En bref: République arabe syrienne

En République arabe syrienne, une campagne de vaccination vise à atteindre 2,4 millions d’enfants

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syrian Arab Republic/2013/Rashidi
Dans une école de Damas, deux filles attendent leur tour d’être vaccinées dans le cadre d’une campagne appuyée par l’UNICEF visant à vacciner jusqu’à 2,4 millions d’enfants.

Par Razan Rashidi

Une nouvelle campagne d’envergure menée en République arabe syrienne permet de vacciner dans les écoles les enfants contre la rougeole, les oreillons, la rubéole, la polio et les autres maladies évitables.

DAMAS, République arabe syrienne, 28 octobre 2013 – « Des infirmières et des infirmiers se rendront à l’école et vous administreront des vaccins qui vous protègeront des maladies et des affections diverses, » explique Rihab, après les cours, à ses élèves de sixième année. Cette scène s’est répétée dans des milliers de classes de la République arabe syrienne à la veille d’une campagne de vaccination. 

Quand elle rentre chez elle, une des élèves, Aya, 11 ans, fait connaître la nouvelle à sa mère. Celle-ci l’encourage et lui dit qu’elle n’a même pas pleuré quand elle a reçu une piqûre lorsqu’elle était bébé.

De retour à l’école, Aya raconte fièrement l’histoire et découvre son bras, prête à recevoir le vaccin. « Je n’ai pas peur de la piqûre, » dit-elle. « Ma mère et Mlle Rihab disent que c’est bon pour moi. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syrian Arab Republic/2013/Rashidi
Dans une école de Damas, une élève est tout sourire après avoir été vaccinée contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. La campagne permettra d’administrer aux enfants des vaccins contre la polio, la rougeole, les oreillons et la rubéole en même temps que des compléments vitaminés.

Des enfants passés au travers des mailles du filet

« Le conflit qui se déroule en Syrie a affecté plus de trois millions d’enfants avec environ deux millions d’enfants déplacés. Beaucoup d’entre eux vivent entassés les uns sur les autres dans des conditions insalubres qui facilitent la propagation des maladies, » dit le Représentant de l’UNICEF en République arabe syrienne, Youssouf Abdel-Jelil.

« Le système de santé a été sérieusement perturbé, y compris le fonctionnement du programme de vaccination systématique, ce qui signifie que certains enfants n’ont pas été vaccinés. »

En fait, selon des chiffres officiels datant de juillet 2013, 60 pour cent des hôpitaux publics et 34 pour cent des dispensaires ont subi des dégâts. Par conséquent, les enfants ont échappé à la vaccination parce qu’ils ne peuvent avoir accès aux dispensaires ou parce qu’ils vivent dans des zones où les températures sont élevées et ne disposent pas d’installations permettant de conserver les vaccins au frais. 

Protection des enfants contre les maladies mortelles

Dans tout le pays, jusqu’à 2,4 millions d’enfants recevront une protection contre les maladies mortelles au cours d’une campagne de vaccination en deux volets se déroulant dans les écoles et les dispensaires, à l’occasion d’une série de journées de la santé de l’enfant.
Le premier volet de la campagne de vaccination a démarré le 20 octobre dans les écoles où 800 000 élèves de la cinquième à la neuvième année (âgés de 10 à 14 ans) ont reçu le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).

Au terme d’une campagne de vaccination de rattrapage qui a débuté le 24 octobre et durera deux semaines, 1,6 million d’enfants de moins de cinq ans seront vaccinés. Le vaccin ROR sera administré aux enfants qui ont manqué le premier volet et, outre les vaccinations systématiques pour ceux qui y avaient précédemment échappé,  tous les enfants, quelles que soient les doses précédemment reçues, recevront un vaccin antipolio. Les enfants de moins de cinq ans recevront aussi des compléments en vitamine A. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syrian Arab Republic/2013/Rashidi
Ces enfants d’une école de Damas font partie des 800 000 élèves syriens âgés de 10 à 14 ans qui devaient être vaccinés pendant le premier volet de la campagne. Celle-ci est menée dans les écoles à l’occasion d’une série de journées de la santé de l’enfant.

Abu Rasheed, la Responsable du Programme national de vaccination, affirme que la campagne dans les écoles est le résultat du nombre croissant de cas de rougeole et de la diminution des vaccinations systématiques pour la période 2012-2013. « Selon les statistiques du Ministère, le taux de couverture est de 60 pour cent, » dit-elle.  

Partenaires dans le domaine de la vaccination

L’UNICEF épaule la campagne du Ministère de la santé à travers la fourniture de matériel pour la chaîne du froid, de seringues, de conteneurs de sécurité, de carnets de vaccination et de matériel de communication. De plus, 265 000 doses de vaccin ROR sont arrivées par avion cargo à Beyrouth, au Liban, pour réapprovisionner les stocks du ministère utilisés pendant la campagne. L’OMS apporte également son soutien à la campagne. 

Sawsan Al Hamwi, qui travaille dans le domaine de la  vaccination depuis presque deux décennies, est l’un des agents sanitaires chargés de vacciner les enfants. Elle est fière de son action qu’elle considère comme importante pour l’avenir du pays.

Le Koweït a  généreusement offert son soutien pour l’achat de ces vaccins indispensables pour la République arabe syrienne ainsi que pour la fourniture de matériel pour la chaîne du froid, dont les chambres froides.  

Au cours des journées de la santé de l’enfant, l’UNICEF collabore également avec le Croissant-Rouge arabe syrien pour atteindre, au-delà des lignes de combats, les enfants en situation de risque élevé avec ces vaccins dont l’importance est vitale : les combats continuels et les conditions de sécurité en évolution constante créent des difficultés particulières pour atteindre tous les enfants dans le pays. 

L’UNICEF poursuit ses démarches  au niveau national pour que tous les enfants vulnérables de la République arabe syrienne, où qu’ils se trouvent, puissent avoir accès à l’aide humanitaire. 


 

 

Recherche