En bref: République arabe syrienne

Défier les maladies : des campagnes de vaccination pour les enfants syriens les plus vulnérables

Image de l'UNICEF
© UNICEF Syria/2006/ Noorani
Un agent de santé vaccine un nourrisson au centre de santé de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) dans le camp de Jaramana pour réfugiés palestiniens, près de Damas (Syrie).

Le rapport annuel de l’UNICEF La Situation des enfants dans le monde, lancé le 22 janvier 2008, exhorte la communauté internationale à s’unir pour la survie de l’enfant.  Voici une des histoires d'une série liées à la publication du rapport.

QARAHTA, Syrie, 18 Mars 2008— Sundus, 10 mois à peine, a déjà les beaux yeux de sa mère : parfaitement ronds, marron foncé, avec une touche de turquoise au milieu. Assise sur les genoux de sa mère, Sundus semble plongée dans de profondes pensées. Peut-être réfléchit-elle à ce qui se passe autour d’elle dans cette maison où ont lieu les vaccinations dans le village de Qarahta, dans la province du sud, Damas Rural, à une vingtaine de kilomètres de la capital, Damas.
 
« Je suis très contente », dit sa mère, Aida, en souriant alors qu’elle se prépare à rentrer chez elle avec son bébé. « Il y a suffisamment de dangers comme ça. Je suis tranquille parce que Sundus a obtenu toutes les vaccinations nécessaires pour l’instant. Elle est protégée contre ces maladies dangereuses que la vaccination peut si facilement prévenir ».

Chaque mois, une équipe d’infirmières et de docteurs envoyés par le Ministère syrien de la santé vient à Qarahta. Cette équipe médicale spécialisée est responsable de la campagne de vaccination grâce à laquelle tous les enfants de moins de cinq ans reçoivent les 11 vaccinations dont ils ont besoin pour grandir à l’abri de ces maladies que l’on peut prévenir : BCG (tuberculose), polio, haemophilis Influenza type b, hépatite B, coqueluche, diphtérie, tétanos, rubéole, oreillons, rougeole et méningite (type A, C, Y, W135)

L’UNICEF soutient les initiatives de vaccination de routine et de rappel, en s’intéressant en particulier aux groupes et zones à haut risque afin de remédier aux disparités entre ces groupes/zones et le niveau national, tel qu’elles ont été mises à jour dans des Enquêtes à grappes à indicateurs multiples (MICS).  Les résultats de ce partenariat sont éloquents : en mobilisant au total 150 équipes mobiles de vaccination et plus de 1 600 centres de santé fixes, les autorités ont réussi à augmenter la couverture vaccinale jusqu’à  95 pour cent, d’après le Dr Khaled El-Baradei, Directeur des soins de santé primaires et du Programme national de vaccination au Ministère de la santé : « Notre engagement est total, dit-il, pour nous, la qualité et la portée de nos interventions sont toutes les deux fondamentales. Alors, cette année, nous visons la vaccination de 550 000 enfants ».

Comme l’explique Aziza Ismail, une infirmière qui supervise l’une des trois équipes permanentes de vaccination chargée de la région du Damas Rural : « On s’habitue à nous. Les familles que nous espérons atteindre ont compris l’importance de la vaccination. Nous les sensibilisons aussi aux questions de santé et encourageons les familles à profiter de l’accès gratuit aux centres de santé ».

Un partenariat pour défier les maladies

L’UNICEF épaule le Ministère de la santé de Syrie dans les efforts qu’il déploie contre les maladies que l’on peut prévenir.  «Notre but est d’éliminer autant de risques sanitaires que possible », affirme le Dr Iman Bahnasi, Spécialiste de la survie et du développement de l’enfant pour UNICEF Syrie.  Il ajoute : « La situation aujourd’hui est bonne mais il y a toujours des zones à risque élevé, dans les régions rurales en particulier. Nous avons aussi des groupes qui présentent des risques élevés, notamment un grand nombre d’enfants iraquiens réfugiés. Voilà pourquoi nous soutenons les équipes mobiles du Ministère de la santé ».

UNICEF Syrie fournit du matériel pour la chaîne du froid et aide également le Ministère de la santé en contribuant à la formation du personnel de santé, à la production de matériaux pour la communication en vue de sensibiliser les populations aux bienfaits des vaccinations, et en favorisant la capacité technique des spécialistes en soutenant leur participation à des ateliers et conférences internationales.

Les équipes mobiles de vaccination atteignent les enfants réfugiés

Au cours des campagnes nationales plus spécialisées, des centaines d’unités mobiles non permanentes sont mobilisées pour soutenir le personnel qui est à pied d’oeuvre tout au long de l’année. « Nous avons récemment terminé une campagne anti-polio qui visait les endroits où il y avait une forte concentration d’enfants iraquiens déplacés, dit le Dr Jamile An-Naame, Directeur de l’ Unité de la santé infantile dans le Gouvernorat du Damas Rural. « Bien que la Syrie ait été déclarée exempte de polio en 1995, nous avons pensé qu’il valait mieux prendre des mesures préventives, vu les mauvaises conditions de vie des enfants iraquiens, obligés de vivre dans des conditions de surpeuplement ».

Le Dr Youssef Moukbel, Responsable des opérations de vaccination au Directorat de la santé du Damas Rural, déclare que le but du Ministère est d’élargir autant que possible la couverture des populations les plus vulnérables, y compris les enfants des régions isolées et les réfugiés, sans les faire payer. « Le programme de vaccination marche si bien, dit-il, que nous voulons que tous les enfants de Syrie soient protégés, sans discrimination ».

 


 

 

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