En bref : Viet Nam

Protéger les jeunes femmes contre la traite au Viet Nam

Image de l'UNICEF
© UNICEF Viet Nam/2006
Nguyen Thi Phuong avait été victime de la traite des êtres humains à la frontière entre le Viet Nam et la Chine. La voici chez elle avec son petit garçon.

Par Steve Nettleton

LANG SON, Viet Nam, 7 décembre 2006 – Nguyen Thi Phuong adore son nouveau rôle de mère. À 45 ans, elle dépasse en âge la plupart des mères vietnamiennes qui élèvent leur premier enfant, mais cela n’a guère d’importance. Elle est heureuse d’avoir sa propre famille, à présent qu’elle n’est plus prisonnière dans une autre famille.

En 1991,  Phuong a été attirée à la frontière par des trafiquants et emmenée en Chine contre son gré, jusque dans la maison d’une petite ville où on l’a vendue pour devenir la femme d’un homme plus âgé qu’elle.

« J’ignorais son âge et où je me trouvais », a-t-elle déclaré. « Je n’étais plus libre. Partout où j’allais, je devais être avec sa famille ou alors j’étais enfermée dans une pièce. Il fallait que je travaille dur. Ils ne me permettaient pas d’arrêter de travailler lorsque j’étais fatiguée ou malade ».

Des années de captivité

La captivité de Phuong a duré plus de deux ans. Puis, une nuit, la famille a oublié de l’enfermer à clé. Elle s’est enfuie et elle a pu retrouver son chemin pour passer la frontière et rentrer au Viet Nam.

Elle figure parmi les dizaines de milliers de femmes vietnamiennes qui sont l’objet de la traite vers la Chine et le Cambodge voisins, ou plus loin vers Taïwan Province de Chine, la Thaïlande et la Corée du Sud. Beaucoup de ces femmes sont forcées à se marier ou exploitées dans l’industrie du sexe, alors que d’autres ont une activité servile, à des fins domestiques ou de production.

L’UNICEF, en coopération avec les gouvernements du Viet Nam et de Chine dans le cadre d’un programme commun, s’efforce de sévir contre la traite des femmes et des enfants.

Une démarche axée sur la communauté

« Nous nous sommes efforcés, en analysant la réglementation et la politique suivie, de recommander concrètement au gouvernement la meilleure façon de protéger les victimes de la traite », a dit Lo Hong Loan, responsable de la protection de l’enfance à l’UNICEF.

Pour ce problème, l’UNICEF apporte également son appui à une démarche axée sur la communauté, avec en particulier la création de clubs de femmes apportant un réconfort à d’anciennes victimes de la traite et insistant sur la prévention, afin d’empêcher que de nouveaux cas se produisent. Le Cao Loc Women’s Union (l’Union des femmes Cao Loc) est l’un de ces clubs.

« Il y a parmi nous de nombreuses femmes qui ont été victimes de la traite », a dit la présidente du club Cao Loc. « Tout comme nous, elles se préoccupent de la situation de celles –un bon nombre – qui se trouvent encore en Chine. Nous allons en outre chez ces femmes qui sont de retour, nous parlons à leurs familles et les encourageons, de telle sorte qu’elles se sentent mieux intégrées dans la communauté ».

Mettre les autres en garde

Phuong est membre actif de ce Club. Elle raconte souvent son histoire afin de mettre les autres en garde.

« Mon aventure m’a donné de l’expérience, ce qui me permet de parler aux jeunes femmes de la communauté », dit-elle. « Je leur dis que, si elles sont pauvres, les trafiquants vont en profiter pour les vendre sans qu’elles sachent seulement qu’elles ont été vendues ».

Ce sont des mots qui peuvent contribuer à sauver d’autres femmes d’un destin similaire ou même pire.


 

 

Vidéo (en anglais)

Steve Nettleton, le correspondant de l’UNICEF, décrit depuis le Viet Nam une action de l’UNICEF en vue d’empêcher la traite des êtres humains.
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