une nouvelle flambée. Avec ses partenaires, l’UNICEF a creusé plus de 140 trous de sonde dans les zones touchées par le choléra.

« Nous avons fait quelque chose qui devrait permettre d’améliorer la situation à moyen et long terme, » dit Mme Singizi. 

« Nous avons beaucoup travaillé sur l’éducation à l’hygiène, pour éviter que ces communautés ne subissent de nouvelles flambées. »


 

 

Audio (en anglais)

La spécialiste de la communication de l’UNICEF au Zimbabwe Tsitsi Singizi évoque la crise actuelle du choléra.
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