En bref: République arabe syrienne

Continuer ses études malgré la poursuite des troubles, en République arabe syrienne

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© UNICEF Syrian Arab Republic/2013/Sonoda
Un institut de formation professionnelle appuyé par l’UNICEF à Jaramana, une banlieue de Damas, propose des cours dans les domaines du secrétariat, de l’électricité, de l’anglais, de la conception numérique et des soins infirmiers. Ici, des filles assistent à un cours d’anglais dans le centre.

Par Razan Rashidi

Dans un centre de formation professionnelle de la banlieue de Damas, Widad, Douaa, Georgina et Dalia ont pu continuer leurs études, malgré la poursuite des troubles.

DAMAS, République arabe syrienne, le 25 octobre 2013 – C’est le matin, et Widad, 19 ans, attend impatiemment Douaa, 18 ans, devant sa maison.

Douaa arrive finalement, en souriant et s’excusant pour son retard. « Elle est toujours en retard, et je dépense tout mon forfait de téléphone portable en essayant de la réveiller tous les matins ! », se plaint Widad en plaisantant. Il pourrait s’agir d’une scène de vie ordinaire n’importe où, mais il s’agit de Damas, la capitale d’un pays dans lequel 6,8 millions de personnes sont touchées par un conflit persistant.

Continuer ses études malgré la poursuite des troubles

Ces deux excellentes amies se rendent ensemble à l’institut de formation professionnelle appuyé par l’UNICEF à Jaramana, une banlieue de Damas, trois fois par semaine. À cause du renforcement des mesures de sécurité, ce trajet qui prenait avant 20 minutes prend désormais deux heures, au minimum.

« Nous devons prendre deux minibus, et parfois il faut attendre plus d’une demi-heure pour avoir une place», explique Douaa.

Le centre où étudient Widad et Douaa est géré par l’Institut Européen de Coopération et de Développement et le Croissant-Rouge arabe syrien. Les adolescents vulnérables peuvent y suivre des formations dans les domaines du secrétariat, de l’électricité, de l’anglais, de la conception numérique et des soins infirmiers. Les jeunes reçoivent également une formation aux compétences nécessaires à la vie courante, qui peut les aider à prendre des décisions éclairées, à communiquer de manière efficace, à mener une vie saine et productive et à gérer les changements émotionnels liés à l’adolescence.

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D’après le responsable du centre, plus de 300 adolescents et jeunes – dont plusieurs jeunes déplacés par le conflit – ont reçu une formation au centre cette année.

En raison de la détérioration des conditions de sécurité dans de nombreux endroits du pays, l’accès à l’éducation et aux possibilités d’apprentissage est de plus en plus limité, en particulier pour les filles.

« Plus de 300 adolescents âgés de 15 à 25 ans ont reçu une formation au centre cette année. Parmi eux figurent beaucoup de jeunes déplacés suite aux troubles », explique Nidal Bitar, qui gère l’institut.

Un lieu d’apprentissage pour les filles déplacées

Widad fait partie de ces adolescents. Alors qu’elle avait fièrement fini le lycée et intégré une université technique en septembre dernier, son quartier a été la cible d’intenses opérations militaires. La famille de Widad a dû fuir son appartement, et a trouvé refuge dans un endroit relativement sûr, avec de la famille élargie. « Je suis allée à l’université pendant un mois. Puis mes parents ont décidé qu’il était désormais trop risqué que je me rende là-bas », explique-t-elle.

Avec l’appui du personnel et de leurs pairs, les nombreuses filles qui ont été déplacées, comme Widad, arrivent à s’adapter à leur nouvel environnement, à se faire des amis et à se tourner vers un avenir meilleur. Le centre propose non seulement d’acquérir des compétences et un apprentissage, mais sert également de lieu sûr permettant aux adolescents de communiquer et de retrouver une certaine normalité.

Georgina, 20 ans, a rejoint le cours de secrétariat après avoir été déplacée de sa maison en banlieue de Damas il y a un mois. Comme Georgina, une grande partie des filles déplacées du centre de formation professionnelle viennent des banlieues de Damas. Georgina est très studieuse; elle voudrait lancer sa propre société, un jour.

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Le centre propose également une formation aux compétences nécessaires à la vie courante, pour aider les jeunes à prendre des décisions éclairées, à communiquer de manière efficace, à mener une vie saine et productive et à gérer les changements émotionnels liés à l’adolescence.

« Ce que je préfère, ce sont les pauses », dit Dalia, 17 ans, en riant. Dalia a fui les affrontements dans une autre partie de Damas. « Je me suis fait beaucoup d’amis ici. Même lorsque nous ne venons pas au centre, nous communiquons via Facebook. » Et justement, encouragé par ses élèves, le centre a lancé sa propre page Facebook.

Investir dans la force et l’avenir de la société

« Aujourd’hui plus que jamais, en Syrie, il est crucial d’équiper les filles vulnérables avec des compétences qui leur seront nécessaires pour l’avenir », affirme Mohamad Kanawati, responsable du projet pour le développement et la participation des adolescents de l’UNICEF en République arabe syrienne. Mohamad Kanawati a travaillé sur la conception du programme de la formation professionnelle.

« Il est important d’accélérer les progrès pour les filles les plus marginalisées, en mettant l’accent sur leur apprentissage et leur autonomisation, continue Mohamad Kanawati. En mettant à disposition les outils pratiques nécessaires aux filles pour améliorer leurs propres vies, et en les impliquant dans les initiatives d’amélioration de leurs communautés, nous investissons dans la force et l’avenir de la société ». 


 

 

Photographie : Crise en Syrie

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