Sri Lanka

Situation catastrophique pour les enfants sri-lankais pris au piège dans le zone de combats, au nord du pays

Image de l'UNICEF
© REUTERS/Stringer
Des civils déplacés font la queue pour recevoir de la nourriture et des fournitures dans un camp à la périphérie de la localité de Vavuniya, au nord du Sri Lanka, où des milliers de personnes sont prises au piège par les combats.

Par James Elder

COLOMBO, Sri Lanka, 13 mai 2009 – Cernés par les tirs, Tharshini, son mari et leur fillette de deux semaines, Anandi, plongent dans le lagon. Pris au milieu de violents affrontements entre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (TLET) et les troupes gouvernementales, les nouveaux parents sont en train de faire une tentative désespérée pour s'échapper de la zone de combats.

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En plus de la menace permanente des balles et des bombardements, le grave manque de vivres et d’eau touchent la petite région où la famille de Tharshini se trouve prise au piège.

« Je pleurais de peur »
Tenant Anandi sur sa tête, le mari de Tharshini a pénétré dans l'eau juste après neuf heures du soir. Elle l'a suivi en se plaçant à ses côtés. L'eau a une profondeur d'environ 1,50 m et s'étend sur à peu près 200 mètres. « Il faisait sombre, il y a avait tant de tirs que je pleurais de peur, » raconte Tharshini. « Mais nous étions en train de nous rapprocher de l'autre côté. »

Une nouvelle rafale retentit autour d'eux et Tharshini ferme les yeux l'espace d'une seconde. Quand elle les ouvre de nouveau, elle aperçoit Anandi seule, commençant à couler dans le lagon. Tharshini fait un bond en avant et attrape le bébé, cherchant désespérément son mari mais ne voyant rien.

Elle se tourne de nouveau et aperçoit son corps flottant dans l'eau.

Tharshini dit qu'elle n'a pas crié. A cet instant, se souvient-elle, elle n'entendait rien du tout malgré les tirs qui se poursuivaient. Rendue sourde par la perte de son mari, elle a marché dans l'eau pendant encore à peu près 30 mètres jusqu'à ce que, avec Anandi, elle atteigne l'autre rive où les troupes gouvernementales se sont occupées d'elles.

Des enfants parmi les personnes prises au piège
Alors que l'armée sri-lankaise progresse dans sa tentative pour mettre un terme à 25 ans de conflit dans l'île et alors que les TLET continuent d'empêcher la population civile de quitter la zone de combats, des affrontements féroces persistent dans une mince bande de terre où des dizaines de milliers de personnes restent prisonnières. Parmi celles-ci figurent un grand nombre d'enfants qui se trouvent piégés dans les phases ultimes des combats. 

Beaucoup d'entre eux sont tués. Et avec cette actuelle intensification des affrontements, la plus grande crainte de l'UNICEF est que le pire soit encore à venir. 

Ceux qui ont échappé aux combats se trouvent aujourd'hui dans des camps situés autour des localités de Vavuniya et Jaffna. Au cours des vingt derniers jours, leur nombre a presque triplé, passant à environ 200 000. Beaucoup d'entre eux, comme Tharshini et sa fille, sont arrivés épuisés, la faim au ventre et traumatisés.

Aide humanitaire pour les personnes déplacées
Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, l'UNICEF s'est efforcé de répondre à une grande partie des besoins immédiats des personnes déplacées. Confrontés à une demande presque écrasante en eau et en assainissement, l'UNICEF et ses partenaires distribuent dans les camps de l'eau potable et y construisent rapidement des latrines et des équipements sanitaires.

En plus de cela, l'UNICEF met en place des centres de nutrition pour les enfants sous-alimentés et aide les hôpitaux à répondre aux besoins accrus des mères et des enfants en terme de santé. L'organisme continue à distribuer des trousses d'hygiène, des trousses de santé d'urgence, des casseroles, des comprimés pour la purification de l'eau ainsi que des trousses éducatives, pédagogiques et de loisirs. Il construit également des écoles provisoires pour que les enfants déplacés puissent poursuivre leur scolarité. 

Parallèlement, l'UNICEF appuie l'apport de soutien psychosocial à l'attention des enfants touchés par le conflit ainsi que l'identification des enfants séparés de leurs parents ou non accompagnés.

Tharshini et Anandi reçoivent une aide de l'UNICEF. Tharshini affirme que sa fille paraît de nouveau en bonne santé mais la mère ne peut pas admettre que sa fillette ne connaîtra jamais son père. « C'était un brave homme, un agriculteur qui avait travaillé très dur, » dit-elle, « et il y a un an nous avions lancé un petit commerce. Aujourd'hui, nous n'avons rien et mon mari est mort. »



 

 

Audio (en anglais)

13 mai 2009 : Sarah Crowe, de l'UNICEF, s'entretient de la crise humanitaire au Sri Lanka.
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