Togo

Au Togo, le microfinancement renforce le pouvoir des femmes et change leur vie

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Au Togo et dans d’autres pays en développement, les microcrédits ont permis aux femmes et aux enfants de briser le cycle de la pauvreté.

Par Sarah Crowe

AGOKPAME, Togo, 28 Mars 2007 – Les femmes d’une village côtier situé sur la frontière du Togo et du Bénin sont en train de faire ce pour quoi elles sont célèbres : chanter et danser. Mais, alors que les tons apaisants et les rythmes font place au bruit des pièces lancées dans un bol, il devient évident que quelque chose d’autre se trame.

Ce groupe de  femmes aux vêtements chatoyants laisse bientôt de côté la fête pour se consacrer à une occupation plus sérieuse, celle des prêts bancaires. Les sommes d’argent empruntées et payées ici peuvent sembler peu importantes mais, pour ces Togolaises, chaque contribution à la « banque », aussi infime soit-elle, apporte un aide.

Les transactions sont enregistrées sous le regard scrutateur des femmes et l’argent est enfermé et conservé sous clé pour le moment où elles en auront besoin.

Le microfinancement (le prêt de petites sommes d’argent pour aider les plus démunis, particulièrement les femmes marginalisées) a donné à beaucoup une chance de sortir de la pauvreté. Il est devenu une façon nouvelle de garantir des crédits à des secteurs de l’économie recherchant à tout prix des capitaux.

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Des femmes togolaises dansent et chantent avant de se consacrer à une occupation plus sérieuse : le microfinancement.

Le crédit là où il est dû

«Les programmes de microcrédit sont conçus pour permettre aux femmes d’avoir de l’argent, ce qui leur permet de faire des choix pour l’éducation ou les soins de leurs enfants », explique la Représentante de l’UNICEF au Togo, Una McCauley

Le système du microcrédit permet aux familles de ces femmes de manger, de  s’habiller et de subsister. Principalement, il permet à des femmes comme Vigoumide Ahouagbe, une veuve, de faire croître leur petite entreprise sans avoir à attendre de d’abord faire des bénéfices. Vigoumide Ahouagbe peut aujourd’hui se targuer de posséder plusieurs chèvres et cochons, un signe de richesse dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest.

«Ce qui est différent avec le microcrédit, c’est que je peux acheter les matières premières immédiatement. Cela me permet de travailler davantage et  plus rapidement », explique-t-elle.

Grâce au programme de microcrédit, de plus en plus d’enfants parmi les plus pauvres, dont la fille de Vigoumide Ahouagbe, vont à l’école car leurs mères peuvent désormais payer les frais de scolarité.

Une estime toute récente

A Attiso Condji, un autre village, Françoise Kayi Afanoue place sur sa tête un lourd récipient empli de manioc fraîchement moulu et quitte la pénombre d’une case de boue pour le plein soleil qui règne à l’extérieur.

La case abrite un nouveau moulin, construit par les femmes du village grâce aux bénéfices de leurs activités. Il a permis de réduire le temps qu’elles passaient à moudre le manioc et à assurer la constitution d’un stock permanent de grains cuits pour les vendre et nourrir leurs familles.

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Les microprêts permettent aux femmes togolaises des régions rurales de gagner leur indépendance économique en finançant leurs entreprises.
Avec un mari malade incapable de travailler, Francoise Kayi Afanoue, se consacre entièrement à son travail, transportant de lourdes charges, travaillant dur au-dessus d’un feu très vif et passant au tamis des grains bruts. Elle travaille jusqu’à la nuit et après se rend chez elle pour effectuer les tâches ménagères. Néanmoins, tout ce dur travail s’est avéré rentable. Grâce au programme, elle a réussi à envoyer son fils à l’université, ce qui lui a valu d’accéder à un statut plus élevé parmi les habitants du village.

«Aujourd’hui, je suis vraiment heureuse parce que cela m’a permis de gagner de l’estime dans tout le village”, dit-elle.

Le pouvoir économique des femmes

Pour la première fois de leur vie, les femmes ont commencé à atteindre l’autonomie financière, ce qui  est en train de bouleverser cette société rurale dominée par les hommes. Vincent Kome Liggie, le coordonnateur de  Hotsi, une OGN bénéficiant du soutien de l’UNICEF s’occupant du programme de microcrédit, a directement assisté à ces changements.

«Au début, dit-il, les hommes étaient un peu jaloux mais avec le temps ils ont changé et reconnu que c’était une bonne chose. Maintenant, ils font comme les femmes : ils créent des associations et font des demandes de microcrédit. Aujourd’hui, avoir le pouvoir économique, c’est avoir le pouvoir. Actuellement dans le village, les femmes ont le pouvoir. Elles ont le pouvoir économique.»


 

 

Vidéo (en anglais)

14  mars 2007 :
le reportage de la correspondante de l’UNICEF, Sarah Crowe, sur  la transformation de  la vie des femmes au Togo par les microprêts.
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