Ouganda

À Kampala, une conférence étudie les questions de technologie pour le développement

Image de l'UNICEF
© UNICEF OUGANDA/2010/Sean Blaschke
Jean-Marc Lefebure, de l'UNICEF Ouganda, donne des conseils sur la façon d'organiser un sondage par SMS.

Par Terra Weikel

KAMPALA, Ouganda, 18 novembre 2010 – Comment des applications destinées à la téléphonie mobile peuvent-elles aider à répondre aux problèmes de développement les plus ardus du monde ? Telle a été l'importante question posée lors de la conférence sur les Technologies de communication mobile pour le développement (M4D) qui s'est déroulée la semaine dernière à Kampala.  

Pour examiner ce problème, l'Unité de technologie pour le développement (T4D) de l'UNICEF Ouganda s'est associée aux innovateurs les plus influents de ce nouveau domaine émergent pour offrir un « Barcamp » à la Faculté d'informatique et des technologies de l'information de l'université Makerere.  

Utilisation des outils existants

Des experts locaux ou étrangers qui assurent la direction de programmes M4D ont permis de situer dans  un contexte  concret la façon dont ces applications était utilisées dans leur domaine; ils ont débattu également de questions concernant les technologies les plus adéquates, la durabilité et des meilleures procédures émergentes.  

Un thème fréquent qui a circulé parmi le Barcamp a été le besoin en donateurs, en partenaires de développement et en jeunes programmeurs pour soutenir activement les outils logiciels existants plutôt que de chercher continuellement à réinventer la roue.

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Mugisha Moses, programmeur logiciel pour UNICEF Ouganda, décrit les modules de visualisation des données utilisés par RapidSMS aux étudiants de l'université Makerere.

« Une grande partie des outils existe déjà, » dit David McCann, programmeur logiciel pour UNICEF Ouganda. « Au lieu de construire quelque chose à partir de rien, regardez les logiciels libres disponibles pour voir s'ils correspondent à vos besoins. En les adaptant un peu, ces applications répondront à la plupart des cas et n'importe quel travail que vous ferez pour les améliorer aura des retombées bénéfiques pour l'ensemble de la communauté »

Solutions simples

Il a été rappelé aux jeunes programmeurs qu’ils devraient viser la mère d'un village d'une zone rurale qui fait la queue chaque jour pour obtenir de l'eau potable pour sa famille plutôt que  le citadin qui maîtrise les technologies et qui passe constamment au dernier modèle d'iPhone.

Quand on se bat pour survivre, les technologies de téléphonie mobile ne sont pas spécialement les toutes premières priorités.

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Environ 70 étudiants de l'université Makerere ont été formés pour le développement de RapidSMS.

« L'un des plus gros pièges dans lesquels tombent de nombreux passionnés de M4D est de s'amouracher de technologie, » dit Sean Blaschke, Chargé de T4D à UNICEF Ouganda. « Il est essentiel de faire participer l'utilisateur final tout au long de la chaîne de développement lors de la conception de n'importe quelle application M4D. Les solutions efficaces tendent à être celles qui restent relativement simples et sont axées d'abord et avant tout sur l'amélioration de résultats en matière de santé. »

Faire bouger les choses

Après les présentations d'applications M4D les plus largement utilisées, les programmeurs de l'UNICEF ont organisé un « salon » qui accueillait le Groupe d'utilisateurs Linux en Ouganda, la Foundation for Innovative New Diagnostics et FrontlineSMS ainsi que des programmeurs expérimentés de l'université Makerere.

« Ceci est exactement le type de choses dont ont besoin nos étudiants, des contacts comme ceux-ci et la possibilité de travailler sur des projets concrets, » dit le Professeur Michael Niyitegeka, responsable de la communication avec les entreprises au sein de la faculté, à l'université Makerere.

« Cela a vraiment ouvert mes yeux sur la façon dont les programmeurs ougandais peuvent aider des organisations comme l'UNICEF à faire bouger les choses, » dit un étudiant de seconde année à Makerere. « Il y a déjà beaucoup de choses fantastiques autour de nous. Je suis impatient de participer davantage. »


 

 

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