En bref : Viet Nam

Au Viet Nam, le modèle de la « maison sans danger pour les enfants » aide à réduire le nombre d’enfants victimes de noyade

Image de l'UNICEF
© UNICEF Vietnam/2008/Huong
Pour gagner leur vie, Nguyen Thi Chung et son mari fabriquent des paniers; ils ont récemment aménagé leur maison pour éliminer les dangers qu’elle présentait pour leurs enfants.

Par Nguyen Thi Thanh Huong

Le 10 décembre, l’OMS et l’UNICEF présenteront le premier Rapport mondial sur la prévention des traumatismes chez les enfants, ainsi que la brochure conçue pour les enfants qui l’accompagne et qui offre à ceux-ci des suggestions pour se protéger contre les blessures accidentelles.

PROVINCE DE DONG THAP, Viet Nam, 5 décembre 2008 – Chaque jour au Viet Nam, dix enfants meurent noyés, c’est dans ce pays la première cause de décès accidentel chez les enfants de plus d’un an. Rien que dans la seule province de Dong Thap, 202 enfants sont morts noyés en 2005 et 2006.

Nguyen Thi Chung et sa famille vivent dans le village de Long Thanh, au cœur du delta du Mékong, dans une maison très simple au bord d’une petite rivière. Chung et son mari gagnent modestement leur vie en fabriquant des paniers en bambou qu’ils vendent sur le marché local. Ils travaillent habituellement dans la cour devant leur maison de façon à pouvoir garder un œil sur leurs enfants qui jouent à proximité.

Il y a deux ans, Chung a failli perdre sa fille cadette qui s’était aventurée hors de la cour et était tombée dans la rivière. Elle a été sauvée à temps, mais depuis, le cours d’eau fait peur à Chung.

« Des maisons sans danger pour les enfants » 

Après cet accident, Chung et son mari ont aménagé leur maison de façon à la rendre plus sûre pour leurs enfants.

« Nous aurions dû le faire avant. Nous étions trop occupés à faire des paniers. Nous devons travailler dur pour pouvoir nourrir nos enfants. Mais je comprends bien que notre négligence a failli coûter la vie à ma fille », déclare Chung.

De solides clôtures en bambou ont été érigées autour de la maison pour empêcher les enfants d’aller à la rivière ou sur la route – un nouveau portail a été installé, les trous qui parsemaient le jardin comblés et les jarres d’eau recouvertes. Couteaux, prises et rallonges électriques, médicaments et les bouteilles isothermes ont été placés hors de la portée des enfants.

« Faire de notre maison un endroit sans danger pour les enfants n’est pas une chose très difficile et ça ne revient pas cher. Il faut seulement un peu plus de réflexion et d’attention, et nos enfants méritent toute cette attention », ajoute le mari de Chung.

Le modèle de maison sans danger pour les enfants, qui est promu par l’UNICEF au Viet Nam dans le cadre du programme de prévention des blessures accidentelles chez les enfants, a été appliqué dans 72 villages des provinces qui connaissent les taux de blessures chez les enfants les plus élevés. Les familles reçoivent à domicile des informations sur les moyens de prévenir les blessures accidentelles les plus courantes dont leurs enfants risquent d’être victimes à la maison et aux alentours. Ils reçoivent également un soutien et des conseils sur la manière d’aménager leur maison et l’environnement où elle se trouve pour les rendre plus sûrs pour les enfants.

Les familles qui ont satisfait aux 17 conditions destinées à éliminer les dangers de blessure pour les enfants sont reconnues comme ayant une « maison sans danger pour les enfants ». L’UNICEF soutient également des programmes « école sans danger pour les enfants » et « communauté sans danger pour les enfants », qui contribuent à renforcer la sécurité des enfants dans tous les environnements.

« Nous apprécions le soutien que l’UNICEF apporte à la protection des enfants contre les blessures accidentelles. Les modèles d’environnement sans danger pour les enfants se sont révélés efficaces », déclare Huynh Thien Si qui travaille pour les services de santé provinciaux de Dong Thap. « Dans les zones où ces programmes sont appliqués, ils ont considérablement réduit au niveau général le nombre d’enfants qui sont victimes de blessures, et plus particulièrement celui des victimes de noyade. Nous voulons, au cours des prochaines années, reproduire ces modèles dans toute la province. »

Protéger les enfants des décès liés aux blessures accidentelles

Au Viet Nam, les blessures accidentelles sont la cause principale de décès chez les enfants de plus d’un an. Les causes des accidents à l’origine de ces blessures sont multiples, on peut y inclure le manque de sensibilisation, de connaissances et de compétences de prévention concernant ces blessures, des infrastructures médiocres, des environnements dangereux et des lois et règlements sur la sécurité peu appliqués.

L’UNICEF apporte son appui aux efforts déployés par le Gouvernement vietnamien pour enrayer l’épidémie de blessures accidentelles qui s’étend depuis 2003. Ce programme a pour objectif de réduire la fréquence des blessures et leurs conséquences pour la santé et le bien-être des enfants et des adolescents vietnamiens

« Le nombre élevé de décès résultant de blessures accidentelles compromet les bons résultats que le Viet Nam a obtenu au cours des dernières décennies dans l’amélioration des taux de survie chez les enfants », explique Jesper Morch, le Représentant de l’UNICEF au Viet Nam. « En soutenant l’action du gouvernement pour réduire chez les enfants le nombre de décès causés par des blessures, nous voulons protéger ces résultats et contribuer à ce que tous les enfants puissent grandir et se développer dans un environnement sûr et sans danger ».


 

 

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