En bref: Yémen

Une école de village surchargée par l’arrivée d’élèves déplacés par le conflit au nord du Yémen

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© UNICEF Yémen/2010/Sethna
Abdullah Rozoom est le directeur de l'école Yarmouk dans le village Al-Mazrak, au nord-ouest du Yémen. L'école a accepté plus de 1800 élèves déplacés par le conflit ces quelque derniers mois

Par Zahra Sethna

HARADH, Yémen, le 17 février 2010 - Il y a juste quelques mois, l'école Yarmouk au coeur d'Al-Mazrak, un village au nord-ouest du Yémen comptait moins de 200 élèves. Maintenant il y en a plus de 2000.

L'afflux soudain a commencé en août dernier, au moment où les combats entre les forces gouvernementales yéménites et rebelles ont obligé des dizaines de milliers de familles à fuir leurs maisons pour s’abriter dans cette zone désertique près de la frontière avec l'Arabie saoudite.

Abdullah Rozoom, 34 ans, est le directeur d'Yarmouk depuis  ans. Avant la crise, ses problèmes à l'école se limitaient à surveiller les enfants chahuteurs pendant les temps de pause.  Maintenant, l'éducateur à la voix douce doit gérer des problèmes qu'il n'a jamais imaginés.

Environ 70 pour cent des élèves à l'école sont en première année et la plupart d'entre eux vont à l'école pour la première fois. Les enfants déplacés viennent de familles qui ont précédemment vécu dans des régions privées d’accès à des services publics.

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Une élève à l'école Yarmouk de Al-Mazrak, au Yémen montre un devoir terminé. La plupart des élèves à l'école viennent de familles déplacées par le conflit et beaucoup d'entre eux n'ont jamais été à l'école.

Fournitures scolaires et services
Trois camps ont été fondés dans le secteur Al-Mazrak pour fournir à plus de 23 000 personnes déplacées un abri, de la nourriture, de l'eau et des moyens d'assainissement. On fournit aussi des services à 70 000 autres personnes dispersées à l'extérieur des camps. Et ces chiffres pourraient bien être sous-estimés, car le nombre de familles déplacées dans le secteur continue d’augmenter.

L’UNICEF fait partie de plusieurs organisations internationales apportant assistance et soutien  à ces familles fragilisées.

À l'école Yarmouk, l'UNICEF a fourni des tentes et des fournitures scolaires, a distribué des cartables aux élèves, a assuré l’approvisionnement en eau potable, apporté des conteneurs d'ordures et a aidé à la construction de latrines. L'institution a aussi fourni des bureaux et des ordinateurs au personnel scolaire et a aidé à la formation des enseignants.

Dans des situations d’urgence comme celle à laquelle le Yémen est maintenant confronté, les écoles sont d'une importance critique pour le bien-être des enfants affectés. Outre qu’elles répondent aux besoins de base des élèves et qu’elles assurent leur droit à l'éducation, les écoles fournissent des espaces sûrs pour ces enfants, où ils sont protégés de la violence ou de l'exploitation sexuelle. Les écoles créent aussi un environnement propice à la guérison psychologique et affective des enfants en détresse.

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Un enseignant et des élèves sous une tente servant de salle de classe offerte par l’UNICEF pour enfants déplacés par le conflit au nord-ouest du Yémen.

 « Cette école a besoin de moi »
Pour améliorer la situation des enfants déplacés dans Al-Mazrak, l'UNICEF a soutenu le recrutement de huit nouveaux enseignants pour l'école Yarmouk - cinq hommes et trois femmes – au sein des populations déplacées et locales.

« Nous estimons qu'ils comprennent la situation mieux que n’importe qui d'autre, » explique Tawfiq Radman, coordinateur de l’Éducation pour l’UNICEF au Yémen.

Diriger une équipe enseignante encore plus grosse, c’est un nouveau défi que M. Rozom, le directeur de Yarmouk, doit relever. Bien qu'il y ait des jours où il a la nostalgie de l’époque plus tranquille d’avant, il reste motivé et affirme que la situation difficile l’a aidé à améliorer ses compétences de gestion. Et en dépit des difficultés, il ne compte pas partir maintenant.

« C'est ma communauté, » affirme Mr Rozoom, « et cette école a besoin de moi. »


 

 

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