En bref: République arabe syrienne

En République arabe syrienne, des équipes mobiles élargissent la campagne de vaccination

Une nouvelle crise émerge au cœur d’une autre. Près de six mois après le retour de la polio dans une République arabe syrienne ravagée par la guerre, des agents sanitaires s’efforcent de contenir l’épidémie.  Télécharger cette vidéo

 

Par Razan Rashidi

Sans espoir de voir les combats se terminer bientôt, des volontaires confrontés à une aggravation de l’épidémie de polio en République arabe syrienne s’efforcent de joindre des enfants pour leur administrer un vaccin d’importance vitale.

DAMAS, Syrie, le 1er mai 2014 – Près de six mois après la confirmation du premier nouveau cas de polio en République arabe syrienne depuis des années, l’UNICEF continue d’appuyer les initiatives nationales visant à lutter contre l’épidémie.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syria/2014/Rashidi
Un garçonnet de 4 mois, le doigt taché d’encre pour montrer qu’il a reçu le vaccin contre la polio. Avec l’appui d’ECHO, l’UNICEF aide des équipes sanitaires mobiles à administrer des vaccins dans des zones difficiles à atteindre sur l’ensemble du territoire syrien.

« Atteindre tous les enfants syriens reste le principal défi de l’UNICEF dans ce pays, estime le Dr Iman Bahnasi, spécialiste de la santé pour l’UNICEF Syrie. Notre intervention au niveau du pays a pour objectif principal de vacciner plusieurs fois les enfants : nous avons prévu six tournées et en avons déjà effectué cinq. Nous en ferons peut-être plus étant donné les nouveaux développements. »

Même s’il est difficile d’évaluer leur nombre exact, quelque 104 000 enfants n’ont pas été vaccinés lors des cinq premières tournées.

Accès difficile

« Tant que nous n’avons pas libre accès aux zones en état de siège ou difficiles à atteindre en Syrie même, il sera impossible de maîtriser l’épidémie, affirme Juliette Touma, spécialiste de la communication à l’UNICEF. Comme nous le disons toujours, la polio ne connaît ni frontières ni postes de contrôle. Le virus n’a pas besoin de passeport pour voyager. »

Toucher les populations dans les zones que la guerre a coupées du reste du monde constitue un obstacle majeur. Pour que chaque enfant bénéficie de la couverture vaccinale, l’UNICEF appuie des ONG locales ainsi que le Croissant-Rouge arabe syrien qui envoient des équipes sanitaires mobiles dans des villages reculés et des zones touchées par le conflit.

C’est un travail difficile et dangereux. « Tout est compliqué, même trouver de l’essence pour les véhicules », affirme un vaccinateur bénévole.

Approche communautaire

D’après des programmes de suivi appuyés par l’UNICEF, plus de 90 pour cent des ménages dont les enfants ont été vaccinés ont entendu parler de la campagne de vaccination par d’autres familles, des parents ou des voisins.

À Maraba, dans la banlieue de Damas, l’équipe mobile arrive et par mégaphone, elle prévient les parents de l’épidémie de polio.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syria/2014/Rashidi
Un père porte son bébé dans les bras après l’avoir fait vacciner.

Une femme appelle son mari : « Va le dire à Oum, Omar ! Dis-lui d’amener son petit garçon ! » L’homme dévale la colline et revient, un enfant dans les bras. La mère est en train de préparer le repas, et c’est le jeune père lui-même qui amène le bébé de la voisine pour le faire vacciner.

Près de trois millions d’enfants ont été touchés lors des tournées de vaccination cette année et la majorité des parents syriens ont hâte de faire vacciner leur progéniture.

« Le problème, c’est le manque de vaccins dans les zones assiégées », explique un coordonnateur sanitaire de la Ghouta, un quartier de Damas. À la mi-mars, une équipe de l’UNICEF a apporté 6 000 doses de vaccin à Douma, une banlieue de la ville, dans le cadre d’un convoi interinstitutions qui a fini par arriver dans la petite ville, rendue inaccessible depuis deux ans. En avril, 27 450 enfants ont été vaccinés dans les zones assiégées de Douma et d’Harasta, elles aussi dans la banlieue de Damas.

« Dans certains des quartiers où nous nous sommes rendus, les parents ne savaient rien de l’épidémie ni de la nécessité impérieuse de faire vacciner leurs enfants, explique une vaccinatrice bénévole. On a fait appel aux mosquées pour annoncer la campagne, ce qui s’est révélé très utile. »

L’UNICEF appuie un plan national de communication pour sensibiliser les parents au besoin de faire vacciner leurs enfants. Il a aussi fourni 18 millions de doses de vaccin contre la polio au Ministère de la santé pour appuyer ses tentatives d’éradication. L’appui de nombreux donateurs, dont l’Office humanitaire de la Communauté européenne (ECHO), a été vital : il a déjà permis à l’UNICEF de livrer 7,5 millions de doses aux enfants syriens.

 


 

 

UNICEF Photographie : Crise en Syrie

 

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