République-Unie de Tanzanie

En Tanzanie, les chefs religieux prennent position contre la violence faite aux enfants à l’occasion de la Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants

Par Joanna Martin

DAR ES SALAAM, Tanzanie, 15 décembre 2011 –Dans le cadre d'une série d'événements commémorant la Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants, un public composé de plus de 2000 enfants a pu se régaler d’un spectacle comprenant des acrobaties, de la musique et des danses à Dar es Salaam.

© UNICEF Tanzania/2011/Mtenga
VIDÉO (en anglais) : le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Jacqueline Namfua sur les commémorations de la Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants, à Dar Es Salaam en Tanzanie.  Regarder dans RealPlayer

 

Cette Journée de contemplation silencieuse et d'action est élébrée depuis 2008 pour sensibiliser aux besoins des enfants dans le monde et inciter les leaders religieux et des communautés à agir dans l’intérêt et la défense des enfants.

Cette année, la Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants a vu les chefs religieux de Tanzanie s’engager, en collaboration avec le gouvernement et la société civile, à mettre fin aux abus, tant physique, qu’émotionnel et sexuel, à l’encontre des enfants.

« Violence à l’encontre des enfants en Tanzanie »

Cet engagement survient à la suite de la sortie récente d’une étude exhaustive sur les menaces et violences faites aux enfants, et intitulée « Violences faites aux enfants en Tanzanie ». Le rapport a révélé qu'un grand nombre d'enfants est exposé aux violences psychologiques, physiques et sexuelles avant même d’avoir atteint leurs 18 ans. Des violences souvent commises par des proches ou des personnes de connaissance dans leur propre communauté, à l’école ou à la maison.

Au travers du Réseau mondial des religions pour les enfants, beaucoup d'enfants, dont des enfants désavantagés, ont pu participer à un certain nombre d'événements aboutissant à la commémoration de cette Journée. Cela comprenait des forums scolaires, des débats radiophoniques, des rencontres avec leaders communautaires et des activités médiatiques, toutes activités en faveur de la fin de la violence à l’encontre des enfants.

Les enfants appellent à mettre fin à la violence

Pour marquer l’importance d’un tel événement, de jeunes interprètes ont dansé, chanté et récité des poésies et des discours sur la prévention de la violence devant des milliers d'enfants.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tanzania/2011/Mtenga
Le chef religieux Sheikh Hassan Said Malangila lit une prière à haute voix afin que chaque enfant en danger soit sauvé des abus, et guider le gouvernement dans son aide aux enfants dans le besoin.

« Nous les enfants sommes bafoués, soumis à la violence et victimes d’abus. Et notre plus grande douleur est de constater que nos parents et les professeurs peuvent se rendre coupables de tels crimes », a déclaré Amina, 15 ans, pendant la manifestation.

Ahmed, 12 ans, a réclamé que « La Société, le Gouvernement et d'autres organisations coopérent pour empêcher la violence contre les enfants ». Il a appelé les organisations des médias et les leaders religieux à jouer un rôle, et préconisé une plus grande sévérité des peines contre les contrevenants.

« Il devrait y avoir une peine spéciale pour ceux qui commettent des violences contre les enfants », a-t-il ajouté. « Il devrait y avoir des départements spéciaux où les enfants pourraient dénoncer les cas d’actes de violence à leur encontre ».

Le temps d’agir

À l'occasion de l’événement, les chefs religieux de la Tanzanie ont publié une déclaration dans laquelle ils s’engagent à intervenir pour sensibiliser encore plus sur les conséquences de la violence contre les enfants. Ils ont aussi promis de promouvoir les droits de l'enfant, de construire des réseaux pour venir en aide aux enfants en danger d'abus et de violence, et de fournir des zones de sécurité pour les enfants qui ont été maltraités.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tanzania/2011/Mtenga
Des enfants se livrent à des acrobaties devant un public de plus de 2600 personnes à Dar Es Salaam en Tanzanie.

Ils se sont engagés également à promouvoir la coopération interreligieuse, à partager leurs expériences et pratiques réciproques pour prévenir la violence contre les enfants.

« C’est important, car nous savons que les voix des chefs religieux seront entendues fort et clair par les communautés qu’ils servent, et parce qu’ils ont les moyens d’influencer les comportements, les coutumes et les pratiques qui exposent gravement les enfants à la violence », a déclaré la représentante de l’UNICEF en Tanzanie, Dorothy Rozga.

 D’autres actions sont prévues, comme la diffusion de messages à la radio et l’envoi d’une lettre signée des plus importants chefs religieux du pays. L’UNICEF et le Conseil interreligieux de Tanzanie lanceront également un plan interconfessionnel pour mettre fin à la violence contre les enfants, sur la base des constats fait par l’étude récente.

Beaucoup à célébrer

La Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants est l’occasion pour les chefs religieux dans le monde de prendre part à des activités de promotion des droits de l’enfant. L’événement survient à l’occasion de la Journée universelle des enfant, établie par les Nations unies en 1954. Le jour célèbre aussi avec l'anniversaire de l'adoption en 1989 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.


 

 

Liens

Journée mondiale de prière et d'action pour les enfants
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