Ouzbékistan

L’Ouzbékistan s’attaque au problème des carences en fer

Image de l'UNICEF
© UNICEF Uzbekistan/2005/ Haydarov
Un vendeur de pain traditionnel lit une brochure qui explique les avantages de la farine enrichie, sur un marché rural près de Kokan, dans la vallée de Ferghana.

En complément du lancement de 'Progrès pour les enfants No.4: un bilan de la nutrition', l'UNICEF publie une série d'articles décrivant des succès visant à lutter contre certaines des très nombreuses menaces au statut nutritionnel des enfants.

TASHKENT, Ouzbékistan, juin, 2006 – Afin de diminuer les graves carences nutritionnelles constatées chez les femmes et les enfants, le Gouvernement de l’Ouzbékistan, épaulé par le secteur industriel et la communauté internationale, met en œuvre un programme d’enrichissement de la farine nationale, qui a commencé en 2005 et qui est financé par une subvention de 2,8 millions de dollars E.-U., portant sur une période de trois ans.

Selon des études menées en Ouzbékistan, près de 44 pour cent des enfants de moins de deux ans souffriraient d’anémie, diminuant ainsi leur résistance à la maladie, les obligeant à manquer l’école et faisant décliner leurs résultats scolaires. On constate également des taux élevés d’anémie chez les femmes en âge d’avoir des enfants.

« L’anémie ferriprive est une cause majeure de mortalité chez les nouveau-nés », a dit la Directrice régionale adjointe de l’UNICEF, Mme Shahnaz Kianian-Firouzgar, en tournée dans le pays. « Non seulement son effet est nocif sur la santé des enfants mais elle nuit également au développement du cerveau, elle a des répercussions négatives sur la productivité des adultes et sur le développement mental des enfants. En abordant le problème de cette carence chez les enfants, nous pouvons les aider à se développer pleinement et à réaliser tout leur potentiel dans la société ».  

Enrichissement de la farine

Lorsque les carences nutritionnelles sont très largement répandues, l’enrichissement des produits alimentaires constitue l’un des moyens les plus efficaces et les plus rentables d’améliorer la santé de la population. Pour la farine, cela revient à ajouter un complément de fer, d’acide folique (l’un des rares nutriments d’une efficacité démontrée dans la prévention des anomalies à la naissance du tube neural, comme le spina bifida) et d’autres vitamines nécessaires.

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© UNICEF Uzbekistan/2005/ Haydarov
En juillet 2005, des membres du parlement des enfants d’Ouzbékistan ont rendu visite à des vendeurs du marché Sergili à Tachkent pour insister sur l’importance de la farine enrichie dans l’alimentation.

En juillet 2005, une manifestation organisée dans la minoterie Galla-Alteg, à Tashkent, a fait connaître le projet, tout en mettant l’accent sur l’importance d’une bonne nutrition. Cette manifestation a été précédée par une campagne de sensibilisation destinée aux distributeurs de pain et au grand public qui a duré une semaine.

Des députés du Parlement des enfants d’Ouzbékistan ont accordé leur soutien au programme, se rendant dans les boulangeries et autres magasins où on vend le pain, informant les commerçants sur les avantages d’une farine enrichie, distribuant des tracts, des affiches et des autocollants, parlant à la population et écrivant des articles publiés dans les journaux.

"l’esprit de collaboration"

Le programme d’enrichissement de la farine est exécuté par le Ministère de la santé d’Ouzbékistan,  avec l’appui de l’ Alliance mondiale pour l'amélioration de la nutrition  (GAIN), de la Banque mondiale et de l’UNICEF. Il est prévu notamment de faire passer de 14 à 48 le nombre de minoteries – gérées auparavant par l’État – disposant d’un équipement pour la production de farine enrichie. On prévoit en outre d’élargir ce procédé à d’autres minoteries du secteur privé.

Le programme a pour objectif d’atteindre en trois ans environ 30 pour cent de la population globale, soit 8 millions de personnes qui pourraient courir un risque d’anémie causée par une carence en fer. Ce programme est économique : il exige seulement 120 sums (environ 10 cents d’un dollar E.-U.) par personne et par an.

Le Directeur de la Banque mondiale pour l’Ouzbékistan, Martin Raiser, a déclaré que le projet correspondait à une partie importante de l’initiative de santé de 40 millions de dollars E.-U. destinée à l’Ouzbékistan. Il a souligné le grand intérêt d’une participation de tous les producteurs de farine du pays et il a noté avec satisfaction « l’esprit de collaboration » entre les parties prenantes.

L’Ouzbékistan est le quatrième pays a bénéficier d’un programme d’enrichissement de la farine de grande ampleur, géré par la GAIN, une alliance d’organisations du secteur public et du secteur privé, ayant pour but de contribuer d’ici 2007 à l’amélioration du statut nutritif d’au moins 600 millions de personnes dans 40 pays en développement, avant tout par l’enrichissement de produits alimentaires disponibles sur place et consommés couramment par les ménages.


 

 

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