En bref: République arabe syrienne

Les enfants ne peuvent pas endurer une année supplémentaire du conflit qui ravage la Syrie, déclare le Directeur général de l’UNICEF au cours de sa visite à des familles déplacées à Homs

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Visitant un centre d’accueil pour familles déplacées de Homs en République arabe syrienne, Anthony Lake, le Directeur général de l’UNICEF, a souligné l’importance d’assurer l’éducation et d’organiser des activités récréatives pour les enfants qui ont subi trois années de conflit.

 

Par Kumar Tiku

HOMS, République arabe syrienne, 14 mars 2014 – Une cacophonie de cris et de rire retentit entre les murs d’un centre d’accueil pour enfants et familles déplacés de la ville syrienne de Homs où les jeunes réfugiés participent à deux heures d’activités récréatives.

Ces activités donnent une chance aux enfants d’oublier momentanément les blessures psychiques que le conflit leur a infligées. Le reste du temps, ces enfants sont livrés à la contemplation d’un sombre avenir dans une ville où règnent certaines des conditions les plus inhospitalières que l’on puisse imaginer.

Des choses qu’aucun enfant ne devrait jamais voir

Anthony Lake, le Directeur général de l’UNICEF qui a visité le centre d’accueil ce matin, en est ressorti très ému par le récit des évènements traumatisants que le conflit fait subir aux enfants de Homs. « Un grand nombre d’entre eux ont été traumatisés par le spectacle de choses qu’aucun enfant ne devrait jamais voir » a-t-il déclaré. « Ces enfants ne peuvent pas endurer une année supplémentaire de ce conflit. »

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Homs, République arabe syrienne : une jeune Syrienne montre une lettre d’amour qu’elle a écrite à sa mère dans le cadre des activités récréatives organisées au centre d’accueil pour familles déplacées où elle vit.

Au cours de sa visite, M. Lake a écouté les récits des enfants d’une famille qui a été évacuée de la vieille ville de Homs en février. Cette famille est composée du père, Hussan, 35 ans, et de ses quatre filles. La femme et le fils de Hussan ont été tués par une explosion qui a touché la vieille ville.

Une des filles de Hussan, 9 ans, a expliqué à M. Lake qu’elle avait tenu un journal – sous forme de dessins et de texte – des journées qu’elle avait passées dans la ville assiégée. « Je me suis débarrassé de ce journal en le donnant à quelqu’un parce que je ne veux pas me rappeler ces sombres souvenirs, » a-t-elle expliqué, visiblement attristée.

Une bénévole du Croissant-Rouge arabe syrien travaillant au centre d’accueil a affirmé à M. Lake que  « si tous les enfants de Syrie ont durement souffert au cours des trois dernières années, nulle part ailleurs qu’à Homs ils n’ont été confrontés à un tel degré de violence et à des épreuves aussi dures. »

« Ne nous oubliez pas » a-t-elle supplié.

Bref retour à l’enfance

Le centre d’accueil – qui était une école comme des milliers de centres similaires à travers le pays – est situé en lisière de la vieille ville. Il se trouve au milieu d’un quartier qui a subi d’intenses tirs d’artillerie et il est entouré d’édifices abandonnés, ravagés, en ruines ou complètement détruits.

Chaque matin, un groupe de bénévole du Croissant-Rouge arabe syrien organise des activités de plein air variées conçues pour aider ces enfants vulnérables à reprendre une vie normale. Ces activités comprennent des ateliers de peintures, de dessin et d’activités manuelles, des jeux de balle et des « jeux de parachute ».

Certains des enfants sont trop jeunes pour pouvoir se rendre compte de la tragédie que représente leur déplacement, alors que pour d’autres cette expérience restera gravée de manière indélébile dans leur mémoire.


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© UNICEF/NYHQ2014-0292/Sanadiki
Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF, assiste à une session d’activités récréatives organisée dans un centre d’accueil pour familles déplacées de Homs. Il est accompagné par des membres du personnel de l’UNICEF dont Maria Calivis, Directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (accroupie au centre) et le Représentant de l’UNICEF en République arabe syrienne, Youssouf Abdel-Jelil (à ses côtés à droite), ainsi que par des bénévoles du Croissant-Rouge syrien.

An uncertain future

The siege in the Old City of Homs that was lifted briefly in February lasted for more 18 months. The area witnessed shelling over an extended period, as well as a severe lack of food and medical supplies. Hussan’s family spoke of inhumane living conditions in the Old City and expressed uncertainty about the future that awaits them.

Mr. Lake visited families in another Homs neighbourhood, which is home to some 200,000 displaced people. He visited another school that is now a shelter housing, among others, some of the families recently evacuated from the Old City.

The families spoke of the deprivations and violence that they faced inside the Old City and their current struggles as evacuees, without jobs and without valid official documents needed to survive.

“The wounds of this war are growing faster than our capacity to deal with them,” said Mr. Lake.

“We are doing our best to help children through working with partners like SARC.”

*Name has been changed.


 

 

Photographie : Crise en Syrie

Rapport : En état de siège

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