En bref: République arabe syrienne

De jeunes réfugiés iraquiens reçoivent un suivi psychosocial en Syrie

Image de l'UNICEF: Syrian Arab Republic, Psychosocial counselling
© UNICEF Syrie/2008
Une fillette joue avec des bénévoles du Croissant Rouge arabe syrien formés pour évaluer les enfants qui ont besoin d’un suivi psychosocial.

Par Ingrida Kerusauskaite

Damas, République  arabe syrienne, 22 juillet 2009 – Tareq*, six ans, s’accroche aux vêtements de sa mère et attend sa séance hebdomadaire de psychothérapie avec anxiété. L’assistant social, le psychologue et sa mère, tous encouragent le petit garçon à relever la tête et à dire bonjour, mais il refuse de quitter les genoux maternels.

« Les réfugiés iraqiens en ont tant vu, explique l’assistant social Mohammed Kahraman. Ils ont été témoins d’horreurs inimaginables pour quelqu'un qui n’a pas connu la guerre. Il est inacceptable qu’un enfant de six ans ait à vivre avec de tels souvenirs. »

L’histoire d’Ali

Ali, six ans, se rend lui aussi à l’unité de protection de l’enfance et de suivi psychosocial dans un espace ami des enfants géré par l’UNICEF et le Croissant Rouge arabe syrien (CRAS). C’est l’un des nombreux centres animés par des bénévoles du CRAS qui organisent des jeux et des activités pour les jeunes réfugiés iraqiens.

La famille d’Ali a fui l’Iraq il y a trois ans, peu après que l’enfant eut vu un groupe d’hommes tuer son oncle. Après cet événement, le jeune garçon est resté assis dans un coin pendant tout un mois. Il pleurait et refusait de parler à quiconque. Il a commencé à ressentir des peurs très fortes : peur du noir, du bruit de la fusillade, de dormir seul, voire d’aller aux toilettes.

Dans l’espace ami des enfants, les activités permettent de repérer les enfants qui ont besoin d’une évaluation psychologique.

« Nous regardons comment les enfants se comportent avec leurs condisciples et avec les bénévoles. Certains se montrent violents et agressifs, d’autres refusent de prendre part aux activités en groupe, » explique la bénévole Sarah Jamal.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Mala
Une fillette joue dans un espace ami des enfants de l’UNICEF/CRAS près de Damas.

Six mois après avoir été envoyé chez un psychologue, Ali a commencé à apprécier ses entretiens avec celui-ci. Il dit qu’à présent, il attend avec impatience le début de l’année scolaire : « L’an dernier, explique-t-il, on m’a dit que j’étais trop jeune. On m’a dit qu’en septembre, je pourrais y aller. Vivement le mois de septembre ! J’espère me faire des amis à l’école. »

La mère d’Ali trouve qu’il fait des progrès.

« Même si ses peurs sont encore très présentes, il arrive à contrôler sa voix [et] ne crie plus sans raison, » dit-elle.

L’histoire de Tareq

Tareq est un peu plus loquace quand il revient dans la salle d’attente après son entretien avec le thérapeute. Il parle de ses chanteurs et jeux préférés. Sa mère explique que la famille n’arrêtait pas de déménager avant leur arrivée en République  arabe syrienne, parce que son mari recevait des menaces de mort.

« Tous mes enfants ont été témoins des aspects les plus horribles de la guerre, » se souvient-elle. Son mari est rentré en Iraq récemment pour essayer de renflouer les finances familiales. Elle est sans nouvelles de lui depuis qu’il est parti.

« Parfois, je n’en peux plus et je pleure à la maison, nous confie-t-elle. Les enfants s’en rendent compte, évidemment, et ils se sentent encore moins en sécurité. Je suis la seule personne sur qui ils peuvent compter à présent, la seule à s’occuper d’eux. »

La santé mentale des enfants dépend essentiellement de celle de leurs parents et d’autres membres de la famille.

« Tout ce qu’un enfant sait du monde, il l’apprend de ses parents. Si elle a l’impression que le monde n’est pas un endroit sûr, une mère transmettra ses peurs et son sentiment d’insécurité à ses enfants, », explique Yasser Moalla, un travailleur social du centre.

Besoin constant

Depuis avril 2008, l’UNICEF et le CRAS ont mis en place des unités pluridisciplinaires pour aider les enfants iraquiens et les membres de leurs familles ayant besoin d’une aide spécialisée. Chaque unité comprend un psychiatre, un psychologue, un orthophoniste, un travailleur social et un assistant social.

À ce jour, les unités de Saida Zainab, Jaramana, Mezzeh et Mazraa ont traité plus de 1600 cas et fourni plus de 3500 séances de suivi.

* Les noms des enfants mentionnés dans cet article ont été changés.


 

 

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