Togo

Au Togo, un centre soutenu par l’UNICEF aide à la réinsertion des enfants se livrant au commerce sexuel

Image de l'UNICEF
© UNICEF Togo/2008/Bonnaud
Roland Awume, un éducateur chargé de conseiller les jeunes de son âge, debout devant la camionnette utilisée par le centre La Providence pour ses activités de sensibilisation.
Afin de protéger l’identité des enfants figurant dans ce récit, leurs noms ont été modifiés.

Par Nicolas Martin-Achard and Hadrien Bonnaud

Le centre réinsère des filles exploitées en leur offrant une formation professionnelle et une prise en charge médicale dont des tests de dépistage du VIH et un soutien psychologique.

Nadia suit une formation professionnelle pour devenir coiffeuse.

Roland Awume parle aux femmes et les informe des moyens de prévention des maladies sexuellement transmissibles. Par le biais de ses conversations, il atteint souvent un autre but : l’identification d’enfants se livrant au commerce sexuel.

Nadia, qui a aujourd’hui 15 ans, en avait 13 quand elle a commencé.

« Des amies à moi m’ont encouragée à me joindre à elles quand elle sortaient la nuit, » dit-elle. « Elles travaillaient comme prostituées et m’ont dit que je devrais également le faire. Elles m’ont dit que c’était un moyen facile de gagner de l’argent. »

Nadia est aujourd’hui prise en charge par le centre La Providence.

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© UNICEF Togo/2008/Bonnaud
Des filles apprennent à tresser les cheveux lors des cours de coiffure du centre La Providence, un centre de réinsertion pour les femmes et les filles victimes d’exploitation sexuelle.

Un problème complexe
À Lomé, la prostitution des enfants était auparavant ouvertement pratiquée en plein centre de la ville. Selon une étude réalisée en 2004 par le centre la Providence, 60% des prostituées avaient  moins de 24 ans.

À la suite de descentes de police effectuées en 2000, les personnes se livrant au commerce sexuel et leurs clients ont quitté le centre de la ville. De nouveau sites ont émergé partout dans la cité, augmentant la mobilité des filles qui se déplacent aujourd’hui de l’un à l’autre. Ceci a grandement compliqué la détection des enfants se livrant au commerce sexuel.

« Il est de plus en plus difficile de savoir où apparaissent les nouveaux endroits et de créer une relation de confiance avec les filles et de les convaincre ensuite de venir au centre, » affirme Roland Awume.

Sensibilisation
Une cinquantaine de filles sont actuellement en train d’apprendre la coiffure et la confection à La Providence. Le centre offre des cours permettant d’apprendre à lire et de s’informer sur le VIH/SIDA. Depuis que le centre a commencé son programme de prévention et de sensibilisation, il a touché des milliers de filles. Il a également dispensé plus d’un millier de tests de dépistage du VIH/SIDA.

L’UNICEF apporte son soutien au centre depuis 2002. Ce soutien a permis à plus d’une centaine de filles de recevoir une formation professionnelle et des soins psychologiques.

En partenariat avec le Gouvernement togolais, l’UNICEF offre un ensemble de prestations aux enfants vulnérables comprenant une prise en charge psychologique, les moyens d’acquérir une instruction ainsi qu’une aide médicale.

Lors de ses tournées à travers le centre de la ville, Roland Awume fait la connaissance de Joyce, 19 ans, de Lagos (Nigéria). Son frère l’a obligée à venir ici il y a quatre mois. Elle avait tenté de vendre de l’eau sur le marché mais, comme elle était étrangère, elle avait été expulsée.

« J’aimerais beaucoup être coiffeuse mais ce que j’aimerais vraiment encore plus, c’est rentrer chez moi, » affirme Joyce.


 

 

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