Ouganda

Enfance perdue : en Ouganda, de l’aide pour les orphelins du SIDA

Image de l'UNICEF: Uganda, AIDS orphans
© UNICEF Uganda/2007/Hyun
James, 16 ans (à gauche), a la charge d’une famille de quatre frères et soeurs dans un district du nord de l’Ouganda touché par le conflit, celui de Lira; ici il retourne la terre du jardin avec son frère Edward, 14 ans.

Par Chulho Hyun

SOUS-COMTE DE BARR, Ouganda, 21 juin 2007 – Imaginez que, enfant, vous soyez orphelin, chef de famille et responsable de vos jeunes frères et soeurs. Pour beaucoup d’adultes, il est difficile de se représenter une telle enfance.   

Selon le Bureau National du Recensement de l’Ouganda, un enfant vulnérable est un enfant qui vit dans une famille élevée par un enfant ou un enfant obligé de travailler, un orphelin, un enfant non scolarisé, un enfant inactif (c’est-à-dire sans travail ou sans école), un enfant marié, un enfant vivant dans une famille élevée par une personne âgée, un enfant non orphelin ne vivant pas avec ses parents ou encore un enfant handicapé.

D’après cette définition, 65% des enfants de l’Ouganda relèvent de la catégorie des « orphelins et autres enfants vulnérables ». En chiffres, il y a aujourd’hui en Ouganda plus de 2,2 millions d’orphelins et près de 8 millions d’enfants vulnérables. Et près de la moitié des orphelins du pays ont perdu l’un de leurs parents ou les deux à cause de la pandémie de SIDA.

Chef de famille à 16 ans

James, 16 ans, a la charge d’une famille de quatre frères et sœurs orphelins du SIDA. La ferme familiale se trouve dans le village d’Alela, dans le sous-comté de Bar, dans le district de Lira, au nord de l’Ouganda, une région déchirée par le conflit. 

La famille vit dans sa ferme d’origine depuis 2005, année au cours de laquelle elle est rentrée, après des années d’exode, du camp de Barr, situé dans les environs. La mère des enfants est morte en 2003, leur père en 2005.

James affirme avoir été « anéanti » à la fois par le décès de ses parents et la prise de conscience, très tôt, des responsabilités qu’il devait assumer, en tant qu’aîné, vis à vis de ses frères et sœurs, Edward, 14 ans, Stella, 10 ans, Dicken, 12 ans et George, 6 ans.

Chaque jour, il se réveille à six heures du matin, aide sa soeur et ses frères à se préparer pour aller à l’école (James a lui-même abandonné l’école à la fin de sa sixième année de primaire), travaille dans le jardin familial, nourrit le bétail (quatre vaches et plusieurs chèvres) et va chercher de l’eau.

Image de l'UNICEF: Uganda, AIDS orphans
© UNICEF Uganda/2007/Hyun
Stella, 10 ans, un des cinq enfants orphelins, balaye le sol de la ferme familiale où son frère aîné James assume le rôle de chef de famille.

Au départ, le jardin a été labouré et planté avec l’aide de jeunes gens du village mobilisés par l’ONG « Association des Jeunes pour le Travail Social » (YSA) avec le soutien de l’UNICEF. L’YSA a aussi procuré à James et à sa famille des ustensiles de base, des vêtements et des outils pour l’agriculture.

Concentration sur les priorités les plus immédiates

« En restant occupé, je réussis à supporter la situation », explique James. Il gagne de l’argent en faisant des travaux, labourer les champs des environs par exemple, ou  vendre du charbon de bois au marché local. « En tant qu’aîné, je m’occupe d’agriculture à la fois pour produire de quoi manger et pour vendre.»

Aucun des enfants ne connaît sa situation par rapport au VIH. Alors que James affirme qu’il voudrait que tous subissent un test et qu’il n’a pas peur du résultat, il souligne qu’il manque d’argent pour payer les tests.

Il sait exactement quelles sont les priorités les plus immédiates. « La situation est  aujourd’hui difficile mais, malgré la perte de nos deux parents, nous sommes heureux d’avoir un foyer, explique James. Mes frères et mes sœurs sont très importants. Je fais de mon mieux pour qu’ils puissent finir l’école. Cela serait un de mes grands exploits.»

« Si nos parents étaient aujourd’hui ici, il apprécieraient ce que j’ai fait pour garder la  famille unie, poursuit-il. Pour que nous puissions survivre, je ne peux pas abandonner. »

Image de l'UNICEF: Uganda, AIDS orphans
© UNICEF Uganda/2007/Hyun
Un enfant vivant avec le VIH en possession de médicaments antirétroviraux obtenus au dispensaire de l’unité VIH/SIDA du Centre Hospitalier Régional de Lira, au nord de l’Ouganda.

Preventing infection, prolonging lives

L’UNICEF et ses partenaires en Ouganda sont en train de consolider leurs interventions contre le VIH/SIDA avec le gouvernement, les ONG et le secteur privé afin d’élargir l’accès aux tests volontaires de dépistage du VIH, l’orientation et le traitement, de renforcer les services pour la prévention de la transmission du VIH de mère à enfant et de traiter les cas de SIDA chez les enfants. 

L’un des autres points fondamentaux du programme est d’offrir des services de base de qualité aux enfants que le SIDA a rendu orphelins, comme James et sa famille.
Voici quelques unes des principales mesures prises dans le domaine de la prévention :

  • Accroître la sensibilisation des enfants et des jeunes au VIH/SIDA;
  • Offrir des possibilités de tests, de traitement et de soins;
  • Soutenir une campagne nationale appelée « Connaissez votre situation » afin de faire progresser le nombre d’enfants testés d’au moins 50 % pour les cinq prochaines années.

Il y a actuellement plus d’un million de personnes vivant avec le VIH et le SIDA en Ouganda dont 10 % d’enfants. Ces enfants représentent une partie des 16 000 à 70 000 nouveaux cas d’infection par an.

En d’autres termes, entre aujourd’hui et demain, quarante nouveaux enfants ougandais seront infectés par le VIH. Cette situation n’est pas acceptable à une époque où les infections par VIH chez les enfants peuvent en grande partie être prévenues, et quand leur vie peut être prolongée et leur santé améliorée grâce à des antirétroviraux. 

Avec Amy Bennett à New York.



 

 

Campagne contre le SIDA

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