En bref : Viet Nam

L'initiative de prévention des traumatismes de l'UNICEF protège la vie des enfants au Viet Nam

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© UNICEF Viet Nam/2011/Huong
Hao, 4 ans, vit dans une maison « sécurisée » dans la commune de Truong Lac, au Viet Nam. « Si je vais sur la route, je risque de me faire renverser par une voiture », explique-t-il.

Par Nguyen Thi Thanh Huong

CAN THO, Viet Nam, 10 mai 2011 – Les avancées économiques et sociales au Viet Nam ont modifié la vie des habitants de la commune de Truong Lac, dans la province de Can Tho. Désormais, les routes sont pleines de camions, de voitures et de motos. Les enfants se retrouvent donc exposés à des risques croissants.

Les traumatismes chez les enfants constituent une préoccupation de plus en plus importante en matière de santé publique au Viet Nam. Plus de 7000 enfants et jeunes de moins de 19 ans sont décédés de traumatismes évitables en 2008, selon le ministère de la Santé du Viet Nam, soit 38 pour cent du nombre total de décès pour cette tranche d’âge.

Des améliorations en faveur des enfants

Le Thi Cam Hong et sa famille vivent dans une maison au bord de la route à Truong Lac. Elle veille sur ses petits-fils Hao, 4 ans, et Hon, 2 ans, pendant que leurs parents travaillent aux champs.

Ce n’est pas une mince affaire. « S’ils sortent de la maison, la porte de devant donne directement sur la route, et celle de derrière sur la rivière », explique Mme Hong. « Je ne peux pas promettre de garder en permanence un oeil sur eux, il suffit d’un moment d’inattention, même pendant une seconde, pour qu’ils se retrouvent exposés à un véritable risque d’accident ».

Heureusement, il est moins risqué et angoissant de les surveiller qu’avant. En 2003, Can Tho a fait partie des six provinces où l’UNICEF a instauré les meilleures pratiques dans le cadre de la sécurisation des maisons, des écoles et des communautés.

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Les jarres d’eau sont couvertes afin d’assurer la sécurité des enfants dans la maison récemment construite de Nguyen Thi Dut, dans la commune de Truong Lac, au Viet Nam.

La plupart des maisons de la commune de Truong Lac ont depuis été sécurisées pour les enfants. Mme Hong avait entendu parler des maisons sécurisées pour la première fois il y a quatreans, lors de la visite d’un bénévole de la commune, M. Vien, qui avait signalé les risques que présentait leur maison. Il leur avait également montré les modifications qu’ils pouvaient apporter, à l’aide d’un livret facile à comprendre.

Pour sécuriser leur maison, ils ont installé des barrières en bambou à l’avant et à l’arrière de l’enceinte. Une autre barrière placée devant la cuisine permet d’éloigner les garçons du feu, de l’eau chaude et des couteaux. Les prises électriques, les médicaments et les thermos ont également été retirés de leur portée.

« Ça a été assez facile et économique. Nous avons pu faire la plupart des modifications nous-même  », explique Mme Hong. Les deux petits garçons adorent faire la course à vélo à l’intérieur de la zone définie par les barrières. Ils comprennent l’importance de ne pas s’éloigner de la maison. « C’est bien de faire du vélo dans la maison, il y a assez de place ici », explique Hao. « Si je vais sur la route, je risque de me faire renverser par une voiture ».

La sécurité à l’école

Non loin de la maison de Mme Hong se trouve la maison de la famille de Nguyen Thi  Dut, construite récemment. « Quand nous avons décidé de construire cette maison, tout le monde nous a répété de penser à la sécurité des enfants ici », explique Nguyen Thi Dut. « Plusieurs voisins nous ont immédiatement demandé si nous allions poser une barrière, avant même d’avoir eu le temps de l’installer ».

Nhan Pham Hoang Hiep, élève de troisième au collège local de Ngo Quyen, est membre d’une équipe de communication. Cette équipe pour la sécurité de l’enfant prend la parole lors de cérémonies ou réunions scolaires, et organise des discussions de groupe et des concours pour la prévention des traumatismes chez les enfants.

Nhan guette également les actualités sur ce sujet dans les médias locaux et sur Internet pour en parler avec ses amis. « Ils connaissent tous les risques mais certains sous-estiment les conséquences », explique-t-elle. « Je pense que pour eux, les histoires concrètes et les images des médias sont plus convaincantes ».

L’école de Ngo Quyen est reconnue comme sécurisée pour les enfants. En plus des améliorations apportées au bâtiment, l’école a mis en place un plan de prévention des traumatismes, qui passe par la formation des professeurs, l’intégration de la prévention des traumatismes des enfants aux leçons, ainsi que d’autres activités de communication et de suivi.

« Les élèves sont très influencés par leurs camarades. En encourageant les élèves à adopter de meilleurs comportements en matière de sécurité, Nhan et son équipe de communication jouent un rôle très utile », explique le directeur de l’école Tran Van Duong.

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Nhan Pham Hoang Hiep fait partie d’une équipe pour la sécurité des enfants gérée par des élèves à l’école Ngo Quyen, dans la commune de Truong Lac. Cette équipe sensibilise les autres enfants à la prévention des traumatismes.

Le développement du programme

Une liste récapitulative pour la sécurité a été développée lors du programme pilote avec les membres de la commune. Elle est essentielle à la réussite durable du programme. Les maisons, les écoles et les communautés qui répondent à ses exigences sont déclarées sécurisées pour les enfants.

« Cette liste est très utile. Je l’utilise pour vérifier la situation en matière de sécurité de toutes les familles à qui je rends visite. Je leur donne aussi de quoi faire la vérification eux-mêmes », explique M. Vien.

L’UNICEF a piloté des modèles pour la prévention des traumatismes chez les enfants dans 12 communes de la province de Can Tho en 2008. Depuis, le département de la Santé de la province a pris en charge et poursuivi le programme.

« Cela montre que les modèles sont efficaces », affirme la responsable de l’UNICEF au Viet Nam, Lotta Sylwander. « Nous espérons que l’initiative sera étendue à d’autres provinces du Viet Nam, pour que davantage d’enfants puissent grandir et s’épanouir sans être exposés aux traumatismes ».


 

 

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