En bref: République arabe syrienne

En République arabe syrienne, un espace pour adolescents en plein centre de Homs, une ville ravagée par la guerre

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syrian Arab Republic/2013
Un groupe de jeunes Syriens, au centre, à Homs, en République arabe syrienne. L’établissement, appuyé par l’UNICEF, offre un espace aux adolescents pour leur permettre d’acquérir des connaissances pratiques comme parler anglais, utiliser un ordinateur et rester en sécurité en cas d’attaque.

Par Alma Hassoun

À Homs, en République arabe syrienne, un espace ami des adolescents s’avère être un lieu de retraite très apprécié de ceux qui le fréquentent et de ses jeunes bénévoles.

HOMS, République arabe syrienne, 18 juin 2013 – Un centre récemment remis en état dans un quartier relativement tranquille de la ville de Homs déborde  d’activité. 

Dans une pièce à l’étage supérieur, un groupe de filles est en train d’apprendre des rudiments d’informatique. Plus loin dans le vestibule, un jeune animateur divise en deux un groupe de garçons âgés de 16 à 17 ans et leur demande de trouver des façons originales de présenter les nouveaux arrivants à l’équipe.

Acquisition des aptitudes à la vie quotidienne

Il s’agit d’un des deux centres gérés par une ONG locale et appuyés par l’UNICEF. Il abrite un centre ami des adolescents  où ceux-ci peuvent apprendre à utiliser un ordinateur,  à parler anglais et à rester en sécurité en cas d’incendie ou de tirs de mortier.

Rami*, 16 ans, vient juste de réussir son examen de dixième année. Il participe à une session consacrée au concept de commandement. Avant que le conflit n’atteigne son quartier, Rami passait ses journées d’été à jouer au football avec ses amis pendant des heures et des heures. Aujourd’hui, exactement comme ses camarades, il n’a pas l’autorisation de sortir après le coucher du soleil. « Nous avons été  “vaccinés” contre se qui se passe autour de nous mais nos parents ne peuvent pas s’empêcher de se faire tout le temps du souci, » dit-il,  déclenchant des rires sonores chez ses camarades.

Rami est heureux de passer du temps au centre et d’acquérir de nouvelles connaissances. « Si j’avais su que les gens de mon âge pouvaient apprendre ce type de choses, j’aurais participé à ces cours plus tôt. Je ne savais pas que les aptitudes à la vie quotidienne pouvaient être apprises en cours, » dit-il.

Lieu de rencontre de prédilection

Le centre s’est avéré très populaire parmi les adolescents de Homs, particulièrement dans les secteurs où se trouve un nombre important de personnes déplacées. Depuis son ouverture voici moins de deux mois, on a pu voir  plus de 1 000 adolescents et adolescentes venir s’inscrire au centre dans différentes activités.

Les formateurs eux-mêmes sont jeunes : pas plus de 21 à 22 ans. La plupart d’entre eux sont des élèves d’université décidés à aider les autres à améliorer leurs vies.

« Nous voulons aider notre société pendant cette crise, » dit Luay, un bénévole âgé de 21 ans. « Laisser des adolescents sans aucune supervision dans un moment pareil n’est bon ni pour eux ni pour l’ensemble de la société. En ces temps difficiles, il est de notre responsabilité de les aider. »

Avant de pouvoir rejoindre le centre en tant qu’animateurs, 65 bénévoles d’Homs au total ont participé à un cours d’une durée de deux semaines appuyé par l’UNICEF. Ils sont aujourd’hui prêts à mettre en place des équipes mobiles plus réduites qui feront passer les connaissances qu’ils ont acquises aux adolescents se trouvant dans des refuges pour déplacés dans la province de Homs.

La détermination d’Aisha

« Ce qui m’a le plus touché, c’est l’attitude positive et l’enthousiasme de ces jeunes bénévoles, » dit Nibal Qaddoura, un membre du personnel de l’UNICEF qui travaille sur le développement et la participation chez les adolescents. « Malgré les conditions difficiles qu’eux et leurs familles subissent, ils sont impatients d’acquérir de nouvelles connaissances et de les partager avec les autres. » 

Aisha, une élève d’université de 22 ans, fait partie de ces volontaires. Son père est mort il y a deux mois, une conséquence du conflit en cours, et elle vit à présent avec sa mère et ses frères et sœurs dans un secteur de Homs parfois troublé. La famille n’a pas les moyens d’aller s’installer dans un endroit plus sûr. Aisha faisait la classe dans une maternelle depuis un an. Mais quand les familles ont commencé à quitter le quartier, l’école a fermé et elle a perdu son travail.  

Devenir bénévole à l’espace ami des adolescents l’a aidée à faire face à ses propres problèmes personnels. « J’ai tiré avantage des connaissances que j’ai acquises à un niveau personnel, dit-elle. Notre douloureuse expérience devrait nous motiver pour agir plus et je suis décidée à épauler les adolescentes qui, à Homs, ont encore moins de chances. »

*Les noms des enfants et des bénévoles ont été modifiés. 


 

 

Photographie : réfugiés et personnes déplacées

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