En bref: République arabe syrienne

Carnet de route : Notes et impressions depuis Homs, en République arabe syrienne, une ville dévastée par la guerre

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2012-1725/AL-MASRI
Un garçon s’est emmitouflé dans des vêtements d’hiver, à Za’atari, un camp pour réfugiés syriens en Jordanie. Alors que l’hiver sévit dans la région, des réfugiés ont pris le chemin du retour vers la République arabe syrienne et ont un besoin urgent de vêtements pour l’hiver.

Mark Choonoo, spécialiste des urgences à l’UNICEF, s’est récemment rendu à Homs. Il décrit la situation sur place et l’impact du conflit sur les enfants et les familles.

Par Mark Choonoo

HOMS, République arabe syrienne, 15 janvier 2013 – La ville de Homs est le théâtre des affrontements les plus intenses en République arabe syrienne depuis le début du conflit, il y a 22 mois. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées.

Même si certaines parties de la ville ont été épargnées par les conflits et les activités semblent suivre un cours normal, dans d’autres quartiers, l’intensité des combats est visible un peu partout : immeubles criblés de balles ou d’obus, fenêtres dont les vitres ont été soufflées, débris et gravats éparpillés. D’après ce que j’ai vu dans la banlieue de Baba Amr, je pense que les deux tiers des immeubles ont été endommagés ; le reste a complètement été détruit.

Au milieu de ce champ de ruines, il existe néanmoins des signes de vie. Baba Amr est désormais relativement calme ; quelques familles sont de retour et tentent de reconstruire leur vie. On entend encore au loin des explosions et des coups de feu.
Le froid intense de l’hiver vient s’ajouter à la misère : les températures tombent en dessous de 0⁰ Celsius pendant la nuit.

J’ai vu beaucoup d’enfants qui ne portaient que des vêtements légers et des sandales, ou des chaussettes sans chaussures. Tous les enfants à qui j’ai parlé m’ont dit qu’ils souffraient du froid. Beaucoup d’entre eux m’ont dit qu’ils étaient tristes de n’avoir pas vus leurs amis revenir. Mais malgré tout cela, ils semblaient contents d’être rentrés.

De nombreuses familles vivent dans des conditions extrêmement précaires. Elles utilisent des bâches en plastique pour couvrir les fenêtres et les portes cassées, dorment à même le sol ou sur de minces matelas. Le chauffage est rare et les carburants introuvables, bien qu’ils soient indispensables pour le chauffage. Les gens essayent de se débrouiller mais le froid est intense, surtout la nuit.

D’autres familles ont pris refuge dans des abris collectifs, créés pour certain par des entrepreneurs locaux.

Dans les zones où je me suis rendu, l’approvisionnement en eau était assuré, mais les coupures d’électricité étaient fréquentes. J’ai remarqué qu’une boucherie n’avait pas d’électricité pour alimenter des congélateurs. Les animaux étaient donc abattus chaque jour et leurs carcasses pendues dans le froid glacial devant le magasin.

Je me suis rendu dans un centre sanitaire local détruit, qui n’est donc désormais plus en service. La destruction des centres communautaires de base comme celui-ci signifie que les réfugiés qui rentrent risquent de souffrir d’un manque de services de santé, notamment ceux souffrant de maladies chroniques et les enfants ayant besoin de soins de santé. De plus, il existe une pénurie de fournitures médicales et de personnel qualifié car un grand nombre d’agents sanitaires ont dû quitter les lieux.

Le froid de l’hiver qui vient s’ajouter au manque d’abris va aggraver les maladies hivernales à Homs, en particulier chez les enfants.

Bien que certaines écoles aient été endommagées, beaucoup d’entre elles continuent de fonctionner normalement. J’ai visité une école qui fonctionne toujours et j’ai parlé à une enseignante qui a une cinquantaine d’élèves dans sa classe.

A Homs, le besoin le plus pressant pour les communautés consiste à affronter l’hiver rigoureux. Quatre millions de personnes sont affectées à travers le pays, dont près de la moitié sont des enfants. Il est urgent d’apporter des fournitures humanitaires pour protéger les populations contre le froid et de veiller à leur sécurité. Elles ont grandement besoin de chaussures et de vêtements chauds pour l’hiver.

L’UNICEF et d’autres institutions des Nations Unies ont apporté leur aide à cette région par le biais d’une organisation partenaire. Pendant que je rédigeais ce compte-rendu, de nouvelles fournitures d’urgence sont arrivées à Homs, dont 5 000 couettes, 1 400 couvertures et 2 000 trousses d’hygiène familiale. De plus, l’UNICEF a récemment distribué des biscuits à haute teneur énergétique à 6 400 enfants à Homs et soutenu des espaces d’apprentissage sûrs pour permettre aux enfants de poursuivre leur éducation.


 

 

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