Soudan

Sud du Soudan : grâce à des clubs locaux, de plus en plus de filles vont à l’école

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© UNICEF video
Dans le sud du Soudan, le Mouvement pour l’éducation des filles utilise les chansons et la danse pour sensibiliser la population aux avantages de l’éducation.

Par Rachel Beck

JUBA, Sud du Soudan, 30 novembre 2006 – Comme tous les enfants de n’importe quelle partie du monde, les élèves du sud du Soudan passent la plupart de leurs matinées à étudier dans des manuels scolaires, à réciter des leçons et a essayer de se tenir tranquilles. Mais pendant deux jours récemment, 55 élèves et enseignants se sont rassemblés pour accroître la sensibilisation à l’importance de l’éducation au moyen d’un spectacle de chansons et de danses débordant d’énergie. 

L’évènement faisait partie d’une stratégie dont la paternité revient au Mouvement pour l’éducation des filles, une initiative locale qui encourage l’égalité entre filles et garçons en faisant participer les enfants. Lancé en Ouganda en 2001, le Mouvement possède aujourd’hui des chapitres actifs dans toute l’Afrique subsaharienne. Chacun d’entre eux utilise ses propres méthodes mais le but est le même : donner aux enfants le soutien dont ils ont besoin pour pouvoir rester à l’école.

Dans le sud du Soudan, on estime qu’une fille sur cent seulement a achevé ses études primaires. A la suite de vingt-et-une années de guerre civile dans la région, le Mouvement conduit les programmes de l’UNICEF et du nouveau gouvernement du Sud du Soudan pour reconstruire le système scolaire.

Une confiance développée par la pratique

Par l’intermédiaire d’ateliers soutenus par l’UNICEF, un noyau d’élèves et d’enseignants est formé à des techniques créatives destinées à repérer les obstacles à l’éducation et aider à faire reprendre aux enfants le chemin de l’école. Les équipes créent ensuite des clubs, sous l’égide de ce Mouvement, dans les écoles et les communautés, construisant ainsi un vaste réseau de jeunes capables de se prendre en charge et d’agir comme les meilleurs défenseurs de leurs intérêts..

Durant l’atelier qui s’est déroulé à Juba, au mois d’août dernier, les élèves se sont livrés à d’étonnantes prestations ; ils ont testé leurs capacités à s’exprimer en public et se sont engagés dans des discussions passionnées sur le rôle des femmes dans la société. Ils ont aussi attiré l’attention de tout le quartier avec, à l’extérieur des locaux, une danse spontanée accompagnée par des chansons originales ayant pour sujet l’éducation des filles.

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Durant un atelier à Juba, des élèves et des enseignants discutent des façons de faire reprendre aux enfants le chemin de l’école.

Les enfants se sentent ainsi encouragés à développer leur confiance et à s’exprimer sur l’importance de l’éducation aussi bien pour les filles que les garçons. A travers le sud du Soudan, les jeunes de ces clubs ont déjà pris la tête de défilés et ont été invités à des rencontres avec des hommes politiques en vue, encourageant leurs homologues de Juba à des visées similaires. 

 «Le Mouvement me donnera du courage, affirme Jahim Buli Vincent, un élève de l’Ecole secondaire Juba Day qui a participé à la dernière formation. Nous devons veiller à ce que tout le monde, sans exception,  entende parler de l’importance de l’éducation des filles. »

« Recensement des atouts sociaux »

Les ateliers enseignent aussi des méthodes spécifiques pour permettre de repérer les enfants à risques et déscolarisés, une tâche difficile dans un pays où les infrastructures de base ont été dévastées par des dizaines d’années de guerre et où l’habitant moyen n’a reçu qu’une seule année d’instruction.

Grâce à une technique appelée « recensement des atouts sociaux », les participants créent des diagrammes détaillés qui aident les adultes à percevoir l’environnement scolaire à travers les yeux d’un enfant. Des routes sûres, des approvisionnements fiables en denrées alimentaires et des toilettes séparées pour les filles encouragent les élèves à rester à l’école. A l’inverse, des bâtiments négligés et dotés de matériel pédagogique insuffisant les en éloignent. 

En utilisant les données relatives aux inscriptions scolaires inscrites sur chaque carte de recensement, élèves et enseignants se consacrent au repérage des inégalités entre les sexes et à développer des solutions pratiques. Les filles qui sont confrontées à des commentaires intimidants lorsqu’elles sont sur le chemin de l’école sont associées à des garçons qui se portent volontaires pour les accompagner. Des commissions scolaires de construction sont créées pour creuser des toilettes dans les écoles ne disposant pas d’installations sanitaires adéquates. Des dons sont collectés au profit des enfants qui n’ont pas les moyens de se payer un uniforme scolaire.

Lentement mais sûrement, ces efforts portent leurs fruits. Des rapports non officiels montrent que le nombre d’inscriptions scolaires est en augmentation dans les zones où le Mouvement est actif.

 «Quand nous parlons de l’importance de l’éducation des filles, nous nous adressons à tout le monde – mères, pères, enseignants et enfants, affirme Awadia Zeinab Suleiman, également élève de l’école secondaire Juba Day. Nous pensons à ce que chacun d’entre nous peut faire pour apporter son aide. En fait, c’est comme si nous étions en train de parler au monde entier. »


 

 

Vidéo (en anglais)

27 novembre 2006:
le reportage de la correspondante de l’UNICEF Jane O’Brien sur le Mouvement dans le sud du Soudan, une initiative locale en faveur de l’éducation des filles.
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