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La Directrice générale de l’UNICEF s’associe au mouvement V-Day pour mettre fin aux viols en République démocratique du Congo

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Donovan
La Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman (à gauche) avec la fondatrice et directrice Eve Ensler lors de la cérémonie du dixième anniversaire de V-Day, à La Nouvelle-Orléans.

Par Kate Donovan

LA NOUVELLE-ORLEANS, Etats-Unis, 15 avril 2008 – La Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman, s’est associée à des milliers de sympathisants et de militants pour commémorer le dixième anniversaire de V-Day, un mouvement international  destiné à mettre fin à la violence sexuelle contre les femmes et les filles. Au cours de la dernière décennie, V-Day a collecté plus de 50 millions de dollars et informé des millions de personnes sur la violence contre les femmes et sur les moyens d’y mettre fin. 

Mme Veneman et la fondatrice et directrice de V-Day, Eve Ensler, ont annoncé à la foule rassemblée dans l’enceinte du Superdome de La Nouvelle-Orléans que la campagne Spotlight  (« Coup de projecteur ») 2009 de V-Day se consacrerait à l’arrêt des viols dans l’est de  République démocratique du Congo où des centaines de milliers de filles et de femmes ont été victimes d’agressions sexuelles. Elles ont été rejointes à la tribune par le Dr Denis Mukwege et par Christine Schuler Deschryver qui, en RDC, s’emploient tous les deux à aider les femmes et les filles victimes de viols.

Le but de la campagne de V-Day, « Halte au viol de nos ressources les plus précieuses, le pouvoir aux femmes et aux filles de la République démocratique du Congo » est de faire cesser les viols, de doter les femmes et les filles des moyens de se prendre en charge et de mettre fin à l’impunité pour les auteurs de ces atrocités, » a déclaré Mme Veneman. (Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur www.stoprapeindrc.org, un site spécialement mis en ligne à l’occasion de la réunion de La Nouvelle-Orléans)

La campagne demande que des mesures soient prises pour empêcher les forces armées du pays et la police de commettre des violences sexuelles sur les femmes et les filles et d’appliquer dans leur intégralité les lois nationales qui protègent les femmes et les dotent de responsabilités propres.

Il est urgent de travailler ensemble

Debout sur la scène du Superdome, Mme Veneman a évoqué devant l’assistance deux personnes qu’elle a rencontrées et qui l’ont profondément touchée lors de son voyage en RDC en 2006. L’une d’elles est une fille de 12 ans qui avait été victime d’un viol collectif. Une autre femme qu’a rencontrée Mme Veneman avait raconté qu’elle travaillait dans les champs lorsque un groupe d’hommes l’avaient agressée. Son fils était venu à sa rescousse mais avait été tué par les hommes. En apprenant ces événements, sont mari était mort d’une crise cardiaque.

« Les histoires de ces femmes sont la raison pour laquelle est urgent de travailler ensemble pour mettre un terme à ces viols, » a affirmé Mme Veneman.

Le Dr Mukwege, qui travaille à l’hôpital PANZI, un établissement situé à l’est de la RDC et qui bénéficie du soutien de l’UNICEF, a traité des milliers de femmes et de filles, des plus jeunes aux plus âgées, qui ont été violées. Le programme de l’hôpital est conçu pour donner de l’espoir à ces femmes, a affirmé le Dr Mukwege qui a reçu une récompense spéciale de la part de V-Day en reconnaissance de son dévouement pour les femmes et les enfants de l’est de la RDC.

« J’organise cette campagne parce que je ne veux plus être obligé de pleurer, » a-t-il ajouté. « Je ne veux plus pleurer lorsqu’une jeune femme  me demande, “Est-ce que je peux avoir un bébé”, et que je dois répondre ‘Non’ ».

« Une honte internationale »

Eve Ensler a effectué une visite au Congo au début 2007 et y est retournée peu après pour donner le coup d’envoi de la campagne destinée à mettre fin aux viols dans le pays.

Elle a entamé les modalités de construction d’un centre appelé « La Cité de la Joie » pour les ex-victimes d’agressions sexuelles. Le refuge offrira à cent femmes et à leurs enfants un lieu où vivre en toute sécurité tout en recevant une éducation, une formation leur permettant de développer leurs capacités mobilisatrices ainsi que la possibilité de gagner leur vie.

« C’est une honte internationale que nous n’ayons pas pu réussir à placer les femmes du Congo sous les feux des projecteurs internationaux, » a déclaré Eve Ensler.


 

 

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