Soudan

Au Soudan, le Mouvement pour l’éducation des filles fait résonner les « Voix des enfants »

Image de l'UNICEF: Sudan, Suku Jane Simon, GEM
© UNICEF/HQ07-0857/ Cranston
Suku Jane Simon (à droite) en train de chanter avec ses camarades de classe à l’école secondaire Juba Day lors d’un spectacle organisé par le chapitre local du Mouvement pour l’éducation des filles dont elle une des jeunes responsables.

JUBA, Sud du Soudan, 15 août 2007 – Chaque mardi matin, pendant que ses jeunes frères et soeurs sont toujours en train d’enfiler leurs uniformes scolaires, Suku Jane Simon, 16 ans, grimpe sur une chaise dans les studios de Radio Sud du Soudan, ajuste une paire d’écouteurs sur ses oreilles et annonce d’une voix calme le début de sa propre émission.

«Je conseille à chaque enfant, fille et garçon, d’aller à l’école» dit-elle dans le micro.

«L’éducation, c’est l’essentiel. Quand je vois une fille une fille qui ne va pas à l’école, je lui dis : «Ma soeur, allons à l’école car tu es pauvre dans ta tête.»

Retour à l’école

Le programme, «La Voix des enfants», est une émission hebdomadaire à Radio Sud du Soudan. Animée à la fois par des élèves et des enseignants, l’émission n’est qu’une des nombreuses activités organisées par le chapitre local du Mouvement pour l’éducation des filles (GEM), un programme local qui encourage l’égalité dans l’éducation en impliquant les enfants.

Suku, qui sera diplômée en 2008 de l’école secondaire Juba Day, est une élève responsable du club GEM de son école et une de ses représentantes les plus visible. En utilisant la musique, l’art dramatique et la danse pour souligner l’importance de l’éducation, le club, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF, organise des spectacles dans les environs de Juba et s’emploie à convaincre les enfants non scolarisés de reprendre le chemin de l’école.

En plus de l’émission radio, Suku et ses camarades de classe animent une émission hebdomadaire sur Juba Télévision et tiennent des séances de sensibilisation sur le marché local où elles encouragent les enfants qui travaillent à rester à l’école.

Image de l'UNICEF: Sudan, Suku, GEM
© UNICEF/HQ07-0845/ Cranston
Suku s’entretient du problème du mariage précoce avec un auditeur durant l’émission de radio hebdomadaire «La Voix des enfants».

Un héritage de pauvreté

«Nous devons continuer à les informer, à leur dire de se réveiller et de choisir l’éducation parce que l’éducation nous aide, explique Suku. Si une fille est prête à chanter, alors on peut la conduire dans cet état d’esprit. Un enfant est prêt à écouter vos conseils parce que vous êtes de la même taille que lui.»

Au sud du Soudan, où deux décennies de guerre civile ont détruit les infrastructures nationales et légué un héritage d’extrême pauvreté, les mots de Suku possèdent une résonance particulière. Très peu de filles ici achèvent leurs huit années d’enseignement primaire. Des centaines de milliers d’enfants ne fréquentent pas du tout l’école tandis que le mariage précoce, les traditions culturelles et l’absence d’établissements scolaires adéquats posent des défis particuliers pour les filles.

Comme beaucoup des gens de son âge, Suku a fui le sud du Soudan pendant la guerre. Eduquée dans un camp de réfugiés en Ouganda, elle est retournée à  Juba avec sa famille à la suite le l’accord de paix de 2005.

Une confiance accrue

Aujourd’hui, Suku est en train de transformer les expériences douloureuses du passé en projets positifs pour l’avenir. Elle parle déjà couramment quatre langues et espère utiliser ses activités au sein du GEM comme tremplin pour devenir journaliste professionnelle.

«Nous avons observé un changement spectaculaire chez Suku depuis qu’elle a commencé à travailler avec le GEM, affirme le directeur de l’école secondaire Juba Day. Elle obtient de si bons résultats en classe et elle est tellement aimée… Grâce au GEM, il semble qu’elle a pris confiance en elle même.»

«Vraiment, pour nous, elle est devenue une bénédiction.»


 

 

UNGEI

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