Soudan

Dans le sud du Soudan, les enseignants retournent à l’école

Image de l'UNICEF: Sudan: Teachers back to school
© UNICEF video
Clara Royo, 67 ans, suit son premier vrai cours de formation à l’enseignement dans le cadre d’un programme mis en place par l’UNICEF et le Windle Trust dans le sud du Soudan.

Par Rachel Beck

WAU, sud du Soudan, 5 octobre 2006 – Les journées commencent tôt et se finissent tard pour Clara Royo, une enseignante d’une école primaire de cette ville commerçante animée. Levée avant l’aube pour préparer le petit déjeuner pour sa famille et couchée longtemps après la tombée de la nuit, elle a récemment ajouté une autre activité à son emploi du temps surchargé. A l’âge de 67 ans, elle retourne à l’école.

Comme presque chaque autre enseignant du sud du Soudan, Clara Royo n’a pas de véritable formation. Pendant des dizaines d’années, elle a travaillé comme bénévole, sans salaire, espérant qu’une pause dans l’incessante guerre civile lui permettrait peut-être un jour de profiter des possibilités offertes aux enseignants dans d’autres pays et dont elle avait entendu parler.

 « Jusqu’à maintenant j’ai attendu et j’ai enseigné tout le temps, raconte-t-elle. La guerre a été une période très difficile. Nous n’avions pas d’argent. J’ai eu sept enfants mais j’en ai perdu quatre, l’un à cause de la jaunisse, l’un à cause d’une méningite et deux sont morts en bas âge. J’étais simplement une femme au foyer mais la guerre a su me trouver. »

Image de l'UNICEF: Sudan: Go to school, Change your world logo
La campagne « Allez à l’école » a fait progresser les taux d’inscriptions favorisé la mise à disposition de matériel pédagogique de base et entraîné la création de cours de formation pour les enseignants.

La campagne « Allez à l’école »

En 2005, un accord de paix historique met fin à 21 ans de conflit dans le sud du  Soudan et les possibilités que Clara Royo a toujours recherchées se présentent enfin.

Des études effectuées pendant la guerre on révélé que moins d’un enfant sur cinq achevait ses études primaires et que seulement 7 % des enseignants avaient une formation professionnelle. Mais l’année dernière, la vaste campagne « Allez à l’école » a  fait progresser de manière spectaculaire les taux d’inscription, favorisé la mise à disposition de matériaux pédagogiques de base pour des centaines de milliers d’enfants et, pour la première fois,  permis que des cours spéciaux de formation à l’enseignement puissent être proposés là où habite Clara Royo. 

Grâce à un partenariat entre l’UNICEF et le Windle Trust, plus de 900 enseignants suivent actuellement une formation en langues et en méthodes pédagogiques adaptées. Le programme vise particulièrement les anciennes villes de garnison où les écoles utilisaient traditionnellement la langue arabe mais effectuent aujourd’hui une transition vers l’enseignement en anglais. 

 « Il y a des gens qui parlent l’arabe et ont appris en arabe, explique Juma Johnson, un des responsables de la formation. Mais brusquement ils doivent enseigner dans une langue différente. C’est un problème  énorme. Comment pouvons nous les préparer ? »

Image de l'UNICEF: Sudan: Teachers back to school
Avant l’accord de paix de 2005, moins d’un enfant sur cinq achevait ses études primaires dans le sud du Soudan. Ci-dessus, enseignants en formation.

 « Je veux aider les enfants »

Bien qu’elle soit une des élèves les plus âgées de sa classe, Clara Royo est aussi l’une des plus avancées. Au fil des années, en utilisant divers manuels et journaux, elle appris toute seule les rudiments de l’anglais. Le cours de formation lui donne une chance de pratiquer à la fois avec des enfants et des adultes.

«J’apprends le b.a-ba en classe et puis je le retravaille le lendemain avec les enfants, explique-t-elle. Au début, je ne savais pas qu’il y avait une formation. Mais les autres enseignants de l’école m’ont dit « va t’inscrire ». Ils m’ont dit que le cours était pour tout le monde, même pour moi. »

Pour Juma Johnson, la formatrice de Clara Royo, les efforts de cette dernière portent maintenant leurs fruits. «Il s’agit d’une personne qui a longue expérience de l’enseignement, observe-t-elle. Parce qu’elle ne pratiquait pas, son anglais semblait avoir régressé au point de disparaître. Mais aujourd’hui elle réussit parfaitement bien en classe. C’est très encourageant. »

Les autres enseignants des environs de Wau ont hâte de profiter de semblables possibilités. Le cours a déjà atteint le nombre maximum de participants et, chaque jour, il y a toujours plus de demandes d’inscription. 

«Je veux aider les enfants, dit Clara Royo. Je veux les aider à apprendre une nouvelle langue. La formation m’aide à faire cela – pour avoir une bonne vie sur terre. »


 

 

Vidéo (en anglais)

3 octobre 2006 :
le reportage de la correspondante de l’UNICEF Jane O’Brien sur la formation des enseignants. Le but de la formation est répondre aux besoins des élèves de plus en plus nombreux du sud du Soudan.
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