Zimbabwe

Au Zimbabwe, un programme d’approvisionnement en eau salubre allège le fardeau des enfants victimes du SIDA

Image de l'UNICEF
© UNICEF Zimbabwe/2007/Singizi
Nomagugu Ncube, 19 ans (à l’extrême droite) en compagnie de frères, soeurs et cousins.

Par Tsitsi Singizi

BULILIMA-MANGWE, Zimbabwe, 25 avril 2007 – Enfant, Nomagugu Ncube avait un rêve. Elle voulait devenir couturière de mode et faire paraître les gens à la fois décontractés et superbes. Mais depuis que sa sœur et sa mère sont tombées malades à cause du virus VIH, elle a dû remettre ses rêves à plus tard. 

Depuis les deux dernières années, Nomagugu, aujourd’hui 19 ans, s’occupe de sa mère malade et remplit le rôle de chef de famille, élevant elle-même ses quatre jeunes frères et soeurs ainsi que trois cousins et cousines orphelins.

Au Zimbabwe, un pays ravagé par le VIH et le SIDA, se trouver contre son gré en charge d’une famille est une contrainte qui, pour les jeunes,  se répète constamment. Un adulte sur cinq est séropositif et plus d’un enfant sur quatre a perdu un ou deux parents à cause du SIDA.

Quelques changements positifs

En plein milieu de cette crise, le Zimbabwe reste affaibli par des tensions politique et la détérioration de son économie, qui s’est contractée de moitié au cours des cinq dernières années. Les prix augmentent de plus de 30% par mois et le pays vient juste de déclarer officiellement que 2007 serait une « année de sécheresse».

Néanmoins, Nomagugu tend à se concentrer sur sa chance et non sur ses épreuves personnelles.

«J’ai beaucoup de chance, affirme-t-elle. J’avais l’habitude de me déplacer à pied pendant de longues heures juste pour aller chercher l’eau qu’il fallait pour laver ma mère malade et mes frères et sœurs. Il n’y avait pas de toilettes à proximité que ma mère puisse utiliser et mes frères et sœurs avaient cessé de fréquenter l’école parce que nous n’avions pas les moyens de payer les frais de scolarité. Les choses ont changé. Nous avons un puits à proximité, nous avons nos propres toilettes à la maison et, surtout, mes frères et sœurs sont retournés à l’école.»

Eau salubre et installations sanitaires

Nomagugu et sa famille sont les bénéficiaires d’un programme d’approvisionnement en eau mis conjointement en place par des pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et l’Union européenne. Unique en son genre, il a pour but d’aider les enfants et les adultes victimes du SIDA. Le programme est géré par l’UNICEF et cherche à pourvoir les communautés rurales du Zimbabwe en eau salubre et en installations sanitaires.

L’an dernier, l’Union européenne a fait un don de 3,7 millions d’euros (environ 4,7 millions de dollars) à l’UNICEF pour qu’il puisse procurer à 500 000 Zimbabwéens de meilleures installations.

« L’Union européenne s’est engagée à apporter son aide au travail qui est actuellement effectué par les communautés rurales du Zimbabwe aujourd’hui aux prises avec des problèmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène provoqués par l’épidémie de SIDA », a déclaré le chef de la délégation de la Commission Européenne, l’Ambassadeur Xavier Marchal.

Aujourd’hui, les foyers qui sont le plus durement touchés par le virus VIH et dans lesquels vivent un grand nombre d’enfants orphelins et vulnérables reçoivent des latrines à fosse simple, une aide pour la construction de puits et des bourses scolaires.

Un combat pour subvenir aux besoins de sa famille

« Nos efforts sont inspirés par le désir de soutenir les foyers et les communautés, en particulier les orphelins et les autres enfants vulnérables qui ont été les plus touchés par l’épidémie de VIH-SIDA, », déclare le Dr Festo Kavishe, Représentant de l’UNICEF au Zimbabwe. Les obstacles que présente le VIH-SIDA en matière d’hygiène sont énormes. Si nous voulons permettre aux enfants et aux familles de rester en bonne santé, nous devons les protéger en mettant en place des programmes de cette envergure.» 

Bien sûr, le programme d’approvisionnement en eau ne résout pas tous les problèmes de Nomagugu. Elle doit toujours se battre pour subvenir aux besoins de sa famille mais elle est la première à reconnaître que le fardeau s’est un peu allégé.

« L’eau et les installations sanitaires signifient pour moi que je peux employer mon temps à faire d’autres choses pour ma famille, explique-t-elle. Avant, je passais six heures par jours à simplement chercher de l’eau. Aujourd’hui, ma mère est malade mais elle est toujours propre. Mes frères et mes sœurs sont en bien meilleure santé. Et j’ai même commencé à faire un petit potager pour gagner un peu d’argent. »


 


 

 

Partenariat UNICEF-Union européenne

Campagne contre le SIDA

  Ce site est uniquement disponible en anglais.
Recherche