Zimbabwe

Alors que le Zimbabwe est aux prises avec une inflation galopante, l’UNICEF lutte contre la malnutrition

Image de l'UNICEF: Zimbabwe
© UNICEF Zimbabwe/2008
Appreciate, 2 ans, et sa mère Revai Ndoro à l’hôpital central d’Harare où l’enfant a été diagnostiqué avec un syndrome de malnutrition sévère, le « kwashiorkor ».

Par Tapuwa Mutseyekwa & Tsitsi Singizi

HARARE, Zimbabwe, 28 octobre 2008 – Appreciate, deux ans, est allongé dans un lit de l’hôpital central d’Harare. Pesant seulement un peu moins de dix kilos, il présente de nombreux signes de malnutrition : un estomac gonflé, la peau squameuse et crevassée, les yeux renfoncés.

Heureusement sa mère, Revai Noro, a su se rendre compte rapidement du danger qu’il courait et l’a emmené à l’hôpital. Il a été aussitôt admis au centre d’alimentation thérapeutique où il a été diagnostiqué avec le « kwashiorkor »,  un syndrome  caractérisé par des transformations de la peau et de la chevelure ainsi que des œdèmes.

« Il ne grandit plus du tout, » affirme sa mère. « Au cours des trois derniers jours, il est resté alité, gémissant de douleur et respirant avec difficulté. »

Centres d’alimentation thérapeutique

L’hôpital central d’Harare est l’un des quelque soixante centres d’alimentation thérapeutique qui, au Zimbabwe, reçoivent l’aide de l’UNICEF. Chaque jour, une quinzaine d’enfants sont admis à l’hôpital pour malnutrition sévère.

On estime qu’au Zimbabwe,  50 000 enfants souffrent d’insuffisance pondérale grave.

Avec l’aide de l’UNICEF, le centre a su répondre à l’arrivée massive de patients se présentant principalement avec des symptômes de kwashiorkor ou d’émaciation grave, appelée  du nom de « marasme ».

Traitement de la malnutrition sévère

Au centre, le traitement de la malnutrition débute par un examen du patient et une pesée. Pour les cas graves, un lait thérapeutique, le « F75 », est administré à l’enfant toutes les trois heures.

Avec l’aide du F75, les enfants sous-alimentés peuvent reprendre environ deux kilos en trois à quatre jours, stade à partir duquel ils sont souvent capables de retourner chez eux.

D’autres enfants regagnent leur foyer avec un approvisionnement de deux semaines en Plumpy’nut, une pâte nutritionnelle prête à la consommation.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Zimbabwe/2008/ Pirrozzi
Melissa Jambo est atteinte d’une forme grave de malnutrition. Elle est actuellement en cours de rétablissement grâce au Plumpy’nut, une pâte nutritionnelle prête à la consommation.

Le centre offre aussi des cours quotidiens sur la nutrition et l’hygiène ainsi que sur les divers soins à apporter aux enfants  à l’attention de leurs parents ou de ceux qui en ont la charge pour leur permettre de continuer à s’épanouir. 

Soutien en faveur d’un meilleur traitement

Depuis 2002, l’UNICEF apporte son soutien à de meilleures méthodes de traitement de la malnutrition dans les hôpitaux du Zimbabwe afin de réduire la mortalité infantile.  

« La malnutrition peut être traitée en prenant des mesures très simples et très économiques, » affirme le Représentant de l’UNICEF au Zimbabwe Roeland Monasch. « Malheureusement, de nombreux enfants meurent car ils ne sont pas traités comme il le faut.  Ces décès sont inacceptables. À l’UNICEF, nous nous efforçons d’inverser cette tendance. »

Les trois journées passées au centre d’alimentation thérapeutique ont sauvé la vie d’Appreciate. Malheureusement, ni la mère ni le père n’ont un emploi.  Trouver de quoi nourrir l’enfant et veiller à ce qu’il poursuivre son rétablissement reste une gageure.

Le début de la « saison de la faim »

Alors que le Zimbabwe va se trouver au plus haut de la « saison de la faim », le risque d’une crise provoquée par la malnutrition ne semble pas éloigné – une perspective redoutable pour les enfants d’un pays déjà plongé dans une grave crise humanitaire. Avec une inflation galopante et une pénurie continuelle de produits alimentaires de base, on remarque de plus en plus de cas de malnutrition au Zimbabwe chez les enfants de six  mois à douze ans. 

« Les enfants du Zimbabwe affrontent un risque élevé de malnutrition, en plus des défis colossaux auxquels ils sont déjà confrontés chaque jour, » affirme Roeland Monasch. « Leurs familles essaient de les nourrir mais la situation est grave ».

Cette semaine, le Secrétaire général Ban Ki-moon a réitéré la volonté de l’ONU de soutenir le Zimbabwe tout au long de son difficile processus de transition et de collaborer avec les responsables politiques régionaux et la communauté internationale pour apporter une aide immédiate à sa population et remédier à ses difficultés.

« Les enfants du Zimbabwe méritent mieux. Ils méritent d’aller à l’école, de boire de l’eau potable, d’avoir accès à des soins de santé de qualité et d’aller au lit sans avoir faim, » déclare Roeland Monasch. « Faute d’assistance humanitaire, la destinée de ces enfants restera largement inchangée. »


 

 

Vidéo (en anglais)


Werner Schultink,  Chef de la section Nutrition de l’UNICEF, s’entretient de la malnutrition chez les enfants du Zimbabwe.
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