Ouzbékistan

Alors qu'en Ouzbékistan les températures augmentent, l'UNICEF et ses partenaires intensifient les mesures prises en faveur des réfugiés dans le domaine de la santé

Image de l'UNICEF
© UNICEF Ouzbékistan/2010
Des enfants jouent dans l'eau dans le camp de réfugiés du district de Pakhtaabad, en Ouzbékistan. L'UNICEF collabore avec des partenaires pour veiller à la santé des centaines de milliers de personnes qui ont fui les violences au Kirghizistan.

Par Nigina Baykabulova

PAKHTAABAD, Ouzbékistan, 23 juin 2010 – Temur, 1 an, est en train de pleurer. Les médicaments n'ont pas permis de faire baisser sa forte fièvre.

Le petit garçon souffre d'un excès de chaleur.

« Je suis si triste pour mon petit-fils, » dit Salomatoy-opa qui, elle aussi, ne peut pas retenir ses larmes. « Il est si jeune mais sa santé est déjà exposée à tant de risques. »

Chaleur accablante

Deux pédiatres essaient de calmer Salomatoy-opa. « L'enfant ressent votre angoisse, » lui disent-ils.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Uzbekistan/2010
Des réfugiés se procurent de l'eau dans un camp de réfugiés du district de Pakhtaabad, en Ouzbékistan.

Le camp de réfugiés, où Salomatoy-opa et son petit-fils se trouvent actuellement, a ouvert il y a seulement quelques jours. Il abrite près de 5000 réfugiés ouzbeks qui ont été chassés par les violences au Kirghizistan. Les membres de la famille de Salomatoy-opa a passé quatre jours dans le sous-sol de leur maison avant de pouvoir s'enfuir en traversant la frontière.  

Leur lieu de domicile provisoire leur permet de s'abriter, a l'eau, des sanitaires, assure des soins de santé et a même un coiffeur pour homme. Mais les endroits ombragés y sont rares. Alors que les journées deviennent de plus en plus chaudes, rester sous des tentes pendant le jour devient de plus en plus difficile, particulièrement pour les enfants.
« Les enfants sont plus sensibles à la chaleur que les adultes, » explique le Dr Dilorom Mamadalieva, une des 33 personnes assurant des soins de santé dans le camp. « Se trouver dans la chaleur de façon prolongée peut provoquer de la fièvre, une déshydratation et peut aboutir à la diarrhée si on ne prend pas rapidement des mesures. » 

Eau potable et hygiène 

Les Nations Unies estiment qu'environ 35 000 réfugiés sont retournés chez durant les dix derniers jours mais des centaines de milliers d'autres sont toujours en Ouzbékistan. Leurs besoins sont énormes, particulièrement avec les températures qui augmentent.

« Un endroit plus frais pour les mères avec de jeunes enfants réduirait l'exposition à la chaleur, » dit le Dr Mamadalieva. « Nous sommes en train de considérer cette possibilité. »

La disponibilité d'eau portable est un autre problème qui a un impact direct sur la santé des enfants. Pour les tâches quotidiennes comme le lavage ou la toilette, les familles utilisent l'eau du robinet. Pour boire, elles ont de l'eau en bouteille mais cette solution est coûteuse et difficile à faire durer.

Des douzaines de douches publiques et de latrines ont été construites très rapidement sur un côté du camp. Les familles avec des enfants en bas âge ont reçu des pots. Mais les services administratifs sont sous pression pour fabriquer davantage de sanitaires mieux conçus. Jusqu'à présent, ils ont pourvu les familles en savon en accessoires divers pour l'hygiène personnelle. Mais les moyens du gouvernement sont déjà mises à mal et une aide extérieure est essentiel pour que la distribution d'articles de secours ne soit pas interrompue.  

Vaccination et information

Pour prévenir les maladies infectieuses graves et encourager une bonne hygiène, l'équipe médicale a distribué des brochures dans tout le camp contentant des conseils simples comme le fait de se laver les mains.

« Nous avons besoin de plus de matériaux d'information pour les mères sur la façon de s'occuper des enfants et l'hygiène, » dit le Dr Mamadalieva. « Ils sont nos alliés principaux pour prévenir les maladies infantiles et elles doivent être conscientes des liens qui existent entre une bonne hygiène, l'eau et les maladies. »

La vaccination des enfants fait aussi partie d'une stratégie pour empêcher les flambées de maladies dans les camps. En plusieurs jours, tous les enfants réfugiés de moins de 14 ans ont été vaccinés contre la polio, leur arrivée en Ouzbékistan coïncidant avec la seconde phase dans le pays de la Campagne nationale de vaccination contre la polio.

Le Dr Mamadaliev dit que marquer un doigt d'un enfant vacciner, une technique entièrement nouvelle dans le pays, s'est avérée très utile. Parmi les enfants du camp, il est maintenant facile de repérer un enfant qui n'a pas encore reçu de vaccin.

Avec l'appui de l'UNICEF, le Gouvernement ouzbek se prépare également à vacciner les enfants réfugiés contre la rougeole et à distribuer des suppléments en vitamine A.


 

 

Recherche