République-Unie de Tanzanie

A Zanzibar, un atelier de jeunes journalistes permet une meilleure sensibilisation contre l'ostracisme qui entoure le VIH

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tanzania/2009
Pendant un travail de groupe lors de l'atelier des Jeunes journalistes d'Unguja, à Zanzibar, les participants discutent différents scénarios concernant l'ostracisme qui entoure le VIH.

Par Jacqueline Namfua

ZANZIBAR CITY, Tanzanie, 5 janvier 2010 – Au cours d'un atelier de Jeunes journalistes d'une durée de sept jours organisé lors du Panorama enfants du Festival international du film de Zanzibar (ZIFF), 24 enfants infectés ou touchés par le VIH/SIDA ont pu partager leurs expériences.

« Chacun s'assoit très loin de vous et les soignants vous  réservent ce regard et cette attitude terribles simplement parce que vous êtes séropositif, » dit Haulat, un orphelin de 17 ans participant à l'atelier originaire de Zanzibar.  

Les participants à cet atelier appartiennent aux groupes de soutien de l'Association des personnes séropositives de Zanzibar (ZAPHA+) qui sont répartis dans les îles d'Unguja et de Pemba. Ces groupes, épaulés par l'UNICEF, offrent un conseil psychosocial, un soutien et une formation aux enfants qui sont confrontés à des difficultés dues à leur séropositivité.

Lors de l'atelier, les enfants ont écrit leurs propres articles et récits pour un communiqué qui a été ensuite distribué pendant les 10 jours de la durée du festival. Des communiqués ont été aussi envoyées à Unguja et à Pemba pour mieux sensibiliser le public au VIH et réduire l'ostracisme et la discrimination contre les enfants infectés et/ou touchés par le VIH et le SIDA.

Ostracisme et discrimination largement répandus

Relativement à d'autres parties de la région, la prévalence du VIH à Zanzibar n'est pas élevée mais les niveaux d'ostracisme le sont.

Selon l'Enquête 2007-2008 sur les indicateurs pour le VIH et le paludisme en Tanzanie, l'ostracisme et la discrimination sont toujours largement répandus parmi les adultes tanzaniens. Environ 43 pour cent des femmes et 35 pour cent des hommes ayant été questionnés ont répondu qu'elles/ils n'achèteraient pas de légumes frais chez un commerçant qui a le VIH et 51 pour cent des femmes et 41 pour cent des hommes qu'elles/ils garderaient secret le fait qu'un membre de leur famille est infecté par le virus VIH.

A cause du niveau élevé d'ostracisme à Zanzibar, la population est peu disposée au dépistage et à connaître son état sérologique. En conséquence, cela facilite la propagation de la maladie. Bien qu'un traitement pour le VIH et le SIDA soit facilement disponible, beaucoup de personnes évitent le dépistage et le diagnostic par crainte de la réaction des membres de la communauté et de la famille. 

Informer ceux de son âge

L'ostracisme envers les jeunes est souvent aggravé à cause de leur vulnérabilité et peut conduire à l'exclusion, à l'isolation, à l'abandon scolaire et à se voir refuser un traitement dans un établissement médical. L'UNICEF collabore avec le gouvernement de Zanzibar, des organisations de la société civile comme ZAPHA + et d'autres partenaires de développement pour lutter contre l'ostracisme et son impact, particulièrement sur les enfants et les jeunes.

Mgeni, qui a également participé à l'atelier, a découvert qu'elle était séropositive seulement à l'âge de 14 ans, après avoir été infectée toute sa vie. « Quand j'ai appris que j'étais séropositive, j'ai pleuré et pleuré pendant trois jours d'affilée. Mon moral était si bas que je n'ai même pas pu manger pendant une semaine entière, » dit-elle.

La mère de Mgeni, qui est décédée quand celle-ci était toute jeune, était atteinte à la fois d'un cancer du sein et du SIDA. Par conséquent, ses camarades de classe avaient pris leurs distances à l'égard de Mgeni, affirmant qu'elle était malade.

Grâce à des manifestations comme l'Atelier des jeunes journalistes et les réunions régulières des groupes de soutien pour les enfants de ZAPHA+ - conduits par de jeunes animateurs qualifiés – les enfants peuvent analyser les causes et les conséquences de l'ostracisme et élaborer des stratégies pour changer les comportements, accroître la sensibilisation et réduire l'ostracisme, » dit Emmi Mutale, Responsable du programme de l'UNICEF pour la lutte contre le VIH et le SIDA à Zanzibar. 

Peu après avoir pris connaissance de sa séropositivité, Mgeni a rejoint ZAPHA+ et en a appris plus sur le VIH et le SIDA.

« Après avoir été informée, j'ai formé mes camarades de classe sur le VIH et le SIDA et je leur ai expliqué comment j'avais contracté le virus, » explique-t-elle fièrement. « Maintenant, je comprends mieux la maladie et ils m'acceptent pour ce que je suis. »


 

 

Campagne contre le SIDA

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