Zambie

Une expédition sans précédent pour combattre le paludisme dans six pays le long du fleuve Zambèze

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Des bateaux pneumatiques descendent le Zambèze, amenant les membres de l’expédition qui apportent des moustiquaires et un message, « mieux vaut prévenir que guérir ».

Par Richard Lee

FLEUVE ZAMBÈZE, Zambie, 24 avril 2008 – Les dix enfants de Patricia Mobuku ont de la chance d’être en vie. Ils habitent très près du fleuve Zambèze, et ils ont toujours été la proie du paludisme. Heureusement pour eux, leur village n’est qu’à une petite course en canot, de l’autre côté de la rivière, du dispensaire local et des médicaments nécessaires à la survie qu’il fournit.

Mais Mme Mobuku, 45 ans, est hantée par la crainte de voir la chance tourner, et que l’un de ses enfants ayant une infection paludéenne ne puisse être traité à temps. C’est pour cette raison qu’elle a mis ses trois plus jeunes enfants dans un canot et bravé le fleuve en crue – en espérant que les rumeurs étaient vraies et qu’il y avait bien des bateaux chargés de moustiquaires imprégnées d’insecticide.

« Il y a beaucoup de paludisme dans notre village car les moustiques, qui vivent et se multiplient au bord du fleuve, sont nombreux », a expliqué Mme Mobuku. « Une moustiquaire sera très utile : elle va protéger mes plus jeunes enfants. »

Une expédition extraordinaire

Les rumeurs parvenues jusqu’à Mme Mobuku ont été bientôt confirmées par le grondement des moteurs de quatre petits bateaux pneumatiques qui fonçaient dans le courant avant d’atteindre la rive et de mouiller près des de canots de la communauté. Les membres d’une expédition extraordinaire ont débarqué des canots, porteurs d’un message séculaire: mieux vaut prévenir que guérir.

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Des moustiquaires imprégnées d’insecticide sont accrochées dans un dispensaire afin d’empêcher de nouvelles infections paludéennes.

Bénéficiant de l’appui de la campagne Faire reculer le paludisme et de l’aide d’ONG et d’entreprises privées, l’expédition Zambèze a pour but de parcourir sur l'eau la totalité des 2500 km du fleuve le plus long d’Afrique australe.

C’est la première fois qu’on ait tenté un tel voyage en bateau.

En chemin, l’expédition va fournir des moustiquaires à des villages victimes des ravages du paludisme en Angola, en Namibie, au Botswana, en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique. L’équipe va également contribuer à focaliser l’attention sur la maladie – qui reste, le long du fleuve, le principal facteur de mortalité chez les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

« Nous essayons de profiter de cette véritable artère de l’Afrique australe pour protéger tous ceux qui vivent sous la menace du paludisme », a déclaré l’un des organisateurs de l’expédition, Helge Bendl. « Le Zambèze réunit six pays, et en descendant ce fleuve, en mettant l’accent sur les défis et les succès dans la lutte contre le paludisme, nous espérons jouer un rôle dans l’élargissement de la lutte contre cette maladie. »

Une approche axée sur les résultats

Un consensus clair sur la façon de combattre le paludisme est en train de voir le jour. Il se fonde sur une approche ambitieuse à trois volets, prévoyant des moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée, la vaporisation d’insecticides dans les lieux couverts et un meilleur accès à des combinaisons de médicaments efficaces.

Il est en outre nécessaire que les pays coopèrent plus étroitement afin d’améliorer les liaisons transfrontières entre leurs programmes respectifs contre le paludisme. Comme l’indique le thème de cette année de la Journée mondiale contre le paludisme du 25 avril, il s’agit d’une « maladie sans frontières ».

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Une petite fille sourit alors qu’on lui remet une moustiquaire nécessaire à la survie, fournie en partie grâce à la campagne Faire reculer le paludisme.

Cinq des pays riverains du Zambèze ont à présent réuni leurs forces afin d’élaborer une stratégie commune pour s’efforcer de diminuer de 50 pour cent la mortalité totale due au paludisme dans les communautés du bord de fleuve.

« L’objectif n’est pas de fournir des moustiquaires à des millions de personnes car c’est un projet qui vise essentiellement à sensibiliser les gens. Et c’est ce qui fait la différence, » a dit M. Bendl. « Les riverains comprennent que le fleuve les réunit. Les Angolais pouvaient penser que les Mozambicains n’avaient pas le même problème qu’eux, mais ils l’ont, car tous souffrent du paludisme. »

« Une moustiquaire à la fois »

Cette semaine, les Ministres africains de la santé se réunissent près des Chutes Victoria – le site le plus spectaculaire sur le Zambèze – pour définir la meilleure façon d’aller de l’avant.

L’amélioration du traitement sera fondamentale mais il y a toujours des préoccupations concernant la disponibilité régulière des médicaments, notamment dans les régions particulièrement pauvres et inaccessibles.

« Il est parfois difficile à des personnes de zones isolées d’aller dans un dispensaire afin de se procurer des médicaments antipaludéens », a dit le Directeur de la santé du district zambien du Sesheke du sud, Sindele Kyanamina. « Et parfois les dispensaires n’ont pas les médicaments. »

C’est la raison pour laquelle l’expédition et les pays touchés, ainsi que des organisations telles que l’UNICEF, insistent tellement sur la prévention et la lutte contre le paludisme « une moustiquaire à la fois ».

Et c’est aussi pourquoi – ayant vu l’équipe partir à toute allure pour venir en aide à d’autres communautés situées plus loin en aval – Patricia a souri en rentrant chez elle, sa moustiquaire soigneusement rangée dans le canot. Elle sait que dorénavant ses trois plus jeunes enfants seront bien plus en sécurité pendant leur sommeil.


 

 

Vidéo (en anglais)

18 avril 2008 :
Richard Lee, correspondant de l’UNICEF, décrit l’expédition sur le Zambèze afin de lutter contre le paludisme dans six pays où cette maladie est très répandue.

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