Royaume uni

Sauver au Royaume-Uni les victimes de la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle

Image de l'UNICEF
© UNICEF Royaume-Uni/2008/Ayisi
Margaret (à gauche), une victime de la traite de l’Afrique vers le Royaume-Uni, parle à Elaine Burling, une conseillère qui l’a accompagnée pour son entretien avec l’UNICEF.

Par Ruth Ayisi

LONDRES, Royaume-Uni, 02 janvier 2009 - Margaret (ce n'est pas son vrai prénom) a été amenée au au Royaume-Uni par un trafiquant qui lui avait promis une vie meilleure. On lui avait promisqu'au Royaume-Uni  une famille prendrait soin d'elle. Mais quand elle est arrivée dans le pays, elle a été vendue comme prostituée à un homme plus âgé.

« Il m’a tellement maltraitée que j’ai cru que j’allais mourir. J’avais une crise de paludisme, mais je lui ai dit que j’étais malade du SIDA. Il s’est mis en colère, parce qu’il m’avait payée cher. Il a pris peur Il m’a emmenée quelque part en voiture et il m’a laissée, » raconte-t-elle.

Margaret est à présent âgée de 21 ans et elle plaide en faveur d’un meilleur traitement des enfants et des jeunes victimes de la traite et vendus au Royaume-Uni à des fins d’exploitation sexuelle.

« Je suis passée par là », dit elle, « Je sais l’aide dont ils ont besoin et à quel point ils ont souffert. »

L’histoire de Ruth est bien trop courante. Elle a été amenée au Royaume-Uni par un trafiquant qui lui a fait miroiter une vie meilleure. On lui a dit qu’il y avait au Royaume-Uni une famille qui souhaitait prendre soin d’elle. Mais, à son arrivée dans le pays, on l’a vendue comme prostituée à un  homme plus âgé.

« Margaret est sensationnelle »

Margaret a été trouvée par la police, qui l’a placée dans un centre de détention pendant deux semaines. Puis le Refugee Council (le Conseil d’aide aux réfugiés) s’est occupé d’elle en lui apportant une aide au logement et une assistance juridique. Aujourd’hui, Margaret estime que le remède le plus efficace pour guérir de son traumatisme est de se réunir avec d’autres jeunes femmes qui ont connu un pareil calvaire.

La National Society for the Prevention of Cruelty to Children – NSPCC (la Société nationale pour la prévention des sévices sur les enfants), par le canal de la Child Trafficking Advice and Information Line (la ligne de conseils et d’informations relatifs à la traite des enfants), réunit les jeunes qui ont connu de telles épreuves. Ils se retrouvent tous les trois mois dans les locaux de la NSPCC.

« Margaret est sensationnelle avec les autres membres du groupe », dit Mandy John-Baptiste, la responsable du projet. « En dehors de ces réunions organisées de façon formelle, ces jeunes femmes se débrouillent pour se rencontrer entre amies. C’est un lien fort qui réunit ces jeunes femmes. »

Ces jeunes donnent en outre des conseils aux travailleurs sociaux et aux chercheurs qui participent aux séances – dont un bon nombre, ne s’étant jamais rendus dans les pays d’où viennent ces jeunes, n’ont qu’une compréhension partielle de leur sensibilité culturelle. Par ailleurs, la NSPCC apporte une assistance sur le plan thérapeutique aux enfants et aux adolescents.

Il y en a d’autres qui ont besoin d’aide

Mais peu d’enfants et de jeunes qui ont été victimes de la traite vers le Royaume-Uni bénéficient de cette aide.

Il y a un peu plus de sept ans, le public ignorait que la traite des enfants à des fins d’exploitation sexuelle constituait ici un sérieux problème. L’UNICEF et d’autres organisations ont fait pression sur le gouvernement pour qu’il agisse d’urgence.

« Ceci a abouti en 2004 à la Sexual Offences Act (la loi sur les infractions d’ordre sexuel), qui a constitué une étape majeure, » explique le responsable de l’UNICEF chargé des questions d’ordre public, Dragan Nastic. « Les contrevenants s’exposent à des peines sévères.»
Même si des enquêtes sur des plusieurs réseaux de trafiquants ont été menées depuis, il n’y a eu qu’environ 100 condamnations, car un bon nombre de témoins potentiels sont peu enclins à se manifester.

L’UNICEF plaide en faveur de l’octroi aux enfants victimes de la traite des mêmes droits que ceux dont jouissent les enfants britanniques, tant qu’ils restent au Royaume-Unis, étant donné que la police peut encore les enfermer dans des centres de détention après qu’ils aient été arrachés aux trafiquants. Et les juges qui décident de leur sort ne prennent pas toujours suffisamment en compte les circonstances, uniques pour chaque enfant ou chaque jeune.

« Nous ne prétendons pas qu’ils doivent tous rester en Angleterre. Certains d’entre eux veulent rentrer, » déclare Mme John-Baptiste. « C’est une question de protection de l’enfant. Il faut examiner le cas de chaque enfant. Et nous devons découvrir où ils vont aller – et chez qui – une fois qu’ils seront de retour, car un bon nombre d’entre eux pourraient être à nouveau victimes de la traite. »

Reconstruire sa vie

Bientôt, le visa de Margaret doit être renouvelé. Entre-temps, grâce à l’aide des services sociaux et d’organisations telles que la NSPCC, elle a été en mesure de reconstruire sa vie.

Bien qu’orpheline, ayant bénéficié d’une éducation formelle limitée et vivant dans une grande pauvreté, Margaret a fait d’énormes progrès. Elle est la seule élève de sa classe à avoir obtenu le diplôme professionnel national avec mention très bien. En dehors de ses études, elle travaille dans un hôpital.

« Je sais bien m’occuper des gens et j’ai soigné ma grand’mère lorsqu’elle était malade », dit-elle.

Grâce à ce qu’elle gagne à l’hôpital, Margaret a la chance d’avoir un toit à elle. Mais l’avenir demeure incertain. « Si je suis expulsée, je serai obligée de quitter tout cela», dit-elle. « C’est comme si je perdais à nouveau ma mère. »


 

 

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